
Quand on tombe sur un jeu indépendant qui nous marque aussi profondément que Unepic, forcement, on attend avec impatience les prochains jeux du studio. Il faut dire que Francisco Téllez de Meneses alias Unepic_Fran avait la barre assez haut avec un jeu bourré de bonnes idées et d'humour tout en proposant un système de jeu solide. Si le jeu suivant (Ghost 1.0) était un bon cran en dessous, nous attendions avec impatience UnMetal, son dernier jeu en date parodiant la série phare de Konami. Et nous n'avons pas été au bout de nos surprises.

Arrêté pour un crime qu'il n'avait pas commis
Jesse Fox est un homme peu banal justement parce qu'il est banal. Descendu d'un hélicoptère en marche, puis capturé par l'armée, il clame à qui veux bien l'entendre qu'il a été enfermé pour un crime qu'il n'avait pas commis. Il n'est qu'un simple citoyen au mauvais endroit au mauvais moment… du moins c'est ce qu'il veut bien faire croire. UnMetal dispose d'une narration assez originale, car le jeu entier est en fait la narration faite par Jesse aux soldats qui l'interrogent. Cette narration est en plus dynamique, car par moment, vous aurez l'occasion de choisir ce qu'il racontera, ce qui aura une influence directe sur le gameplay de la phase à suivre. Selon vous, y'avait-il 2 ou 4 gardes dans la salle ? Cette narration est en plus régulièrement mise en abime car ou y trouve Jesse raconter à sa petite copine ce qu'il a raconté aux gardes. Tout un programme. Une chose est certaine, l'humour décapant et l'originalité de Unepic sont de retour dans ce jeu qui ne se prend décidément pas au sérieux. D'ailleurs les fans des jeux précédents y trouveront quelques références en plus de celles évidentes à Metal Gear et autres films d'actions des années 80. Pour être honnête, il est rare de rire autant et si franchement devant un jeu sans complexes qui joue avec les codes. Il ne parodie d'ailleurs pas que des jeux spécifiques, mais les jeux vidéo dans son ensemble. En plus l'intégralité du script est traduite en français donc pas d'excuse.

La cité des Mike
Niveau gameplay, le jeu est directement inspiré des premiers Metal Gear en vue du dessus (ou plutôt de 3/4). Et comme ces derniers il s'agit d'un jeu d'infiltration plus que d'action. Si la plupart du temps il est possible de se cacher si une alerte est donnée, elle signifie souvent soit la mort soit l'assurance de gaspiller de précieuses ressources. Soyez assuré que s'il est possible de se soigner, les kits de soin sont rares et précieux. Par contre, rapidement dans le jeu, Jesse Fera une promesse de ne tuer personne, ce qui fait que si jamais par mégarde (ou choix) il tire sur un soldat ennemi ou lui lance une grenade, il devra utiliser un de ses propres kit de soin pour soigner l'ennemi agonisant avant qu'il ne rende l'âme. Sinon c'est game over. Pour assurer sa discrétion, notre héros malgré lui pourra se coller aux murs pour mieux surprendre les gardes, déplacer les corps, attirer les soldats en lançant une pièce ou en faisant du bruit, et lancer des grenades électromagnétiques si se faufiler entre les caméras était impossible. L'infiltration est d'ailleurs récompensée, car chaque garde assommé sans alerte apporte un peu d'expérience. A certains paliers, un petit level up des familles permet de sélectionner un Upgrade parmi deux et de personnaliser le gameplay en fonction de notre approche (en plus de favoriser un second run différent). Mais Jesse dispose d'un talent particulier, celui de casser tout ce qui est possible de casser pour récupérer toute sorte d'objet insolite (il est possible de fouiller certains gardes également). A la manière d'un point en clic, il faudra combiner des objets entre eux pour obtenir de l'équipement de combat ou des objets de quête. L'utilisation des objets est souvent inventive, et surtout délirante. D'ailleurs, auriez-vous pensé que le meilleur moyen de sauvegarder était d'aller uriner dans les toilettes ?

Game Over
Si UnMetal est un jeu parodique, il n'en reste pas moins un vrai jeu. Il propose une aventure en 10 chapitres assez consistante avec une bonne douzaine d'heures de jeu pour un premier run qui. Il faut dire que si le jeu globalement est accessible (merci les checks points et les pots de chambres servant de sauvegarde portative), certaines séquences proposent des pics de difficulté assez étonnants. Avec un peu de préparation, on finit toujours par passer, mais vous allez voir l'écran de Game Over bien plus qu'une fois, et il va très probablement tester votre patience avec son petit jingle impossible à passer. Dans tous les cas, évitez de sauvegarder si vous avez l'impression d'avoir gaspillé trop de ressources, ça pourrait servir plus tard. Une fois le jeu terminé, le refaire permettra de débloquer tous les succès internes, d'essayer d'autres compétences de niveaux (ou d'autres choix de narration) et de tenter une autre difficulté. A savoir que chaque chapitre renferme un certain nombre de secrets à découvrir. En fin de niveau, le jeu vous indiquera combien vous en avez raté. Soyez certains que la plupart sont très bien cachés. Vu que le jeu est agréable à l'œil et propose une bonne ambiance, le refaire ne devrait pas être un obstacle. Le seul reproche finalement pourrait être certains choix de contrôles hasardeux. Par exemple, nous vous conseillons de mettre la roulade sur la touche ZL (quitte à reléguer la radio sur la touche L) pour moins s'y perdre dans les touches dans le feu de l'action. Par contre il est impossible de changer le fait que si les corps s'accumulent au sol, Jesse voudra probablement essayer de les porter au mauvais moment au lieu de distribuer des bourres pifs.

Mon avis à moi
UnMetal est bien le digne successeur d'Unepic. Drôle et inventif, il est une véritable bouffée de fraicheur dans ce monde souvent trop sérieux et aseptisé. Certes le jeu s'avère parfois frustrant sur des moments spécifiques, mais rien qui ne ternit l'expérience qui reste très plaisante.

A qui s'adresse UnMetal ?
- Aux fans de Metal Gear
- A ceux qui aiment les blagues douteuses
- A ceux qui ont aimé Unepic
A qui ne s'adresse pas UnMetal ?
- A ceux qui se frustrent rapidement
- A ceux qui tirent dans le tas
Johann Barnaud alias Kelanflyter