
Vous connaissez la rengaine : Quand un nouveau rogue prometteur pointe le bout de sa RNG, DTU n'est jamais loin pour y fourrer sa truffe. Chivalware, le titre du solodev Regal Pigeon habitant à Hong Kong nous propose donc un rogue like d'un genre peu habituel, vu qu'il puise son inspiration dans un JRPG de Capcom nommé Megaman Battle Network. Le but a moitié avoué est donc de partir sur une base de ce système de jeu si particulier et d'y ajouter une belle dose d'aléatoire telle qu'on l'aime. L'éditeur The Arcade Crew s'y est intéressé, ce n'est probablement pas pour rien. Alors nous on fonce, on se ramasse et on se relève et on retente jusqu'à ce que test s'en suivre.

Disponibilités et conditions de test
Chivalware est disponible le 5 novembre 2026 sur PC (Steam) (jouable sur SteamDeck) et Nintendo Switch 2. Il est proposé au prix de 9.99€. Une démo du jeu est disponible sur les deux plateformes. Notre test a été réalisé sur Nintendo Switch 2 à l'aide d'un code fourni par l'éditeur. Nous avons principalement joué en mode salon pour plus de lisibilité.
Encore une fois...
Chivalware vous met dans la peau d'un chevalier disquette (sisi ça existe) qui part en guerre contre un roi tyrannique qu'il veut pourfendre. Voilà le pitch aussi simple (et saugrenu) qu'efficace. On n'est pas là pour enfiler des perles, mais pour enchâsser des puces et introduire des disquettes. D'ailleurs, on le fera en français, parce que le jeu est traduit. En début de partie, on n'a guère le choix, on lance un run et on se retrouve devant un écran composé d'un quadrillage. Quand on termine un écran, on se déplace tout à droite pour se diriger vers l'écran suivant. On avance ainsi jusqu'au premier boss, et très probablement on meurt. Non pas qu'il est impossible de le battre, mais le gameplay très particulier du titre nécessite un peu d'entrainement et parfois un peu de chance dans l'aléatoire. Après la partie, le jeu nous donne un score qui vient gonfler notre score global. Plus ce score monte, plus on monte dans le classement des chevaliers disquette, et plus on débloque de nouveaux contenus qui vont parfois ajouter des mécaniques, mais qui le plus souvent vont apporter plus de variété et des armes/objets plus efficaces que le set de départ. On relance ainsi partie après partie avec le délicieux syndrome du "allez ! Juste une petite dernière" qui nous fais nous coucher tard (ou plutôt tôt le lendemain matin). Petit à petit on apprend à maitriser les mécaniques, les patterns d'attaque des ennemis et à choisir les équipements les plus efficaces pour progresser de plus en plus. Le jeu contient 4 biomes, chacun se terminant par un boss. A date de ce test, j'ai réussi à atteindre le quatrième boss mais pas encore à le battre. Mais ce n'est pas faute d'essayer vu les heures de jeu au compteur. Mais tout de même la sensation de progresser par soi-même est belle et bien présente. Le premier boss qui nous rendait chèvre n'est plus qu'un casse-croûte une fois qu'on a bien compris comment le gérer. Donc on sait qu'avec un peu d'acharnement on arrivera à en voir le bout. Pour donner un ordre d'idée de la difficulté de base du titre, on se place au niveau d'un Enter the Gungeon. Parfois on n'arrive à rien, et parfois on se sent invincibles avant qu'un odieux boss ne nous rappelle à la réalité. Mais on continue d'y croire, et c'est ce qui fait la différence avec d'autres titres du genre. Le fait qu'un run soit assez rapide (contrairement à Enter The Gungeon justement), aide aussi bien à faire passer la pilule d'une défaite.

3 pouces et demi
Chivalware Vous propose donc d'incarner un chevalier disquette. Kezako me demanderez-vous ? Et bien c'est un chevalier qui équipe ses armes de disquettes pour en changer le comportement et se greffe des puces pour modifier son propre comportement. Dans la pratique, vous aurez toujours 3 armes différentes à disposition., chacune d'une couleur différente (il est possible de changer le trio de couleurs dans les options, ce qui est pratique pour les daltoniens). Lors des combats, sur la moitié gauche de l'arène (le camp du joueur), chaque case est recouverte du symbole de l'arme de la couleur associée. Dirigez-vous sur une case contiguë à au moins 2 autres cases identiques et appuyez sur la touche A pour faire disparaitre ces cases, gagner de l’énergie en fonction du nombre de cases contiguës et équiper l'arme correspondante. Evidemment les cases utilisées disparaissent et un effet de glissement horizontal vers la droite les recouvre des cases qui étaient à leur gauche et les restantes de cases aléatoires. Si vous avez assez d'énergie, vous pouvez utiliser l'arme depuis n'importe quelle case de l'arène (même depuis le camp ennemi). Dans le cas contraire, ou si vous n'avez pas l'arme la plus adaptée, répétez le processus autant que nécessaire. Evidemment pendant ce temps les ennemis ne vont pas rester les bras croisés et viendront vous chercher de noises en fonction de leur pattern d'attaque qu'il faudra bien évidemment apprendre à reconnaitre et anticiper. Une fois tous les ennemis d'une zone battus, il est possible de passer à la suivante. A la manière de la plupart des autres rogues, il n'existe bien entendu pas que des combats, et toutes sortes de salles sont proposées de manière aléatoire. Il est parfois possible de tomber sur une croisée des chemins qui permet de choisir sa route en fonction des besoins. Avez-vous besoin de combats (pour glaner de la monnaie), de magasins (pour dépenser cette monnaie), de nouvelles puces ou plutôt de disquettes plus performantes ? Il existe une foultitude de salles différentes, certaines étant l'occasion d'un minijeu (un memory ou un chasse taupe par exemple). Niveau améliorations, il est possible d'ajouter autant de nouvelles puces, mais seulement trois "moteurs". Ces équipements puissants changent parfois drastiquement la manière de jouer en vous incitant par exemple à changer souvent d'armes (avec un effet se déclenchant à l'équipement) ou à vous avancer vers l'ennemis (avec une accumulation de dégâts pour chaque case déplacée vers la droite avant d'attaquer). Bref il y a de quoi varier les plaisirs.
Qu'ils y viennent
Si vous aviez peur de faire le tour de Chivalware rapidement, vous pouvez déstresser un bon coup. Outre le fait de continuer à débloquer du contenu régulièrement avec le score le jeu sait se montrer généreux et vous en donner pour votre argent, même s'il faudra mériter certaines choses. Ainsi, le jeu intègre un généreux système de succès/trophées ingame. Chaque défi relevé est l'occasion de débloquer là encore du contenu (généralement une nouvelle puce ou nouvelle arme). Battre un boss permet à l'aléatoire des parties suivantes de proposer un autre boss alternatif. Monter en grade est l'occasion de débloquer de nouveaux personnages comme le tank ou l'arlequin, modifiant les mécaniques de base. Le tank fait apparaitre des bonus d'armure dans le camp adverse à force d'infliger des dégâts. L'arlequin pour sa part lance une quille en l'air lorsqu'il active une case. Il n'équipe ensuite l'arme que s'il réceptionne la quille. Chaque personnage arrive avec son propre set d'armes de départ (et les succès qui vont avec. Et si contrairement à moi vous êtes assez doués pour terminer le jeu avec un personnage, vous débloquer un niveau de challenge pour ce personnage, puis deux, puis encore jusqu'au niveau 5. On est ici dans l'esprit d'un Dicey Dungeon. Malheureusement, n'ayant pas encore réussi à atteindre ce stade, difficile de vous dire de quel type de challenge il s'agit (plus difficile ? avec des règles différentes ?). Quoi qu'il en soit, vous êtres très loin d'en finir rapidement avec le jeu, pour peu que vous accrochiez au concept. Mais sur ce point-là il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Le jeu est fun et les parties s'enchainent.

Mon avis à moi
Chivaleware est indéniablement un excellent rogue-like. Reprendre à son compte le principe des Megaman Battle Network et y intégrer une bonne dose de RNG des familles était une très bonne idée. L'exécution de l'idée est tout aussi bonne avec un bon sens du rythme et une durée de vie importante. C'est mignon et jouable et on y retourne avec plaisir. On pourra éventuellement pester sur un curseur de difficulté un poil trop placé trop haut, mais ça ne gâche jamais le plaisir

A qui s'adresse Chivalware ?
- Aux fans de la série Megaman Battle Network
- Aux amateurs de rogue-like
- A ceux qui aiment retenter encore et encore
A qui ne s'adresse pas Chivalware ?
- A ceux qui saturent des rogues
- A ceux qui ne jurent que par les AAA
- A ceux qui jettent vite l'éponge
Test réalisé par Kelanflyter

