Genre sur représenté à l'ère des 16 bits après les succès de titres comme Double Dragon, Final Fight, Vendetta ou Streets Of Rage, les beat'em'up ont bien failli disparaitre quelques générations de machines plus tard, la 3D ne s'appliquant que très mal au genre. Heureusement, l'émergence des jeux indépendants et le retour en gloire de la 2D et du pixel art ont permis à de nombreux jeux du genre de sortir et pour certains de briller (Streets Of Rage 4, Revenge Of Shredder...). Numskull Games et Bitmap Bureau se sont donc associés pour nous proposer ce 17 juin 2022 ce Final Vendetta au nom très évocateur et qui se veut l'héritier direct de ces grands jeux d'époque. Voyons donc ce qu'il a dans le ventre.

La loi c'est moi

Niveau scénario en tout cas on peut le crier haut et fort avec certitude : Final Vendetta est bien le digne héritier de ses modèles. Jugez plutôt : Claire reçoit un appel anonyme d'une personne qui a kidnappé sa soeur Juliette. Mais Claire n'est pas du genre à se laisser faire et appel ses deux amis Duke et Miller pour leur casser la tronche et sauver sa soeur. Niveau univers là encore on est dans les canons d'époque avec des personnages et des décors qui sentent bon les années 90. Les héros pour commencer : Miller le musclé de service ayant une petite ressemblance avec Chuck Noris, Duke le petit black nerveux avec la coupe en brosse, et Claire la nana en jean qui viens prouver que les femmes aussi savent coller des pains. Les personnages ont chacun leurs forces et faiblesses mais se jouent globalement de la même manière. Ce sera surtout sur la force et la vitesse que se fera la différence. Globalement, Duke semble être le plus équilibré pour nettoyer les rues. Niveau décors, on reste là encore sur du classique d'époque, avec une rame de métro, une boite de nuit, un ascenseur, ou encore un port rempli de caisses. On y ramasse des armes très classiques également (dagues, tuyau de plomb, batte) pour taper sur des ennemis multi clonés et colorés globalement très classiques. Attendez-vous à rencontrer des punks, des lanceurs de couteaux, des hommes de main avec un pistolet, des femmes fatales (littéralement)... Clairement, le jeu n'essayer pas d'innover outre mesure sur ce plan-là et décide au contraire d'aller à fond dans l'hommage.

Les coups vont pleuvoir

Niveau gameplay, le jeu est un véritable melting pot des ténors du genre. On se balade bien entendu librement dans le champ du jeu, avec possibilité de sauter et de courir sur le plan horizontal. On attrape les ennemis pour passer dans leurs dos comme dans Streets Of Rage. On peut taper les ennemis à terre comme dans Vendetta. On peut utiliser un spécial qui coute de la vie comme dans Final Fight (avec possibilité de le lancer une fois sans perte vitale lorsque la jauge de super est pleine comme dans Streets Of Rage 3). Bref on prend le meilleur un peu partout, et on ajoute un bouton pour bloquer les coups (ne marche pas avec toutes les attaques et la possibilité de parer avec une double tape vers le haut ou le bas. Des coups spéciaux sont possibles en combinant des touches. Le problème, c'est que le jeu n'est pas à la hauteur de ses ambitions au niveau des réglages du gameplay. On trouve par exemple de nombreuses priorités de coups curieuses, et une imprécision chronique au niveau de la profondeur. On peste très souvent contre un ennemi qui nous touche alors qu'on pensait être trop haut pour lui. Ceci serait moins gênant si le jeu était plus réactif. Si les coups partent rapidement et s'enchaînent bien, les déplacements sont patauds. Il est assez difficile de se retourner rapidement pour contrer les ennemis arrivant par derrière, forçant l'utilisation du spécial dès qu'on est entouré. Il faut alors veiller constamment à passer dans le dos des ennemis avec une attaque en course (qui donne une grosse frame d'invulnérabilité) pour sortir des traquenards. C'est assez pénible sur le long et on perd en réactivité de jeu et en rythme. A noter que le jeu hérite du syndrome des ennemis hors d'écran qui peuvent être tapés sans trop de risques.

Ma qué c'est beautiful

Probablement aidés par leur expérience passée sur des titres comme Xeno Crisis, 88 Heroes et Battle Axe, les petites mains de Bitmap Bureau s'en sont donné à coeur joie pour dessiner les 6 longs stages du jeu (plus un bonus stage qui rappellera des souvenirs aux anciens). Pour le coup, le style graphique fait plus penser à de la Neogeo, avec un design inspiré des King Of Fighters ou de jeux comme Shock Troopers 2nd Squad. L'animation est fluide et n'est presque jamais mis en défaut. Musicalement, le jeu hérite d'une bande son mélangeant rap, pop et électro qui elle aussi fleure bon l'hommage. Pour le coup, le studio a fait appel à deux groupes nommés Utah Saints et FeatureCast. Rien à dire c'est du très bon boulot. Les bruitages et sons d'ambiance ne sont pas en reste et ajoutent bien à l'immersion. Jouer au casque est un régal. Niveau durée de vie, vous devriez en avoir pour un moment vu que même en facile, le jeu est assez difficile et nécessitera de bien comprendre le jeu et les patterns, ainsi que l'emplacement des vies secrètes cachées dans chaque stage. Le jeu dispose de modes de jeux supplémentaires qui se débloquent selon certaines conditions peu évidentes. Pour les moins doués, sachez que le jeu dispose de cheats codes à l'ancienne (à vous de les découvrir) permettant l'invincibilité, le choix du stage d'origine et l'accès aux modes de jeux non déverrouillés. Bref, en plus du mode arcade, le jeu propose un mode survie, un mode entraînement et un mode boss rush. A cela s'ajoute un certain nombre de succès  in game à tenter de déverrouiller. De quoi s'occuper donc, même si on aurait apprécié du jeu en ligne pour ceux qui n'ont pas d'amis sous la main et pourquoi pas un mode trois joueurs pour profiter de tous les personnages.

Mon avis à moi

Final Vendetta est un jeu somme qui malheureusement n'est pas la somme de toutes ses parts. Il reste un excellent hommage qui plaira aux nostalgiques de cette époque, mais par manque de précision dans le gameplay ne se hissera pas au même niveau que ses modèles. Pas de chance pour lui de plus, car il sort en même temps que TMNT : Shredder's Revenge qui est autrement plus abouti. Ceci dit, ne boudons pas notre plaisir, ce n'est pas tous les jours qu'on accueille un beat'em'up à l'ancienne. En voici deux d'un coup.

A qui s'adresse Final Vendetta?

- Aux nostalgiques des beat'em'up des années 90

- A ceux qui n'aiment pas finir un jeu du premier coup

- A ceux qui aiment apprendre à maitriser un jeu

A qui ne s'adresse pas Final Vendetta ?

- A ceux qui préfèrent les tortues

- A ceux qui veulent jouer en ligne

- A préfèrent un design plus moderne

Johann Barnaud alias Kelanflyter