Ça y est. C'est finis. Harry Potter c'est finis. Oh je ne doute pas que la licence ait encore des surprises dans son chapeau pointu, mais ça y est, l'histoire de Harry Potter est arrivée à son terme. En livre depuis quatre ans. Aujourd'hui en film. Et si à la dernière lettre du dernier livre, j'étais triste de quitter ce héros avec lequel j'ai grandi, sans rancune aucune envers J.K Rowling, l'auteur de la saga, une grande dame, je suis en revanche triste et amer au moment où j'écris ces lignes et ce depuis que les lumières se sont rallumées dans la salle de cinéma. David Yates tu nous as volé le film de nos rêves.

Avant toute chose, avant de vous expliquer pourquoi je suis dégouté, pourquoi je pense que David Yates a tout simplement raté l'inratable, je vais devoir remettre en lumière rapidement l'état d'esprit dans lequel je suis allé voir le film. Harry Potter c'est ma saga chérie. Je ne suis pas un grand littéraire, j'ai choisi le jeu vidéo et le cinéma et ça me prend suffisamment de temps pour que je ne puisse pas bouffer du papier autant que de la pellicule, autant que je le voudrais donc, mise à part pour mes études. Pourtant Harry Potter c'est l'un de mes univers préférés tous médias confondus. Quand les livres ont pris fin, j'étais triste avec un sentiment de vide intense, de celui que je n'ai ressenti qu'à la fin du Retour du Roi au cinéma. Les films m'ont toujours laissé un sentiment mitigé. Entre le plaisir de retrouver Harry et l'univers de J.K Rowling et la frustration certaine du « ah je ne l'aurais pas fait comme ça ».

 

Oh non, je ne l'aurais certainement pas fait comme ça...

J'ai pourtant adoré la première partie des Deathly Hallows, les Reliques de la Mort, un film qui pour moi avait tout compris en omettant bien sûr une part importante du livre (Dumbledore et ses secrets) pour se focaliser sur la fuite en avant et la quête suicidaire de Harry. Il composait à la fois avec une très belle réalisation (photographie, décors et effets spéciaux proches de la perfection) et un script bien écrit qui s'arrêtait quand il le fallait. J'étais donc confiant, vraiment confiant, me disant que c'était la bonne, qu'après la première partie épique mais aussi forte en ambiance et en scènes posées, on aurait droit au final apocalyptique décris par Rowling il y a quatre ans. Il n'y avait qu'à le mettre en images...

 

Pourquoi Harry Potter et les Reliques de la Mort partie II est un film moyen?

 

"Bon Rupert, t'inquiètes pas pour les vannes, ce coup ci c'est pas toi qui t'y colles!"

Il y a une chose que j'ai pardonné précédemment à David Yates, réalisateur des quatre derniers films (L'Ordre du Phoenix, Le Prince de Sang-Mêlé et les deux Reliques de la Mort) c'est son absolue nécessité de créer de la comédie quand cela n'était pas nécessaire, au risque de rendre certaines scènes passablement ridicules. Dans le supplément du Empire de Juillet 2011, le portrait de Daniel Radcliff, l'incarnation filmique de Harry Potter, est illustré par une phrase du réalisateur qui est la suivante: « I think he found Half-Blood Prince a bit too light (à propos de Daniel Radcliff). I remember very early on, he came into my office and said "David, I just think this is a little bit silly, isn't it?". I said, "Dan, no, no. We've got plenty of dark stuff coming up; let's enjoy the playfulness" »

Pour les non-anglophones, cela signifie que David Yates aime la comédie et qu'il la justifie par le fait que le drame arrivant il fallait profité de ces petits moments un peu idiots ma foie, des volets précédents. Pourtant, il n'y a pas renoncé pour ce tout dernier opus. C'était l'occasion idéale, du pain béni pour offrir des combats spectaculaires que Peter Jackson ne renierait pas, mais Yates a préféré ruiner la majorité des scènes fortes en les désamorçant avec des répliques de bas étages et des choses façon Peter Parker dans Spidey 3, ne se servant plus seulement de Ron (l'excellent Rupert Grint) pour ce genre de passages. Le résultat est sans appel, les effets font rire jaune.

 

Neuville est le premier à souffrir de ces effets comiques. Il prenait pourtant enfin un rôle de meneur...

Si c'est le grief majeur que je peux associé à ce dernier opus, ce n'est malheureusement pas le seul défaut. Là où j'avais personnellement trouvé la première partie du final très bien rythmée, j'ai trouvé cette seconde beaucoup trop mal équilibrée. Les premières scènes d'actions arrivent à une vitesse folle et se déroulent de manière trop abrupte. Il n'y a pas vraiment de temps morts, mais pas vraiment non plus de moments qui jaillissent alors qu'on parle quand même de la bataille finale. De plus scénaristiquement et même si je vais y revenir après, le film expédie de manière désagréable ce qui normalement scelle l'ensemble des sept livres. En tant que fan, je sais parfaitement ce qui se passe; je ne suis pas persuadé que ceux qui ne connaissent le sorcier qu'à travers les films s'y retrouvent...alors que c'était plus évident dans les films qui ont précédés. Pour finir, l'illustration musicale est catastrophique et ne colle jamais à ce qui se déroule sur l'écran, ce qui est quand même carrément hallucinant.

 

Pourquoi Harry Potter et les Reliques de la Mort partie II est une adaptation sabordée? (SPOILER du livre)

 

Ils sont passé où mes frissons à ce moment là?

Je ne vais pas prendre de pincettes, David Yates a massacré un travail tout prêt. Il n'y avait rien à faire à part tout mettre en image et trouver sous quel plan filmer chaque séquence. L'exemple le plus flagrant de ce gâchis est la mise à mort de Nagini. Le livre met en scène cette mort de manière efficace au possible. Neuville s'approche de Voldemort qui croyant Harry décédé, a libéré son serpent de sa bulle protectrice. Neville tranche alors la tête du serpent et c'est partie pour une bataille finale qui explose la moitié du château encore debout après les premières hostilités.

Je ne vais pas vous dire précisément ce qu'en a fait Yates, mais autant vous dire que c'est mal vu. Le pire c'est que l'affrontement final est une honte et qu'une fois achevé, on a la forte impression que tout le monde s'en fout. Dans un dernier souci de vouloir nous indiquer que tous ces morts et toute cette bataille n'étaient qu'une vaste blague, le réalisateur ne peut s'empêcher de filmer le concierge de l'école en train de balayer connement un couloir rempli de gravas comme si tout cela n'avait été qu'une fête d'étudiant qui avait dégénéré. Je n'évoque même pas l'épilogue qui met en scène Daniel Radcliff et ses amis 19 ans plus tard...encore une fois l'acteur avait dit dans une interview accordée à CinéLive il y a un an qu'il ne désirait pas être vieilli artificiellement si cette scène devait être tournée mais qu'il laisserait volontiers sa place à un acteur plus âgé. Encore une fois on ne l'a pas écouté et c'est très dommage.

Le pire dans tout cela reste les morts qui perdent toute leur puissance émotionnelle qu'elles soient tristes ou réjouissantes. Fred Weasley, Lupin et Tonks qui décèdent sans même qu'on leur rende justice et Bellatrix qui se fait battre en deux sorts un peu rapide, alors qu'elle est censé être l'une des plus grandes mange-morts. Non vraiment, la mort dans ce dernier opus est vaine et c'est d'autant plus dommage que celle de Doby dans la précédente réalisation était elle plutôt bien rendue.

Je suis donc dépité. Dépité de voir un tel gâchis, dépité de me dire que ce gâchis est le dernier film sur la vie de ce sorcier que j'aime tant. J'avais trouvé le troisième volet pas génial, le sixième également, mais il y avait encore du temps et un dernier opus qui ne pouvait qu'être bon en suivant simplement ce que J.K Rowling avait écris. Pourtant ça y est David Yates a mis fin à cela, s'imaginant qu'il ne fallait pas prendre tout cela au sérieux alors que c'était précisément le moment de le faire et surtout en loupant la partie la plus facile après une première partie réussie malgré les embûches scénaristiques. Tout n'est pas à jeter certes; voir Minerva McGonagall montrer sa puissance dans un rapide duel avait quelque chose de très jouissif, la technique et la direction artistique étant toujours excellente comme sur les trois volets précédents. Seulement ce n'est pas assez, clairement pas pour rivaliser avec ce qui était faisable. La bataille semble n'être qu'une toile de fond, les morts que des événements mineurs, le dernier duel une mascarade et un déshonneur comparé au livre. David Yates tu ne l'emporteras pas au paradis...paroles de sorcier.

 

Comme d'habitude, un mot sur la 3D relief. Elle apporte ce que la 3D doit apporter, un peu d'immersion en plus. Pas plus pas moins. Comme elle est bien réalisée, ça m'a fait plaisir sur ce point technique. Pas de quoi crier au génie, mais l'utilisation est efficace.