Ce n'est pas un secret, le marché de la VR n'a pas été aussi fulgurant et porteur que certains l'espéraient. Certains studios qui avaient parié fortement dessus se sont retrouvés à tenter de porter leurs jeux sur des plateformes non VR pour maximiser le potentiel de vente. Ce fut le cas il y a peu pour la série des jeux Moss, et c'est encore aujourd'hui le cas pour Maestro, le jeu du studio parisien Double Jack, sorti initialement pour Steam VR et Meta Quest avant d'être portés sur d'autres supports VR. Désormais, c'est vers la Nintendo Switch et sa petite sœur Switch 2 que le titre se tourne pour toucher un plus grand public. Mais c'est aussi un pari osé que de tenter de reproduire la précision de la VR avec de simples Joycons. Découvrons donc ensemble si la version est un travail de maître ou non.

Disponibilités et conditions de test

Maestro est disponible sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2 depuis le 17 Septembre 2026. Le jeu est aussi disponible dans sa version VR sur Meta Quest 2, Meta Quest 3, Meta Quest Pro, Pico Neo 3, Pico 4, PS VR 2 et Steam VR. Les versions pour consoles Nintendo sont proposées en dématérialisé pour 34.99€ et contiennent tous les DLC à l'exclusion du pack All Aboard! et d'un DLC Attack On Titan. Il est également disponible en version physique via un partenariat avec Microids. Une démo est disponible sur l'eShop. Le test a été réalisé à partir d'un code Nintendo Switch 2 fourni par le studio. Les sessions de jeu se sont déroulés en mode TV uniquement (le jeu est compatible avec le mode Tabletop).

Maestro au premier regard

Contrairement à une bonne partie des jeux de rythme, Maestro enrobe le gameplay dans une belle couche de Lore. On incarne ainsi un tout nouveau Maestro fraichement arrivé au théâtre mais ans aucune expérience de terrain. Rapidement, un bonhomme aristocratique à l'accent franchouillard nous apprends les bases du métier petit bout par petit bout le temps que le reste de l'orchestre arrive. Après tout, les spectateurs vont bientôt arriver et il faut que vous soyez fin prêt à temps. Le jeu est entièrement doublé en anglais, mais les textes sont tous en français, n'ayez donc pas peur de mal comprendre certaines notions. Le tutoriel assez long est bien conçu pour vous préparer en douceur à ce qui vous attends. Une fois dans le grand bain, on choisit dans la playlist disponible (une demi-douzaine au début, mais il y a 38 musiques en tout) un titre en en choisissant la difficulté. Il est fort conseillé de commencer par le mode facile pour vraiment se faire la main, car dès le mode normal le rythme des actions commence déjà à faire transpirer et à mettre à mal vos sens de la coordination. Une fois l'air sélectionné, le jeu propose également de choisir un décor, une baguette, les costumes des musiciens et des gants pour vous. Chaque session de jeu se termine par votre collègue vous apportant des récompenses (ou non) sur un plateau d'argent. C'est ainsi que vous débloquerez petit à petit du nouveau contenu. A noter que le jeu propose également un système de succès in game afin de rajouter quelques objectifs. La version Switch du jeu a beau ne pas utiliser la VR, l'interface générale en garde les traces, rajoutant à l'immersion. Le jeu est plutôt joli et enrobé d'une ambiance feutrée. Niveau musiques, ne vous attendez pas à du Aya Nakamura ou du Britney Spears. Ici le focus est mis sur la musique classique, avec la présence de quelques guests (Game Of Throne, Le Seigneur Des Anneaux, Harry Potter, Attack On Titan, Star Wars). Vous êtes là pour vous prendre pour John Williams et diriger un orchestre que diable. Si vous n'êtes pas habitués au genre musical, ne vous en faites pas : s'agiter sur du Carmina Burana ou sur la Chevauchée Des Walkyries, ça le fait grave. Et au pire si vous êtes un vieux gamer, il est probable que vous reconnaissiez quelques thèmes déjà utilisés à l'époque dans Lemmings.

L'art de la gestuelle

Contrairement à la plupart des jeux du genre, Maestro ne vous demandera pas d'appuyer sur des boutons, mais d'effectuer des gestes. En ce sens il se rapproche bien plus d'un Beat Saber que d'un Guitar Hero. Ça tombe bien, vu que le rôle d'un chef d'orchestre n'est pas de jouer d'un instrument mais de coordonner les musiciens. Rangez donc vos manettes pro, c'est le moment de jouer avec les joycons. Petite remarque : nous avons joué sur Switch 2 avec les joycons de la Switch 2. Nous ne savons pas si la précision des Joycons de la première Switch est identique ou si on y perd. Le jeu incite fortement à installer les dragonnes avant de jouer. Nous avons pu nous en passer, mais si vous comptez faire jouer des bourrins, n'hésitez pas à les écouter. Dans Maestro, chacune des mains se comporte différemment, et les signaux visuels indiquant ce qu'il faut faire sont donc différents. Attention, ils ne sont pas toujours aux mêmes emplacements, et peuvent même être inversé (un signal de la main gauche à droite de l'écran et vice versa). Aucun geste n'est difficile en soi, mais c'est l'alternance des gestes qui peut rapidement devenir complexe. Globalement, on demande à la main droite de faire des mouvements dans une direction, tandis que la main gauche doit pointer dans une direction, se diriger à plat vers le haut ou le bas ou au contraire rester immobile jusqu'à un point précis (où ce sera le seul moment d'appuyer sur une touche). Parfois, il sera aussi question d'amplifier une direction de la main droite avec une direction de la main gauche. Les signaux se télescopent parfois en alternance augmentant encore la difficulté. Bref les combinaisons sont nombreuses, et il ne sera pas aisé de connaître les musiques par cœur, d'autant que certaines sont très longues (plus de 5 minutes). La reconnaissance des mouvements est globalement satisfaisante, et les couacs ne se produisent vraiment qu'en cas de combinaisons trop rapides, et surtout parce que le jouer s'y prend alors souvent trop tard ou s'emmêle les pinceaux. Si jamais vous sentez qu'il y a une perte de reconnaissance, n'hésitez pas à n'importe quel moment à pointer le centre de l'écran avec les deux joycons avant d'appuyer sur la touche X pour recalibrer.

Pour qui sonne le glas

Pour ceux qui se posent la question, la version Switch 2 du jeu dispose de graphismes plus aboutis et d'un framerate supérieur. Une fonctionnalité a aussi été ajoutée, malheureusement nous n'avons pas pu la tester. Le jeu est compatible Gameshare (aucune idée si c'est online via Gamechat ou en local) et permet à des joueurs de prendre place dans le public pour assister à la performance et encourager celui qui officie en tant que chef d'orchestre. C'est une fonctionnalité dispensable, mais c'est un petit bonus amusant. Il n'y a aucun mode annexe pour rallonger la sauce. C'est dommage, un mode versus aurait pu être sympas, surtout via l'utilisation du Gameshare. Vous pourrez toutefois vous passez les commandes pour tenter un meilleur score que le copain. Ce qui vous retiendra sera avant tout la tentation d'avoir la note maximale dans chaque musique dans toutes les difficultés. En facile, vous l'obtiendrez probablement du premier coup (avec même quelques parfaits - signifiant une performance sans aucune erreur - au passage). En normal, on monte d'un bon cran, mais rien d'insurmontable. En difficile, là en revanche c'est une autre paire de manches et on termine souvent une musique sur les rotules en ayant l'impression d'avoir fait de la survie plus que de la performance. Quant au mode expert... alors là je vous dirais simplement : bonne chance ! Si le jeu de base ne vous suffit pas, vous pouvez toujours craquer sur les DLC déjà disponibles, et on espère que d'autres suivront.

Mon avis à moi

Maestro est un jeu de rythme assez unique qui arrive à vous faire croire à un jeu VR sans avoir de casque VR. Alors bien entendu si vous avez un casque VR à la maison, il serait préférable de jouer au jeu dessus, mais dans le cas contraire, n'hésitez pas à essayer la démo sur Switch pour vois si vous accrochez au concept, et il est probable que ce soit le cas.

A qui s'adresse Maestro ?

- A ceux qui attendent de trouver un jeu de rythme un peu diffèrent

- Aux amateurs de concerts symphoniques

- A ceux qui sont lassés de Beat Saber

A qui ne s'adresse pas Maestro ?

- A ceux qui détestent gigoter devant leur écran

- A ceux qui aiment que les mouvements correspondent à des notes

- A ceux qui ne supportent pas la musique classique

Test réalisé par Kelanflyter