Dans monde petit monde des T-RPG, beaucoup considèrent Final Fantasy Tactics de Squaresoft comme un mètre étalon. Etrangement peu se souviennent que deux ans avant lui l'équipe de Quest avait sorti Tactics Ogre : Let Us Cling Together et avait posé les solides bases qui seront reprises par une partie de l'équipe pour créer le jeu de Square. Plus de rivalité de nos jours puisqu'à après un rachat de Quest en 2002, SquareEnix est propriétaire de la licence, ce qui leur permettra de ressortir le jeu avec quelques améliorations sur Playstation Portable en 2010. 12 ans après, l'éditeur nous propose cette fois un Tactics Ogre : Reborn sur Switch, PC(Steam), Playstation 4 & 5 qui s'apparente plus à un remake qu'à un remaster. Voyons donc ce que vaut ce jeu, testé par nos soins dans sa version PS4 et qu'on a pu recevoir un peu avant la sortie.

Teo Torriatte

Si le jeu perd son Let Us Cling Together dans son titre officiel, il s'agit toujours bien de ce jeu qu'on retrouve malgré tous les changements qui le rendent un peu méconnaissable. On y incarne donc Denam Pavel, un jeune Wallister dont le peuple a été opprimé par les autres factions à savoir les Bakram et les Galgastanis. Après que son village a été dévasté par une bande de chevaliers noirs, il décide de rejoindre la résistance Wallister avec à ses côtés sa soeur Catiua et son ami d'enfance Vyce. L'histoire commence alors qu'ils tendent une embuscade au chef des chevaliers noirs mais se rendent compte qu'ils se sont trompés et l'ont confondu avec un homonyme exilé de son pays la Zénobie. Rapidement ils se lient à eux et décident d'aller secourir le duc Ronway, chef de la résistance Wallister. A partir de là les galons vont rapidement monter pour faire de vous un élément essentiel de la résistance. Mais les affres de la guerre étant ce qu'ils sont, les intrigues politiques vont se succéder pour compliquer les choses. Point important, à l'instar du récent Triangle Strategy (qui semble beaucoup s'inspirer du jeu), les choix que vous ferez auront une incidence sur le scénario ce qui impliquera d'évoluer sur une branche scénaristique plutôt qu'une autre. Une fois le jeu terminé il se donc possible de tenter d'autres voies pour voir les scénarii différents. D'autres choix auront des conséquences moins drastiques, en permettant de recruter ou non certains personnages, car chaque unité du jeu dispose d'un alignement (Loyal, Neutre ou Chaotique) et ne sera pas forcément en accord avec vos décisions. Le choix se retrouve également dans la gestion des troupes. Car si on retrouve des personnages clef bien identifiés, il est également possible de recruter des mercenaires inconnus, ou encore mieux de persuader via certaines compétences des ennemis de rejoindre vos rangs, et même s'il s'agit de dragons ou de golems. Petite précision importante : les textes sont intégralement en français.

Battre la campagne

En tant que T-RPG, les combats ont bien évidemment la part belle, mais entre chaque combat, le joueur se déplace sur une carte entre différents points stratégiques. En arrivant sur un point, l'histoire peut avancer en lançant une cinématique ou un combat, mais dans tous les cas, il est possible de s'arrêter pour gérer ses troupes. A vous d'équiper tout ce beau monde, non seulement avec des armes, armures et accessoires, mais également d'objets consommables, de sortilèges et compétences (actives ou passives). Il faudra là encore faire des choix car un personnage ne peut embarquer que 4 objets, 4 sortilèges et 4 compétences/ Sachez que les compétences d'armes n'évoluent que si équipées. Il est toutefois possible de changer entre les combats à loisir. Si l'équipe ne vous convient pas, il est également possible de changer de classe une unité (sous couvert d'avoir des tickets correspondant), ce qui est souvent plus intéressant que de recruter un mercenaire qui sera niveau 1. Heureusement, vous obtiendrez parfois des talismans d'expérience qui permettra de les remettre un peu à niveau. De toute manière, le niveau d'expérience d'un personnage ne peut excéder celui du groupe, fixé par l'avancement dans l'histoire. S'il est alors possible de faire un peu de farming grâce aux combats d'entrainement (manoeuvres), il n'est pas possible d'en abuser, ce qui permet de garder toujours un peu de tension dans les combats. A ce sujet, lorsqu'un personnage perd tous ces points de vie, il tombe dans le coma (nouveauté de cette version Reborn). Ce n'est qu'après un certain nombre de tours de jeu qu'il décèdera vraiment, à moins qu'un compagnon vienne utiliser un objet pour le remettre sur pied, ou que le combat se termine avant. S'il décède, c'est alors définitif, comme dans un Fire Emblem. Enfin, si vous arrivez dans certains lieux, un magasin permet de s'approvisionner en équipement, et même de forger des améliorations à l'aide d'éléments de craft trouvés çà et là. Sinon, vous aurez l'accès à un glossaire complet des lieux et personnages, l'accès aux dernières rumeurs du pays, un mode Jukebox et une visualisation complète de votre progression dans l'arborescence de l'histoire.

Combats en 3D Isométrique

Les combats sont bien entendu le point névralgique d'un jeu du genre. Tactics Ogre : Reborn propose donc de les faire dans un environnement en 3D isométrique (il est possible d'avoir une vue du dessus parfois pratique à volonté) afin de mettre en avant les hauteurs dans l'environnement qui a ici une importance capitale. Il ne s'agit pas simplement de faire plus ou moins de dégâts, mais également d'accentuer la distance de tirs à distance ou d'obstruer la vue. Les cartes sont souvent étriquées et faire progresser une équipe de 12 personnages au maximum dans des escaliers étroits est souvent fastidieux. N'hésitez donc pas à faire appel aux unités volantes qui auront plus de facilité à contourner les goulots d'étranglements. A noter qu'un personnage dans un renfoncement permet de faire office de marchepied pour les autres. Les combats se déroulent au tour par tour selon un ordre dépendant de la vitesse de réaction du personnage ajouté au délais de réaction de l'action précédente.  Il est donc parfois judicieux de ne pas agir. A chaque tour une unité peut se déplacer, effectuer une action et lancer une compétence, dans l'ordre de votre choix. A chaque fin de tour, il est ensuite important de choisir la direction du personnage, car une attaque de côté ou pire de dos augmentera les chances de critique. A noter d'ailleurs qu'une attaque critique, en plus d'augmenter les dégâts, a pour effet de faire reculer l'ennemis d'une case, ce qui augmente encore les dégâts si cela le projette contre un mur ou le fait tomber de haut. C'est un élément essentiel du gameplay car de manière aléatoire, des bonus appelés cartes atouts apparaissent sur la carte. Les cartes bleues augmentent des caractéristiques le temps du combat, les verts (plus rares) les augmentent de manière définitive, mais les cartes rouges annulent tous les effets de cartes bleues. Il faut donc veiller à ne pas se faire projeter dessus et au contraire tenter d'y bousculer les ennemis qui eux aussi peuvent prendre ces cartes. Si vous n'êtes pas satisfaits d'une action, il est possible de remonter légèrement le cours du temps grâce à la roue du destin (à usage limité par combat) pour tenter une autre approche. Les objectifs sont généralement les mêmes vaincre le général ou vaincre tous les ennemis. Il sera toutefois parfois question de sauver un pnj qui pourrait bien vous rejoindre après.

Mon avis à moi

Avec sa bonne durée de vie liées à une rejouabilité poussée, Tactics Ogre : Reborn vous en donnera pour votre argent. Les combats n'ont certes pas le rythme et la diversité de ceux d'un Triangle Strategy, mais ils n'en restent pas moins tendus avec un véritable sens de la tactique et du positionnement. Et comme l'histoire est passionnante et impliquante, difficile alors de ne pas vous le conseiller.

A qui s'adresse Tactics Ogre : Reborn ?

- Aux amateurs du jeu d'origine

- Aux férus de T-RPG

- A ceux qui aiment les jeux à embranchements

A qui ne s'adresse pas Tactics Ogre : Reborn ?

- A ceux qui n'aiment pas le permadeath

- A ceux qui ont du mal avec la 3D isométrique

- A ceux qui aiment la variété des objectifs

Johann Barnaud alias Kelanflyter