La nostalgie à souvent pour particularité de nous faire craquer pour des produits qui nous rappellent notre enfance. Beaucoup en jouent en proposant du recyclage sans grande envergure. Mais avec TMNT : Shredder's Revenge de Tribute Games, Dot Emu et Just For Games, on sent que ceux qui sont aux commandes du projet ont mis le coeur à l'ouvrage pour nous sortir une nouvelle aventure des Tortues Ninjas sur consoles dans la droite lignée des épisodes de Konami tout en apportant assez de modernité pour en faire un jeu dans l'ère du temps. Mais vu que Dot Emu avait déjà sorti un Streets Of Rage 4 fort bon, et que Tribute Games est réputé pour ses jeux en 2D superbement animés qui en doutait véritablement ?

Désolé Raphaël votre April est dans un autre niveau

Teenage Mutant Ninja (Hero) Turtle : Shredder's Revenge - de son nom complet - est comme indiqué plus haut un successeur spirituel des hits d'arcade et de consoles de Konami (qui nous ressort justement une TMNT : Cowabunga Collection pour mieux voir l'évolution). A ce titre il est lui aussi un beat'em'all (ou Beat'Em'up si vous préférez) en 2D avec un effet de profondeur. Après une très belle séquence d'intro animée mettant bien dans l'ambiance, le jeu ouvre sur un menu proposant un mode histoire, un mode arcade, un tutoriel, une liste de succès ingame et des options. Ces dernières proposent entre autres un réglage de la balance sonore, la langue (dont le français) et un remaping des touches. En plus des options listées, un appuie sur la touche X permet de créer un groupe en ligne et d'y inviter des amis avant de lancer toute partie. On se dirige tout naturellement en premier vers le mode histoire qui vous place sur la carte de la ville avec des routes entre chaque niveau et parfois des chemins alternatifs vers des personnages que vous aurez préalablement sauvés dans les niveaux. Ces derniers vous proposeront des requêtes spéciales qui consistent globalement à trouver des collectables cachés dans les stages. Vous pourrez faire et refaire les niveaux à l'envie non seulement pour dénicher ces précieux, mais également pour tenter de réussir les 3 défis proposés à chaque niveau (dont les inévitables "finir le niveau sans vous faire toucher"). Ce mode histoire se compose de 16 chapitres, ce qui est bien plus long que ce à quoi Konami nous avait habitué. Heureusement, la plupart sont relativement courts. Au moins la variété des décors et des situations est bien là. A noter que ce mode n'est pas très difficile, vu qu'il réinitialise vois nombres de vies à chaque entrée dans une zone de la ville.

Turtle Power

Une fois le mode histoire terminé, il est temps de s'intéresser un peu au mode arcade, plus proche de l'esprit d'origine. Ici un nombre limité de vies pour tout finir (avec possibilité d'en gagner avec le score tout de même). On y passe successivement dans l'ordre par tous les niveaux du mode histoire jusqu'à tataner une bonne fois pour toute ce niaiseux de Shredder. A part l'absence de carte, la gestion des vies et une nuance au niveau de la barre de super (on y revendra), la partie se déroule de la même manière. De toute façon on est là pour ça nous : donner une raclée au foot clan, et si possible à plusieurs. En effet, si les jeux de Konami se limitaient à 4 joueurs en arcade et 2 joueurs sur consoles, le titre de Tribute Games se lâche et nous propose des parties ultra chaotiques jusqu'à 6. Comment diable est-il possible de jouer à 6 alors qu'il n'y a que 4 tortues me demanderez-vous ma bonne dame ? Et bien sous vos yeux ébahis il est possible également d'incarnez pour la première fois (à part dans les jeux de versus fighting) les amis de nos tortues à savoir Splinter, Casey Jones, et - plus surprenant - April O'Neil qui en a probablement eu assez de se faire capturer et s'est mise à la baston. Cette possibilité est évidemment offerte en mode arcade comme histoire. A noter que l'expérience est clairement différente selon le nombre de joueurs. En solo, on se concentre plus facilement, à 2 on s'aide, à 3 ou 4 on lance des stratégies, mais à 5 ou 6 c'est juste le Bronx (au sens propre comme un figuré). En multi-joueurs, lorsqu'un joueur perd une vie, il est mis à terre durant un décompte de 9 secondes. Un autre joueur peut tenter de se placer à côté pour le relever, ce qui lui sauvera la vie et lui rendra un peu d'énergie. A deux c'est extrêmement difficile car le joueur restant va attirer toute l'attention de l'ennemis et se rendra donc vulnérable durant la tentative. D'où l'intérêt d'avoir au moins un autre joueur pour protéger les arrières. Autre possibilité à plusieurs : taper dans la main d'un poto lui transfèrera deux unités d'énergie vitale s'il est plus faible que vous.

La fable du rat et des tortues

Niveau Gameplay le jeu reprend clairement les bases des jeux précédents, tout en fluidifiant le tout et en apportant une bonne dose d'énergie. C'est assez flagrant quand on vient se terminer tous les jeux de la Cowabunga Collection, Dot Emu a su garder le meilleur et l'améliorer encore. On fait par exemple l'impasse sur une partie des coups sautés dont l'attaque dépendait de la hauteur au moment du pressage de la touche, et à la place on garde le rush vers le bas en standard, et une attaque spéciale en cas de double appuie sur la touche de saut au préalable. On ajoute aussi une attaque sautée vers le haut, puis vers le bas en appuyant sur les touches attaque et saut en même temps. Bonne nouvelle, on ne perd pas de vie en effectuant cette manipulation comme bien trop souvent dans les beat'em'all. La course se fait directement avec une double tape sur la gauche ou la droite (ce qui peut s'enchainer avec une glissade ou une ruade), mais il est également possible de foncer dans une direction avec un mouvement d'esquive qui est autant défensif qu'offensif. On peut ainsi esquiver certaines attaques avant de contre attaquer, passer dans le dos d'ennemis se protégeant ou tout simplement faire un gros dash d'ouverture avant d'envoyer les combos. Pour le collé serré, ce nouvel opus propose un système plus instinctif et traditionnel. il suffit de se coller à un ennemi pour l'agripper à la manière d'un Streets Of Rage. Ensuite, selon la direction choisie avec le coup, on peut l'envoyer bouler, le balancer de gauche à droite à la manière d'Asterix ou de le faire Zoomer à l'écran comme sur Super Nes. Lorsque la barre à droite du nom de notre personnage est pleine, il est possible d'effectuer une des 3 super attaques (normale, en saut et en dash). Pour remplir cette gentille petite jauge, il faudra enchainer les attaques ou mieux encore : lancer une petite provocation entre deux vagues d'ennemis. En mode histoire cette jauge peut monter de plusieurs crans pour stocker des utilisations, et lancer un mode Radical pour 3 jauges. Ce mode augmente les statistiques du personnage radicalement (d'où son nom) durant un certain laps de temps. Pour être honnête on s'en sert très peu, car il est plus rentable de garder les charges de super.

Mon avis à moi

Teenage Mutant Hero Turtle : Shredder's Revenge est un titre qui fleure bon la nostalgie, mais sait se montrer moderne avec de nouvelles mécaniques, un mode histoire à picorer à son rythme et surtout du multijoueur local et online à 6. Sans rien révolution, il sait prendre le meilleur de la licence et le perfectionner pour en faire le meilleur épisode de la série à ce jour. Et en plus c'est un régal pour les yeux et les oreilles, alors que demander de plus ?

A qui s'adresse TMNT : Shredder's Revenge ?

- Aux fans des Tortues Ninja

- Aux fans de beat'em'all

- A ceux qui apprécient la belle 2D soignée

A qui ne s'adresse pas TMNT : Shredder's Revenge ?

- A ceux qui n'aiment pas la Pizza, surtout pas à l'Hawaïenne

- A ceux qui préfèrent les grenouilles Punk

- A ceux qui s'attendaient à désamorcer des mines sous l'eau

Johann Barnaud alias Kelanflyter