Perle méconnu de l'Amiga, Apidya est pourtant un titre vénéré par ceux qui ont eu l'occasion de s'y frotter à l'époque. Il n'en faut pas moins à l'éditeur Inin Games pour se pencher dessus et nous sortir une version modernisée pour les supports actuels appelée Apidya Special.

Disponibilités et conditions de test
Le jeu Apydia d'origine est sorti en 1992 sur Amiga 500. Le remake Apidya Special est disponible depuis le 25/08/2026 sur Nintendo Switch, Playstation 5, Xbox Series et PC (Steam). Il est proposé au tarif de 19.99€ (avec une réduction de lancement à 17.99 sur Steam). Le test du jeu a été réalisé à partir d'une version Nintendo Switch fournée par l'éditeur et lancée en mode portable sur une Nintendo Switch 2.
Distribution de miel pour tous
Apidya Special vous met dans la peau d'un prénommé Ikuro, dont la femme a été empoisonnée par des insectes. Bien entendu, il ne s'agissait pas d'insectes lambda, mais de sbires du sorcier Hexäa. Notre bon Ikuro utilise alors un artefact pour se transformer en abeille, partir en guerre contre les nuées du sorcier, s'approcher du château et trouver un antidote pour sa belle. Certes c'est capillotracté, mais bon c'est un shoot'em'up et c'est un prétexte pour aller shooter en pagaille. Une partie d'Apidya se déroule sur 5 niveaux découpés chacun en plusieurs stages. Les décors sont plus variés qu'il n'y parait. Le premier niveau est une vaste prairie, le second un étang, le troisième un conduit d'égouts, le quatrième sera une base mécanique et le dernier je vous laisse la surprise. Le jeu n'est pas fondamentalement long, mais il est suffisamment difficile pour vous retenir un moment si vous jouez le jeu à l'ancienne sans trop vous faciliter la vie avec les options. En effet, à l'instar des R-Type et autres Pulstar, une moindre touchette sur un ennemi, un de leurs tirs ou d'un élément du décor se traduit instantanément par la perte d'une vie et la reprise au dernier checkpoint. Petite fleur comparée à R-Type, vous perdrez un peu d'armement mais ne repartirez pas à zéro, c'est déjà ça de prit. Mais dans les options, les plus impatients peuvent activer le fait de ne pas descendre en armement en cas de vie perdue et/ou de continuer le jeu sans repartir du checkpoint (sauf en cas de perte de continus). Autant dire que ça facilite grandement la vie. Il est aussi possible de jouer sur le niveau de difficulté global, le score à atteindre avant de gagner une vie supplémentaire ou sur le nombre de crédits disponibles (en cas de perte d'un crédit par contre vous reprenez en arrière). A noter que si vous jouez en facile ou moins, le dernier niveau ne sera pas accessible, l'écran de fin apparaissant alors lorsque vous battez le boss du quatrième acte. En plus des niveaux classiques, le jeu contient un certain nombre de niveaux bonus pas forcément faciles mais difficiles à dénicher et totalement optionnels, histoire de vous rajouter un peu de sel pour les parties suivantes.

Un tir à la carte
Niveau gameplay, la prise en main du titre est assez simple. Un bouton permet de tirer en automatique, un autre en manuel (avec possibilité de laisser appuyer sur la touche pour charger un gros tir façon R-Type). Pas de module à gérer ou de tirs secondaires, mais en revanche, l'évolution de la puissance de feu se fait à la manière d'un Gradius. C'est à dire que certains ennemis vont lâcher des bonus en forme de fleur rouge. En attraper une fera avancer votre barre de bonus en bas de l'écran. Une fois le bonus qui vous intéresse atteint, activez le bonus pour l'obtenir, ce qui videra votre barre. Ce système qui a fait ses preuves marche admirablement bien vu qu'il permet de jouer à la carte selon votre manière de jouer et - si vous connaissez bien le jeu - en fonction des besoins du niveau. Il est déconseillé de trop prendre de bonus de vitesse (le premier) car le maniement de l'abeille risque de devenir compliqué. N’oubliez pas que toucher le décor est synonyme de mort assurée. Au passage, il est vivement conseillé de jouer en utilisant la croix directionnelle de votre manette ou de jouer au clavier, car le stick analogique manque de précision dans les recoins sensibles. Pour ceux qui ne souhaitent pas réfléchir, le choix des bonus peut être paramétré sur automatique. Dans le cas contraire, ce sera à vous de choisir votre mode de bombes (vers le bas ou bas et haut), de choisir entre le tir en éventail (spread), le laser aux rayons horizontaux et le tir concentré (Pulsar). Si vous économisez assez, n'hésitez pas à acquérir un ou deux drones qui servent à augmenter la capacité de tirs, mais également à vous protéger contre les petites boulettes ennemies. Enfin, en bout de barre se trouvent le bouclier protecteur (qui vous protège contre les même boulettes) et le bonus de diminution de la vitesse au cas où vous vous seriez un peu emballé. Dans tous les cas, une connaissance parfaite des niveaux sera obligatoire, car la difficulté est bien présente (même en facile) et les ennemis vicieux arrivent de tous les côtés sans crier gare. Profitez de chaque recoin du décor pour vous abriter quand c'est possible et retenez votre frustration jusqu'à ce que vous ayez assez d'expérience sur le jeu pour anticiper les apparitions des ennemis.
Pas un simple émulateur
Contrairement aux habitudes de l'éditeur, Apidya Special n'est pas une simple rom émulée avec quelques options de confort. Il s'agit d'un portage complet avec quelques améliorations bien senties. En premier lieu, on note une refonte graphique notable. On ne s'en rend pas forcément compte tout de suite, mais si on utilise le bouton de tranche droite de la manette pour basculer entre le mode remake et le mode original on voit la différence, d'autant qu'on profite au passage d'un écran plus large, permettant de mieux voir arriver les ennemis. La barre de bonus est plus lisible, de même que les vies restantes, et certains décors ont été ajoutés ou refaits. Il faudra par contre choisir dès le menu de départ si vous souhaitez les musiques entièrement réorchestrées ou celles d'origines. Dans les deux cas c'est un excellent travail de Chris Hülsbeck (connu principalement pour ses incroyables compositions de Turrican sur Amiga). Il est possible de jouer également sur des effets de scanline pour reproduire un effet CRT. Il est possible de reprendre une partie laissée en suspens, et de recharger à ce point en cours de partie, mais n'espérez pas de savestates classiques ni de Rewind. Si le jeu original proposait un jeu à deux en alternance ou avec un mode simultané un peu bâtard (le second joueur dirigeait une abeille plus petite avec moins de puissance de feu mais permettant de bloquer quelques boulettes à la manière d'un drône), ce remake propose un jeu à deux complet permettant de ne pas frustrer le second joueur. Le jeu semble proposer également des évènements aléatoires en jeu comme le night mode qui change le cycle jour/jour et modifie l'apparence de certains ennemis. Aucune idée sur ce qui fait apparaitre ces événements, nous n'y avons pas été confrontés (peut-être dans les difficultés supérieures).

Mon avis à moi
Apidya Special propose de redécouvrir ce hit de l'Amiga 500. Forcément, et ce malgré les améliorations de confort apportées, on se retrouve avec un jeu de cette époque, bien retors comme il faut. Il est donc important de savoir dans quoi on se lance. Vous n'êtes pas là pour vous plaindre de la difficulté, mais pour apprendre à la dure jusqu'à maîtriser le jeu sur le bout des doigts. Si vous avez ce qu'il faut pour tenir le choc, alors tentez le coup.

A qui s'adresse Apidya Special ?
- Aux amoureux de l'Amiga 500
- Aux fans de shoot'em'up micro à l'ancienne
- A ceux qui aiment souffrir
A qui ne s'adresse pas Apidya Special ?
- A veux qui se frustrent rapidement
- A ceux qui préfèrent les manic shooter (bullet hell)
- A ceux qui auraient aimé plus de contenu bonus (artworks, commentaires des devs...)
Test réalisé par Kelanflyter

