Si vous ne connaissez pas le studio Inkle, spécialisé dans les jeux narratifs utilisant leur moteur de narration flexible maison, c'est que vous n'êtes pas un lecteur assidu de DTU. En effet, nous avons déjà parlé de deux de leurs précédents jeux à savoir : Heaven's Vault et Overboard!. Forcément, quand leur nouvelle production est mise en avant dans un Indie World nous sommes sur les rangs pour vous en parler. A Highland Song part sur les bases iconiques du studio, et propose une aventure cette fois mâtinée de plateforme et de survie. C'est partie pour un petit tour en Ecosse.
Allez hop, on y va, en route pour l'aventure
A Highland Song place le joueur dans la peau de Moira MCKinnon, une jeune fille dont le père est mort et vivant seule avec sa mère, recluses dans une petite maison isolée située dans les montagnes d'Ecosse. Elle reçoit un jour une lettre de son oncle, qui l'invite à le rejoindre dans on phare situé au bord de la mer. L'inconvénient, c'est que sa mère ne la laissera pas partir et qu'elle décidera de s'éclipser avec un sac à dos et des cartes pour seuls compagnons dans une expédition longue et dangereuse. En effet, pour atteindre le phare, elle devra traverser un bon nombre de montagnes plus ou moins escarpées et aux multiples chemins. Petite pression supplémentaire : elle n'aura que 7 jours pour effectuer le voyage à temps pour le Beltaine (la fête du printemps Ecossaise). La force de la proposition de Inkle réside dans la structure non linéaire du jeu. Les développeurs se sont approprié l'adage du "Tous les chemins mènent à Rome" pour en faire le crédo de leur jeu. Potentiellement, chacune de vos parties aura un déroulé unique passant par des montagnes différentes qu'il faudra tenter de reconnaitre pas vous même avec les indices dont vous disposerez (ou non). Comme pour Heaven's Vault, des suppositions fausses sont possibles et auront des conséquences sur la suite. De même que vos éventuelles rencontres et trouvailles ainsi que la météo et la santé de notre bien trop courageuse héroïne. Car rappelons-le, A Highland Song est également un jeu de survie en milieu hostile.
Se blottir contre un feu bien chaud
Dans ses pérégrinations, Moira devra gérer une barre d'endurance qui représente grosso modo son état de santé. Lorsque la météo se gâte, et que vous n'êtes pas à couvert, la barre diminue à petit feu. Pour faire remonter la barre, il est possible de se reposer, voire de dormir lorsque la nuit arrive. Mais attention, car selon les endroits où vous déciderez de vous reposer, la taille maximale de cette barre en sera affectée (en mieux ou en moins bien). Le but sera donc de savoir où et quand se reposer (A noter que le temps passe en permanence). Sachez simplement que tomber de haut aura également un impact sur cette jauge. Trop courir ou escalader trop longtemps demandera également de vous arrêter un moment pour reprendre votre souffle. SI l'aspect survie n'est pas aussi poussé qu'il le pourrait, il est loin d'être anecdotique et c'est souvent en le négligeant que le game over arrivera (ou pas car des surprises peuvent survenir après le décès). L'aspect plateforme est également important. Moira ne saute pas très haut, ne vous attendez donc pas à des sauts lunaires à la Mario Bros. Il s'agit surtout de sauter de rochers en rochers sans tomber, d'attraper une prise en hauteur et de descendre pas à pas. Le moindre faux pas peut avoir des conséquences fâcheuses. A certains moments, il sera possible de rencontrer des cerfs. Dans ce cas-là, courir enclenchera une scène de course contre lui au rythme d'une musique folklorique écossaise. Le paysage est alors formé en fonction des notes, et chaque saut sera calqué sur le rythme. Une pression sur le bouton adéquat affiché validera le saut. En fonction de vos résultats, non seulement votre barre d'endurance sera restaurée, mais en plus vous serez fortifié de cette expérience. Ces musiques (comme le reste de la BO) sont composées tout spécialement pour le jeu par la compositrice Laurence Chapman (en collaboration avec des groupes folk écossais Talisk et Fourth Moon). Et c'est une vraie respiration festive au milieu des autres morceaux plus environnementaux de la Bo du jeu.
Mystères et associés
SI la survie et la plateforme sont importants dans le jeu, c'est surtout l'exploration qui domine. On l'a dit, beaucoup de routes sont possibles. Si certaines sont assez évidentes, d'autres imposent d'avoir un objet comme une corde, de se faufiler dans un étroit corridor et d'autres encore sont disponibles grâce à vos cartes. Pour pouvoir utiliser une carte, il est nécessaire de monter tout en haut de la montagne en cours. Ensuite on regarde la forme des montagnes au loin (ou l'actuelle) et on établit le lien avec les cartes à disposition. C'est ainsi qu'un petit raccourci entre deux arbres ou derrière une cascade est révélé et est ensuite utilisable. Le jeu est assez sympa avec le jouer en lui donnant régulièrement de nouvelles cartes, contenues dans des objets posés au sol. Rien de tel pour débloquer au pied levé le joueur un peu trop perdu qu'une boite de conserve nonchalamment posée le long du chemin. Il semblerait d'ailleurs que certains objets n'apparaissent pas tout de suite. Tous les objets ne sont bien évidemment pas tous des conteneurs à carte. Beaucoup sont à ramasser pour servir (ou non) plus tard. C'est aussi l'occasion de petits commentaires de Moira qui permettront d'en savoir un peu plus sur les lieux. Si l'aventure est essentiellement solitaire, il sera parfois possible de rencontrer des voyageurs et d'échanger quelques phrases histoire d'en apprendre un peu plus, de s'orienter et parfois même partager une place près du feu. Malgré un parti prit un peu différent des anciennes productions Inkle, on retrouve toutefois bien dans A Highland Song la patte du studio avec des dialogues écrit dans un style littéraire et parfois avec du patois local. La structure adaptative des textes rend la traduction un brin complexe, de ce fait, comme pour les anciens jeux du studio, il faudra se contenter de l'anglais. C'est certainement le plus gros point noir du jeu.
Mon avis à moi
A Highland Song tente une hybridation assez improbable des genres tout en parvenant à garder ce qui a fait le sel des précédentes oeuvres du studio Inkle. Force est de constater que cette tentative fonctionne assez bien. Bien entendu selon les runs, vous aurez plus ou moins de difficultées à vous en sortir, mais vous finirez bien par y arriver à cette fête du printemps. Si l'anglais littéraire n'est pas une barrière trop infranchissable pour vous, n'hésitez pas à tenter cette expérience comme aucune autre.
A qui s'adresse A Highland Song ?
- A ceux qui aiment se perdre dans la nature
- A ceux qui ont l'âme d'un poète
- A ceux qui aiment découvrir une culture
A qui ne s'adresse pas A Highland Song ?
- A ceux pour qui l'anglais soutenu est un frein
- A ceux qui n'aiment pas avancer vers l'inconnu
- A ceux qui voulaient de la survie plus poussée
- Johann Barnaud alias Kelanflyter




