
Dans le jeu vidéo, il y a les jeux pré formatés selon les standards, et ceux qui partent dans une direction très différente. S'il reprend des codes classiques du rogue-like, Paper Cut Mansion est clairement dans la seconde catégorie. Developpé par le très jeune studio anglais Space Lizard Studio et édité par Thunderful Publishing ( Cursed To Golf, Lego BrickTales ou encore Firegirl - tous trois testés dans nos colonnes), le jeu promet en effet un mix d'action, d'exploration et de résolution d'énigmes dans un monde généré aléatoirement

Un véritable château de cartes
Le jeu commence par une introduction rappelant fortement Alone In The Dark. On y incarne Toby, débarquant fraichement de sa voiture et naviguant le long d'un sentier nocturne jusqu'aux portes d'une sinistre demeure. Mais aux grilles de la bâtisse, Toby croise une mite géante et son destin va basculer. Toute la réalité semble se bousculer dans un tourbillon déstabilisant notre héros qui perd complètement ses repères. Cette introduction - génialement chantés comme pour toutes les cut-scènes du jeu - nous met dans l'ambiance et pose le contexte. Nous entrons dans un monde où le temps et l'espace sont distendus et où le mystère règne. Toby va donc devoir résoudre le mystère des lieux en tentant de se remémorer petit à petit son propre passé. Qui est-il ? Que vient-il faire ici ? Le style graphique du jeu est très marqué, chaque élément - incluant le personnage - étant modélisé comme s'il avait été réalisé avec du papier plié et dessiné. D'ailleurs la plupart des éléments du mobilier pourront être scrutés dans tous les sens pour y trouver des indices, ou à défaut quelques pièces utiles à la progression.

Un jeu trois en un
PaperCut Mansion est un jeu complexe à expliquer car chaque niveau peut être parcouru dans trois univers différents, accessibles par des portails inter dimensionnels. Chaque univers propose une vue différente des lieux et ses propres règles et objectifs. Le Neo-Cortex est le lieu dédié à la fouille des lieux et à la résolution d'énigmes. C'est également celui où vous passerez le plus de temps. Le cerveau reptilien est la dimension dédiée aux combats contre des ennemis généralement infinis. Enfin, le système limbique est une zone froide égrenant votre vie avec le temps et qui demandera de chercher des objets perdus. A chaque étage de la maison (qui en comprend 6), une porte démoniaque vous intimera une action à effectuer avant de vous laisser passer. Selon le cas il s'agira de résoudre une énigme, d'allumer des torches dans un ordre précis ou de tuer tous les ennemis du niveau (seul cas où les monstres ne reviennent pas indéfiniment). En plus de la mission principale, il y aura à chaque étage deux PNJ vous proposant une quête secondaire dont la résolution apporte une médaille augmentant l'une de vos caractéristiques. Il est donc plus que recommandé de les effectuer, mais cela imposera de passer par chacune des dimensions et de visiter le niveau plusieurs fois. A noter que le jeu ne propose aucune carte des lieux. Votre mémoire sera donc mise à contribution pour vous repérer dans ces étages générés aléatoirement, d'autant que la caméra tourne beaucoup et vous fait rapidement perdre vos repères. Si chacun des systèmes de jeu n'est en soit pas extraordinaire et relativement limité, l'ensemble marche plutôt bien en proposant une expérience assez unique.
J'y retourne
Quoi que vous fassiez, il est très probable que vous mourriez, et plus d'une fois. De toute façon, c'est même nécessaire pour trouver toutes les preuves et résoudre le mystère, car certains éléments n'apparaissent qu'après un certain nombre de morts. Paper Cut Mansion est un rogue et est destiné à être rejoué de multiples fois. S'il faudra recommencer le jeu depuis le début à chaque décès, certains éléments seront gardés. C'est le cas en particulier des cartes qui servent de pièces d'équipement pouvant être mis dans l'un des trois emplacements (bras, tête et corps). Une fois les cartes découvertes une première fois, il est possible de commencer une partie avec celles de son choix (dans la limite des emplacements). Evidement il est toujours possible de les remplacer une fois en jeu en en trouvant d'autres. Il ne sera pas non plus question de retrouver des indices déjà récoltés ni d'effectuer à nouveau des quêtes secondaires déjà accomplies. Si vous deviez rencontrer à nouveau un PNJ que vous avez déjà aidé, il vous offrira immédiatement sa récompense ou ses services. Car en plus des 2 pnjs par niveaux, d'autres larrons peuvent vous aider de différentes manières. Le prêtre par exemple exorcise automatiquement tout fantôme qui passe à proximité, et le médecin vous prescrit contre monnaie sonnante et trébuchante des médicaments apportant divers effets. Et si vous pensiez qu'une fois le boss final terrassé, le jeu serait fini c'est vous tromper lourdement, car cela ne vous dévoilera que l'une des 27 fins possibles.

Mon avis à moi
Paper Cut Mansion est clairement un jeu atypique. Il propose une expérience ne ressemblant à aucune autre et parvient à innover dans un genre pourtant saturé. Avec son ambiance unique il pourra vous accrocher de longs moments. Il est toutefois affublé d'un équilibrage parfois douteux et d'un manque de finition évident (partiellement corrigé par des patchs). Il faudra suivre le jeu pour savoir si les prochaines mises à jour pourront le faire passer du statut de jeu sympathique à celui de valeur sûre.

A qui s'adresse Paper Cut Mansion ?
- A ceux qui aiment les jeux différents
- Aux amateurs d'escape game
- A ceux qui aiment les ambiances à la Tim Burton
A qui ne s'adresse pas Paper Cut Mansion ?
- A ceux qui aiment les équilibrages au cordeau
- A ceux qui n'aiment pas le backtracking
- A ceux qui n'aiment pas réfléchir
Johann Barnaud alias Kelanflyter
