Il y a quelques décennies, le monde des consoles et celui des ordinateurs était très différent. Difficile de trouver un bon jeu de plateforme sur PC ou un FPS de qualité sur portable. Avec le temps les frontières sont de plus en plus floues, mais un genre résiste toujours à son passage sur console : le RTS. On a bien eu quelques essais plus ou moins heureux comme Warcraft 2, Alerte Rouge, Hundred Swords et plus récemment Halo Wars, mais rien de véritablement concluant. Mais cela ne semble pas inquiéter SquareEnix le moindre du monde car l'éditeur arrive désormais avec sa tentative mâtinée comme il se doit de RPG - marque de fabrique de la marque. The Diofield Chronicle, développé par le studio Lancarse tente donc sa chance sur Switch, PS4/5, Xbox One/Series et PC (Steam)

Rififi au royaume d'Alletian

Le prince Levantia Shaytham et son servant Andrias Rhondarson vivent au domaine de Fredret Lester. A la suite d'une attaque, le prince est tué, laissant l'avenir du pays dans les mains de Fredret et Andrias qui ont dû s'enfuir. Quelques années après ce drame, le continent de Rowetale est en proie au conflit opposant l'empire Schoevian et l'alliance des nations. Seul le royaume d'Alletian situé sur l'île de Diofield échappe à ces guerres... mais pas pour longtemps car elle regorge de jade, ressource essentielle à l'utilisation de la magie. Le jeu commence alors qu'un carrosse attaqué par des bandits est sauvé in extremis par trois guerriers. Fred, Andrias et leur amie Izelair sans le savoir viennent de sauver Lorraine, une intendante administrative du lord Hende qui est en train de monter une troupe de mercenaires privée. Leur est alors fait la proposition de rejoindre le groupe dont le destin sera intimement lié à celui du royaume. Et c'est à vous de faire entrer les renards bleus dans la légende au sein d'une longue campagne divisée en 7 chapitres et nécessitant environ 45 heures pour la compléter. Que les anglophobes se rassurent, le jeu est entièrement traduit en français (voix en anglais ou japonais au choix). En début de partie, il est demandé de choisir une difficulté (modifiable à tout moment). Ne soyez pas tentés par le mode facile qui est vraiment pour les novices, le jeu étant déjà relativement simple en mode normal. Si vous envisagez un peu de résistance, n'hésitez pas à tenter le mode difficile directement.

Les 4 mercenaires

The Diofield Chronicle est découpé en deux phases qui s'alternent : une partie préparation et une partie escarmouche. Entre chaque bataille, vous pourrez ainsi naviguer au sein du camp d'Elm pour dialoguer avec vos confrères. Certains pourront au passage vous confier des quêtes secondaires qui prendront la forme de batailles optionnelles. Le camp n'est pas très grand, mais il existe tout de même un moyen de voyage rapide pour vous rendre directement à l'endroit désiré et gagner un peu de temps. Si les personnages de votre escouade ont gagné des niveaux, ils auront des points PA à utiliser pour obtenir des compétences passives. Si les premières ne coûtent pas bien cher, il faudra souvent se montrer patient et économiser ses points pour des compétences plus décisives. Concernant les capacités actives, c'est des points PC qu'il faudra utiliser. Mais les compétences ne sont pas liées à un personnage mais à une classe et un type d'arme. D'ailleurs les compétences actives utilisables par les personnages dépendront grandement de l'arme équipée. Il conviendra alors de ne pas se focaliser uniquement sur les statistiques de l'arme pour effectuer son choix.  En plus de l'arme, chaque personnage pourra équiper jusqu'à deux accessoires (casque, bottes, anneau, collier...). Mais pour être acheté au magasin, les articles doivent d'abord être débloqué via la recherche d'armes ou en effectuant certaines missions. Certains objets consommables comme les potions ne sont pas affectés à un personnage en particulier mais au groupe entier. Enfin, il est possible d'équiper une (ou deux plus tard) orbe magilumique. Ces puissants artefacts sont en fait des invocations parfois dévastatrices réclamant des points PT qui s'obtiennent durant les combats en récoltant des orbes bleus. Enfin, il faudra organiser son équipe, car sur la quinzaine de personnages, seuls 4 pourront être sur le champ de bataille, accompagnés de 4 lieutenant affectés en duo pour les assister (en leur donnant accès à leurs attaques spéciales). Attention, la majorité de l'expérience ira au personnage principal. Les lieutenants ne récolteront que quelques miettes.

C'est encore mieux par derrière

Une fois la bataille lancée - et après un petit dialogue ou deux - vos personnages sont donc positionnés sur la carte représentée par un diorama très agréable. Les combats sont en temps réel, mais il est possible de mettre en pause à tout moment pour repenser sa stratégie. La vue d'ensemble est d'ailleurs très pratique pour ça. Pour donner vos ordres, il suffit de sélectionner un personnage avec les touches de tranche. Un clic sur une position et il s'y dirige. Mais si la cible est un ennemi, il s'approchera à la bonne distance pour l'attaquer. Pour plus de précision, il est possible de lui indiquer deux points de passages avant une dernière action, ce qui est pratique pour éviter une zone d'attaque ennemie ou pour prendre à revers. En effet, le positionnement est la clef du succès dans The Diofield Chronicle. D'ailleurs les attaques en traitre dans le dos sont le meilleur moyen d'optimiser les dégâts. Attention car cette règle est valable aussi pour l'ennemi. À tout moment, il est possible pour un personnage de dépenser un certain nombre de points PE pour déclencher une capacité active qui se lance immédiatement. Les ennemis peuvent aussi en lancer, mais dans ce cas une zone rouge s'affiche au sol pour indiquer la frappe. Il faut alors veiller à en sortir au plus vite pour éviter les effets ou à défaut de l'interrompre avec une attaque spéciale, ou de déplacer l'ennemi par exemple avec une charge de cavalerie pour déplacer la zone d'effet. Après chaque utilisation de capacité, un certain cooldown est appliqué empêchant l'utilisation d'une quelconque capacité par ce personnage durant ce laps de temps. Attention donc à ne pas lancer une attaque de météores au moment ou un soin va être vital. Si un personnage tombe n'ayez crainte, il est toujours possible de le relever avec un autre personnage sans trop de pénalité. Si la gestion par unité est fastidieuse, il est souvent possible de donner un ordre global à toute l'escouade, ou d'en sélectionner plusieurs en formant un cercle autour d'eux. Les objectifs sont un peu primaires et consistent généralement à tuer tous les ennemis qui arrivent en plusieurs fois. De temps à autre on trouve tout de même une zone (barricade, convoi) à défendre ou une tour à capturer mais on reste sur du classique. A noter qu'en plus de l'objectif de victoire, chaque mission propose des objectifs annexes (réussir en un temps limité, sans perdre d'unité et un coffre à ouvrir) pour donner plus de challenge et inciter à refaire les missions déjà terminées. De toute manière si vous souhaitez monter tous les personnages il faudra nécessairement farmer les missions. Mieux vaut alors rester sur des personnages précis pour les garder au niveau requis pour la campagne.

Mon avis à moi

The Diofield Chronicle réussit le pari audacieux d'être un RTS sur console tout à fait valable. Certes il n'est pas exempt de défauts - et mériterait en particulier un meilleur équilibrage et plus de variété dans ses objectifs - mais en l'état il propose une aventure captivante et une expérience intéressante. Il a les arguments pour plaire aux amateurs du genre, mais est également une excellente porte d'entrée pour les néophytes.

A qui s'adresse The Diofield Chronicle ?

- A ceux qui attendent un RTS console de qualité

- Aux amateurs de RPG

- A ceux qui aiment les histoires de jeux de pouvoir

A qui ne s'adresse pas The Diofield Chronicle ?

- A ceux qui attendent un équilibrage parfait

- A ceux qui aiment gérer un grand nombre d'unités

- A ceux qui aiment le tour par tour

Johann Barnaud alias Kelanflyter