Depuis quelques mois vous l'aurez probablement remarqué, le blog a testé de nombreux jeux issus du trio d'éditeurs Pixel Heart , No Gravity Games et Just For Games. Il était donc évident que nous n'allions pas passer à côté de leur nouveau titre en date : Okinawa Rush, développé cette fois par le studio anglais Sokaikan Limited. Ce titre de plate-forme/combat se veut héritier de l'ère 16 bits, mais une fois n'est pas coutume, il puise plutôt son inspiration dans la branche micro-ordinateurs (Atari ST et Amiga 500). 

Go Ninja Go

Okinawa Rush est un jeu qui aime mélanger les genres. Si on peut sauter de partout comme dans tout bon jeu de plate-forme, c'est toutefois sa composante jeu de combat qui prend le dessus. Il mâtine le tout d'une petite couche d'exploration et d'un soupçon de secrets pour aboutir à une proposition hybride qui fonctionne plutôt bien. Le joueur y incarne dans un Japon médiéval fantastique un personnage parmi trois (ou deux personnages en cas de jeu en coopération) ayant chacun son histoire et ses raisons pour partir à la chasse aux méchants. Shin, Hiro et Meilin seront donc vos avatars dans cette chasse au démon. Hiro veut se venger de l'assassinat de sa femme et du kidnapping de ses enfants (il ne manquait plus qu'on lui trouve un cancer), Meilin recherche son père (un peu comme Jayce... mince ça y est j'ai la chanson en tête maintenant) et Shin cherche un antidote. Au final les niveaux du jeu seront exactement les mêmes, seules quelques cinématiques (en particulier les fins) et quelques points spécifiques y seront différents. Par contre ils disposent tous les trois de statistiques différentes et de leur propre palette de coups. Hiro par exemple adore faire des Dragon punch et des marteaux pilons avec ses ennemis alors que Meilin préfère la vitesse et sauter de partout. Voilà déjà un bon point question rejouabilité. Le jeu se déroule sur cinq stages. Voilà qui semble peu, mais ces derniers sont tout de même relativement longs. Comptez entre dix et quinze minutes pour un stage. En plus ils ne sont pas linéaires et nécessitent une part d'exploration pour enclencher des interrupteurs, trouver des clefs mais aussi dénicher les nombreux passages secrets du jeu.

Tu es déjà mort mais tu ne le sais pas encore

Niveau gameplay le jeu se veut être à la fois accessible sur les bases et extrêmement technique pour celui qui souhaite approfondir. En gros, un bouton pour sauter, un autre pour frapper et un autre qui simule l'appuie simultané des deux autres. On est vraiment dans une configuration de jeu d'arcade. Mais la force de Okinawa Rush c'est qu'à l'instar d'un bon jeu de versus fighting (genre Street Fighter), chaque personnage dispose de sa propre palette de coups nécessitant des combinaisons de touches plus ou moins complexes. Le joueur débutant pourra bien entendu bourinner en martelant le bouton d'attaque et en faisant des combinaisons au pif avec le stick (ou mieux encore : la croix pour une meilleure précision), mais c'est avec l'entrainement qu'on apprend à varier ses coups et à les enchainer au mieux pour maximiser les dégâts, mais également pour gérer les foules d'ennemis en surveillant son placement. Car les ennemis arrivent très souvent par paquets de dix voir plus. Les shurikens volent de partout et la barre de vie peut fondre comme neige dans un volcan. Heureusement il y a - non pas Findus - mais un système de parades. Assez simple en théorie, mais difficile à maitriser. En gros, il faut donner une impulsion dans la direction d'où arrive le coup (gauche/droite, haut/bas). Cette parade est efficace sur toute attaque, même les projectiles. Il est ainsi possible de parer même des pièges, mais dans ce cas mieux vaut ne pas tenter le diable vu que c'est la mort directe en cas d'échec. Si les différents coups possibles vous paraissent obscure, une liste complète des coups est disponible dans le menu pause du jeu. En plus des attaques classiques, il est possible de ramasser des sabres ou des Nunchaku pour tailler dans le gras plus facilement. Mais à la moindre touchette, l'arme tombe et il faudra la ramasser à nouveau. A noter que par défaut le jeu est assez sanglant, mais que les âmes sensibles pourront désactiver le trop plein d'hémoglobine dans les options. Mais cela n'empêchera pas le joueur de se défouler longuement sur un ennemi souhaitant simplement mourir en paix. Les sauts paraissent un peu déroutants au début, car très lunaires, mais on s'y fait rapidement. C'est aussi un bon moyen de donner de la verticalité au titre. N'hésitez pas d'ailleurs à sauter de partout, car les vies supplémentaires sont parfois bien planquées et ne seront pas du luxe.

Vous en reprendrez bien une petite louche ?

Si terminer Okinawa Rush ne devrait pas vous prendre énormément de temps - une fois passé le petit cap d'apprentissage nécessaire à un minimum de survie - le jeu ne vous laissera pas sur la fin une fois les crédits défilés. Tout d'abord, nous l'avons vu plus haut, chaque personnage dispose de sa propre histoire, ce qui est déjà un bon point. Mais ce n'est pas le seul argument en faveur de la durée de vie du jeu. Déjà dès le lancement du titre, le menu propose deux choix distincts : mode Arcade ou Mode Story. Le premier est destiné à ceux ayant déjà bien maîtrisé le jeu car il ne propose qu'une seule vie et trois continus pour faire le jeu en entier, sous contrainte de temps limité (il est possible de ramasser des chronomètres pour gagner du temps supplémentaire). Le but étant bien entendu d'avoir le meilleur score possible. Concernant le mode story, il propose un certain nombre d'à-côtés comme le dojo, personnalisable à l'aide d'objets achetés dans une boutique avec l'argent récolté à chaque partie. Décorer le dojo n'est pas que cosmétique, car certains agencements d'objets peuvent fournir des bonus de statistiques aux personnages. Le dojo est également l'endroit parfait pour s'entrainer. Les fans des années 16bits se souviendront probablement d'un certain Panza Kick Boxing (ou Best Of the Best Karate) dont il en emprunte le concept. Cet entraînement est composé de mini jeux et propose lui aussi un boost de statistiques. D'autres à côtés sont également présents comme le mode défi qui vous fait faire face à des combats de boss dans certaines conditions, ou le mode versus pour deux joueurs. On y trouve également une liste de succès in-game et une liste des fins. En effet, Okinawa Rush propose trois fins différentes par personnages. La première consiste à simplement terminer le jeu et est considéré comme une bad-ending. Pour les autres, vous allez devoir trouver par vous-même les conditions à réunir pour les obtenir, ce qui n'est pas évident tant le jeu est cryptique et regorge de secrets. Une partie de la solution vous est tout de même soufflé lors d'une cinématique en milieu du jeu. Pour le reste vous vous débrouillez. Sachez simplement qu'un certain nombre de choses peuvent être validés à chaque niveau, mais là encore, à vous de trouver lesquelles. Par contre tout ne doit pas forcement être fait en un seul run. Il est également possible de commencer au niveau de son choix une fois atteint. De plus le jeu propose un éventail du 8 modes de difficulté pour s'adapter à tous les joueurs. Rassurez-vous, ce n'est pas une condition d'accès pour les fins. 

Mon avis à moi

Okinawa Rush semble à première vue être une simple ode aux anciens jeux micro-ordinateurs comme The First Samourai. Mais il dévoile rapidement une richesse folle à la fois dans son gameplay (et ses possibilités de combos) que dans les secrets de son level design. Une fois passé le temps d'être un punching ball humain, le petit scarabée que vous êtes va rapidement devenir à force d'entraînement un grand maître et exploser les ennemis par paquets de dix. Bref, c'est une réussite, à la fois défoulant et intriguant.

A qui s'adresse Okinawa Rush ?

- Aux nostalgiques des micro Atari ST et Amiga 500

- A ceux qui aiment découvrir des secrets

- A ceux qui veulent un jeu à combo

 

A qui ne s'adresse pas Okinawa Rush ?

- A ceux qui ne souhaitent pas s'investir dans un jeu

- A ceux qui n'ont pas de réflexes

- Aux petits joueurs

Johann Barnaud alias Kelanflyter