Ceux qui suivent le Blog DTU connaissent peut-être déjà Gleylancer, un shoot'em'up de Masaya, porté sur consoles modernes par Ratalaika Games. Si je vous en parle, c'est parce que Gynoug (ou Wings of Wor aux USA) est un autre shoot'em'up emblématique de Masaya sur Megadrive (presque aussi onéreux aujourd'hui) et qu'il nous arrive lui aussi sur Switch (entre autre) par l'intermédiaire de Ratalaika Games qui semble avoir trouvé un bon filon.

Rififi au Paradis

Difficile de parler de l'histoire de Gynoug tant elle change selon les versions (de toute façon elle n'est pas racontée dans le jeu donc ce n'est pas très grave). Dans certains cas, il faut sauver le paradis attaqué par des démons, dans l'autre botter le train aux mutants créée par un virus s'étant répendu sur la planète. Au final tout ce qui est certain c'est que vous incarnez un homme ailé du nom de Wor et que vous allez partir en guerre contre une horde d'ennemis monstrueux tout au long des 6 niveaux que composent le jeu. Ce chiffre peut sembler faible, mais les niveaux - au scrolling majoritairement horizontal avec quelques incartades - sont longs et entrecoupés chaque fois d'un mini-boss et d'un boss final. Etrangeté de ce titre : les mini boss sont parfois plus difficiles que les boss. La quête de Wor commence dans une forêt, puis sur et dans la mer, avant de se prolonger dans un château hanté et une usine. Enfin elle s'achèvera par un magnifique niveau organique et un passage dans les cieux ou vous affronterez si vous en êtes capables tous les mini boss d'affilé avant de rencontrer le boss final du jeu. Pour accompagner les différents niveaux, outre des graphismes particulièrement fins et des effets de déformation bluffants c'est surtout les incroyables et entrainantes musiques qu'on retiendra. Il s'agit probablement d'une des toutes meilleure BO de la machine.

 

Vade Retro sales mutants

Attention, le jeu est loin d'être évident, et à moins de bien maîtriser le level design et les patterns de boss, il sera peu aisé d'en voir le bout sans tricher. Croyez en mon expérience : impossible de passer le 5ème niveau sur la console d'origine. La cause est le fait que le moindre touchette (même avec le décor) fait perdre instantanément une vie et on recommence au dernier check point en date, mais avec de l'armement en moins. En mode R-type, la mort est donc doublement pénalisante. Et vu que certains boss sont les prémices de ce qui deviendra plus tard le Manic Shooter, il faudra être agiles - d'autant plus qu'après avoir récupéré quelques bonus de vitesse l'ange sera très rapide - pour slalomer entre les salves meurtrières. Pour se défendre, Wor dispose d'un tir parmi trois (concentré sur l'avant, avec un petit retour arrière, ou splitté avant/arrière) qui peut monter en puissance à force de bonus récoltés. Il peut également ramasser des sortilèges spéciaux représentés par des lettres. Il est possible de conserver jusqu'à 3 sortilèges, et si plusieurs lettres identiques se suivent ils se cumulent. La plupart permettent d'avoir de la puissance de feu supplémentaire, mais d'autres plus rares permettent d'obtenir un bouclier de défense. Dans tous les cas la gestion des sortilèges se doit d'être intelligente et il est bien avisé de ne pas gaspiller.

Quoi de neuf Docteur ?

Portage sur consoles modernes oblige, on attend de ce Gynoug cuvée 2021 son lot de nouveautés. Pour le coup, on reste sur le même genre de travail réalisé par Ratalaika Games sur GleyLancer. On retrouve donc sans surprise une qualité d'émulation parfaite avec son lot de filtres d'images, des save states et surtout le Replay particulièrement utile (d'où la triche évoquée plus tôt) qui devrait permettre à tout un chacun de terminer le jeu pour en profiter dans son intégralité et accessoirement pour s'entrainer. Par contre on regrette qu'il n'y ai pas de nouvelle option de confort comme sur leur jeu précédent. Cela dit le jeu d'origine étant quasi parfait ce n'est pas grand drame. On note tout de même la présence pour ceux qui ne se contentent pas du replay, d'un menu Cheats qui permet vies et continues infinis, magies illimitées et carrément invincibilité. Quoi qu'il en soit là encore l'éditeur nous propose son jeu à un prix tout ce qu'il y a de plus décent (ce qui devient rare de nos jours) : 5.99€.

Mon avis à moi

Gynoug etait un grand shoot'em'up à sa sortie sur Megadrive et il est toujours aussi bon aujourd'hui. Le portage est excellent et proposé pour une bouchée de pain. Que demande le peuple ? Si vous aimez le genre, il n'y a pas de question à se poser, il sera difficile de trouver mieux sur Switch.

 

 

A qui s'adresse Gynoug ?

- A ceux qui souhaitent découvrir un des meilleurs shoot 16bits

- Aux amoureux du jeu d'origine

 

A qui ne s'adresse pas Gynoug ?

- A ceux qui n'aiment pas la vitesse

- Aux phobiques des pluies de balle

 

 

Johann Barnaud alias Kelanflyter