Les jeunes joueurs ne connaissent probablement pas la société Irem. Même si son nom peut se confondre avec un certain parti politique, Irem était une société spécialisée dans les jeux d'arcade et en particulier dans les shoot'em'up. Bon les jeunes joueurs ne savent probablement pas ce qu'est un shoot'em up. C'est bien dommage car ce genre aujourd'hui dévoué au dieu Manic était roi dans les années 80 et 90. Et si Irem est surtout connu pour son célèbre R-Type, la société a créé bien d'autres shoot'em'up plus ou moins iconiques. Les compilations Irem Collection (dont on va parler ici du Volume 1) sont justement là pour donner un peu de lumière à des titres souvent (injustement) oubliés.
Il était une fois 3 petits shoots
Irem Collection Volume 1 est donc une compilation de trois jeux de l'éditeur à savoir : Image Fight, Image Fight 2 et X Multiply. Lors du démarrage du jeu, après une série de logos et d'un écran titre on sélectionne une langue parmi de multiples (dont le français) et on arrive directement sur un menu demandant de choisir le jeu et la version. Image Fight est ainsi disponible en version arcade japonaise, arcade monde, NES, Famicom et PC-Engine. Image Fight 2 est une exclusivité PC-Engine, tandis que X Multiply est disponible en version Arcade japon et Arcade monde (je n'ai trouvé aucune différence entre les deux versions). Après le choix d'un jeu, on se retrouve dans un menu typique des compilations éditées par ININ Games et Ratalaika Games. Outre la sauvegarde et le chargement à volonté (save states), on retrouve un menu d'option relativement complet : remaping des commandes, options vidéos (filtres, format, rotation d'écran...), quelques options de jeu dépendant du titre (choix de la difficulté, nombre de vies, vibrations et option de contrôles modernes). On retrouve également un menu cheats bien pratique (activable ou non en cours de partie) qui permets de l'invincibilité ou des vies infinies. Chaque jeu dispose d'un mode défi qui propose d'aller le plus loin possible avec une vie et d'établir des classements en ligne. On retrouve aussi un menu document, mais ravisez votre joie il n'est ici question que des crédits du jeu et des contrats de licence. On aurait apprécié un manuel des versions consoles à minima (d'autant plus que les systèmes d'armement sont assez étranges) et pourquoi pas quelques publicités ou photos des bornes. Lorsque vous lancerez une partie, il sera possible de le faire en mode classique ou avec les améliorations de confort (rewind, cheats...). Sachez que les trophées sont accessibles uniquement en mode classique pour ceux qui jouent ailleurs que sur Switch.
Round One : Image Fight
Image Fight vous propose de contrer une invasion extra-terrestre (comme c'est étrange) grâce à votre vaisseau appelé OF-1 Deadalus. Scénario timbre-poste : check. L'important dans un shoot est ailleurs. Le jeu est donc un shoot vertical dans un univers d'espace assez classique. La particularité du jeu se situera dans son système d'armement et dans sa structure. Le jeu comment ainsi par une série de 5 niveaux. A la fin de chacun des niveaux, un pourcentage d'ennemis abattus est indiqué. Si après les 5 niveaux votre pourcentage est en dessous de 90%, alors le jeu vous impose un niveau pénalité assez corsé. Dans tous les cas, il reste alors 3 niveaux avant de voir le bout du jeu et d'entamer ensuite une deuxième boucle bien plus corsée. Les niveaux sont assez courts, ce qui est un bon point car ça favorise l'apprentissage par coeur. En effet dans la grande tradition Irem, connaitre le jeu change complètement la donne. Pour rappel on n'est pas ici dans un bullet hell, mais dans un schéma plus classique où ce sont les patterns des ennemis (plus que des tirs) qu'il faut apprendre pour savoir comment se positionner au mieux, prioriser les destructions et surtout choisir l'arme la plus adaptée à l'instant. Car c'est à la fois une des forces et des faiblesses de Image Fight : Avoir un système d'arme dont le choix change complètement la donne. Premièrement, en sus du tir de base assez faiblard, il est possible de récupérer jusqu'à 3 petits modules qui se placent de chaque côté et derrière. Les bleus tirent devant tandis que les rouges tirent en direction inverse du dernier mouvement impulsé. A noter qu'étrangement après le 3ème module, chaque module récupéré change la couleur de tous les modules possédés. Il devient dès lors impossible de les mélanger. Petit ajout de confort de cette compilation : la possibilité de diriger à volonté le tir des modules avec le stick droit quelle que soit la direction donnée au vaisseau. Mais Image Fight propose non pas un mais deux systèmes de modules. Il existe ainsi de multiples modules plus gros qui se placent à l'avant de vaisseau et en modifie le tir. Attention, il vous protègera d'un petit tir, mais cela aura pour effet de le détruire, réduisant votre puissance de feu et vos chances de survie. Etrange choix également, si vous avez déjà un module avant, il est impossible d'en obtenir un autre tant qu'il n'est pas détruit. Choisissez donc le bien, ou faites en sorte de le perdre au bon moment. A noter qu'un bouton permet de changer la vitesse du vaisseau à la volée entre 4 vitesses. En général la vitesse 2 est la plus adaptée à la majorité des situations. Si toutes les versions du jeu sont plus ou moins semblables il y a tout de même des différences. La version PC-Engine par exemple réduit le champ de vision et est donc plus difficile. La version NES par contre réduit grandement le nombre d'ennemis à l'écran et est donc bien plus accessible. Quand vous en aurez terminé avec Image Fight, il est temps de passer à sa suite logiquement appelée Image Fight 2. Très clairement le jeu est similaire. On perd le principe des pourcentages de complétion des niveaux mais sinon le système d'armes est identique. Graphiquement il est un peu plus joli et le level design un peu plus sophistiqué. Il est aussi un tantinet plus difficile.
Le vaisseau qui multipliait les pains
X Multiply pour sa part propose une expérience un brin différente. Déjà ce qui saute bien évidemment aux yeux est qu'il s'agit d'un shoot à défilement horizontal, ce qui le rapproche d'autant plus de R-Type. Niveau ambiance, l'environnement est très organique et pour cause, l'histoire nous parle d'une attaque d'extraterrestres microscopiques qui s'attaque aux corps de la population. On y dirige un vaisseau microscopique façon l'aventure intérieure. On avance dons dans des niveaux souvent escarpés ou comme pour Image Fight, l'apprentissage du level design et du pattern d'apparition des ennemis est primordial. En effet, la moindre touchette c'est le décès instantané et le retour au dernier check point avec le tir de base. Heureusement, des options vous donneront rapidement accès à des bras tentacules qui se déplient vers le haut et le bas du vaisseau. Si vous avancez, ils se rétractent vers l'arrière et ils se dirigent vers l'avant si vous reculez. Ce qui est intéressant c'est que non seulement ils arrêtent la plupart des petits tirs, mais en plus l'extrémité tir des lasers ce qui permet d'atteindre des cibles impossibles à toucher directement avec le vaisseau. Le positionnement est donc la clef du succès. Attention toutefois, il faudra être en mouvement constant, car si vous vous arrêtez, ils reviennent lentement à leur position initiale. Le système d'armement est plus classique avec une option de bombes qui part vers le bas, trois couleurs du tirs (lasers rouges, missiles à tête chercheuse bleus et tirs dans la direction des tentacules en jaune). Le jeu regorge également de bonus de vitesse qui augmentent petit à petit la vitesse du vaisseau. Attention, à vitesse maximale il est parfois délicat de ne pas s'emmurer, surtout dans des passages étroits. Mieux vaut parfois les éviter, ou à défaut essayer d'attraper un bonus de vitesse négative pour compenser. Petite remarque, dans les options une commande par défaut sur le bouton R est sensée faire quelque chose en lien avec le bras tentaculaire, mais impossible de voir ce que cela fait.
Mon avis à moi
Irem Collection Vol.1 est un excellent moyen de découvrir des titres oubliés de l'éditeur mythique. La compilation propose de multiples versions pour plus d'exhaustivité. Dommage que cette philosophie ne se retrouve pas dans d'eventuels bonus (artworks, mode jukebox, interview...). Il en reste un bon paquet d'heures de jeux pour celui qui souhaitera maitriser les jeux à la loyale sans succomber au rewind et aux cheat codes. Dans le cas contraire forcément, la fin arrivera plus rapidement.
A qui s'adresse Irem Collection Vol.1 ?
- A ceux qui veulent connaître les autres jeux d'Irem
- Aux fans de shoots à l'ancienne
- A ceux qui aiment apprendre les niveaux par coeur
A qui ne s'adresse pas Irem Collection Vol.1 ?
- A ceux qui ne jurent que par les bullet hell
- A ceux qui sont réfractaires à l'école Irem
- A ceux qui attendent plus de contenu dans une compilation
Johann Barnaud alias Kelanflyter




