Lorsque l'on a une nouvelle console, on cherche en général de nouvelles expériences et/ou des graphismes à la pointe. il suffit de regarder quelques images de Tiny Barbarian DX, le petit bébé de StarQuail édité par Nicalis  pour s'assurer qu'il ne propose ni l'un ni l'autre. Mais est-ce à dire qu'il n'a aucun argument pour vous séduire ? Rien n'est moins sûr.

Connard le Barban

Tiny Barbarian DX est un jeu d'arcade plateforme à l'ancienne pur jus. On ne s'embarrassera donc pas d'un scénario. On y dirige un barbare dans plusieurs aventures indépendantes (au nombre de 5) dont le but sera dans tous les cas d'aller taper du méchant. Quelques scénettes  en jeu viendront tout de même mettre un peu de contexte. L'univers du titre est clairement inspiré des films du Gouvernator, même si chaque aventure propose de multiples références, que ce soit au cinéma ou aux jeux vidéos. Chaque aventure est découpée en chapitres, eux même découpés en une succession d'écrans de jeu. Si l'ensemble reste sous la forme d'un jeu de plateforme en 2D vue de côté, il n'en reste pas moins extrêmement varié, avec des phases à dos de monture, des courses poursuites, une pointe d'exploration (de multiples bonus sont cachés) et surtout l'arrivée progressive de nouveaux éléments de gameplay. Dans tous les cas, votre jauge de 6 points de vie se videra au moindre contact et ne se remplira qu'à la mort ou en ramassant du poulet (façon Castlevania). Pour survivre, notre petit barbare ne pourra compter que sur son épée qu'il peut agiter à gauche, à droite et vers le haut. Il est possible d'effectuer des combos plus puissants envoyant bouler les ennemis en martelant la touche d'attaque. Enfin, un appuyant sur bas et attaque en étant en l'air, notre petit protégé effectuera une jolie prise de catch vers le bas pour éjecter les ennemis.

Dur dur d'être un barbare

Les premiers pas dans le jeu semblent une promenade de santé. Le jeu est très réactif, le rythme est effréné, les obstacles très gentils... Mais cette impression ne va pas durer très longtemps. Très rapidement, la difficulté augmente d'un bon cran. Rassurez-vous, les vies sont infinies et mourir permet de réapparaitre au début de l'écran actuel. Avec un peu de patience, d'acharnement et un peu de par coeur, on passe ainsi d'écrans en écran. Le jeu est difficile, soyez-en certains, parfois même à vous rendre fous durant certains pics de difficulté (ce boss de fin est particulièrement éprouvant) ; mais tout est finissable (j'y suis arrivé c'est pour dire). Attention toutefois, si vous quittez le jeu ou la campagne en cours, vous ne recommencerez pas au dernier niveau, mais au dernier chapitre. Merci le mode veille donc. Pour rendre le jeu plus facile (quoi que pas toujours) il est possible de jouer à deux joueurs. Chacun dispose ainsi de sa barre de vie, mais en cas de mort il est possible de revenir en puisant la moitié de la vie de l'autre joueur. Dans tous les cas, l'aventure s'accompagne d'une musique en chiptune 8bits d'une qualité assez incroyable. Pour les amateurs, l'OST est disponible sur le Bandcamp de l'auteur Jeff Ball. Les amateurs de Castlevania, MegaMan ou autre Shovel Knight vont se régaler.

Mon avis à moi

Le jeu vidéo fait la part belle aux blockbusters alias AAA. Pourtant ce sont souvent les jeux de moindre envergure qui nous marquent le plus. Peut-être est-ce par sa volonté de titiller notre fibre nostalgique, ou plus probablement par sa maitrise à toute épreuve, mais Tiny Barbarian DX est de ces titres dont vous vous rappellerez probablement longtemps. Difficile sans tomber dans l'excès, minimaliste tout en étant moderne. Le jeu vaut clairement le détour. Dommage que le titre soit vendu aussi cher car beaucoup risquent de passer à côté.

A qui s'adresse Tiny Barbarian Dx ?

- Aux amateurs de jeux exigeants

- A ceux qui savent que Retro ne veut pas dire démodé

- Aux amateurs de musiques chiptune

A qui ne s'adresse pas Tiny Barbarian Dx ?

- A ceux qui n'ont aucune résistance à l'adversité

- A ceux qui veulent de l'action

- Aux gens fauchés

Johann Barnaud alias Kelanflyter