Plus qu'une semaine avant de voir le film que j'attends le plus depuis fort longtemps. Le retour de Guillermo Del Toro après Hellboy 2. 5 ans après de nombreux projets avortés (dont le Hobbit, repris par Peter Jackson), voici enfin le long métrage qui s'annonce comme un sommet de spectacle. Mais je sais bien que parmi vous il y a des sceptiques, c'est pourquoi je vous propose les 5 points majeurs qui font que pour moi l'attente est juste insupportable. 

 

 La renaissance du Kaiju Eiga

Le Kaiju Eiga est le terme qui défini le film japonais de monstres géants. Le pionner étant bien sur le Godzilla de Ishirō Honda (1954). Le genre aura été très prolifique jusqu'au années 80, pour devenir ensuite très discret (à deux/trois exceptions près). Il aura aussi bien du mal à s'exporter hors du Japon. On se rappelle douloureusement du remake américain de Godzilla par Roland Emmerich (maître du film catastrophe, dans tous les sens du terme), avec un Jean Reno mangeur de chewing-gum, et un film déchargé de tout le message social de l'original (le traumatisme nucléaire). Les seuls apports convaincants récents auront été le génial The Host du coréen Bong Joon-ho, et le superbe Monstersde Gareth Edwards (qui tourne en ce moment même un nouveau Godzilla pour Legendary pictures).

Pacific Rim s'annonce comme une véritable déclaration d'amour au genre. Les créatures empruntant directement le nom Kaiju. Il ramène donc sur le devant de la scène le gigantisme des monstres qui a tant manqué au cinéma.

 

 Guillermo Del Toro

L'univers du cinéaste mexicain est l'un des plus reconnaissable de mémoire récente. Que ce soit dans le fantastique espagnol (L'Échine du Diable et Le Labyrinthite de Pan), ou dans l'adaptation de comic book (Blade 2, les deux Hellboy), sa filmographie propose des background riches et travaillés. Ses obsessions pour les insectes, les mécanismes d'horlogerie, ou tout simplement les monstres, se transmettent de films en films. Quand il débarque dans la franchise Blade, il apporte avec lui une esthétique qui manquait terriblement au premier film. Quand il s'attaque à Hellboy, il propose une imagerie qui dépasse le matériau d'origine. Del Toro est un amoureux du fantastique pur, un ami des monstres. Il le dit lui même : 

"La fascination que j'éprouve pour eux est quasiment anthropologique... Je les étudie, je les dissèque dans bon nombre de mes films : je veux savoir leur mode de fonctionnement, de quoi ils sont faits, et quels êtres sociaux ils sont" 

Pour Pacific Rim, l'inspiration de Lovecraft est clairement visible dans les quelque extrait mis à disposition en ligne. Le design plutôt rétro des Jaeger (les robots géants) confesse lui, un refus de tout filiation avec les immondes Transformers de Michael Bay et un hommage à la science fiction d'antan. On est en droit d'attendre un visuel léché et gargantuesque.

 

 

L'équipe créative

Mais l'imaginaire de Del Toro ne serait rien sans une équipe de haut niveau pour matérialisé les visions du réalisateur. Et encore une fois il est vraiment bien entouré. Au niveau de la photographie il se tourne à nouveau vers Guillermo Navarro, fidèle à Del Toro depuis Cronos (seuls manquent Mimic et Blade 2), il est aussi connu pour avoir travaillé sur Une nuit en Enfer ou encore Jackie BrownNavarro est le plus à même de sublimer l'imagerie de Del Toro grâce à des couleurs chaudes qui donnent une incroyable personnalité aux décors. Décors qui sont supervisé par plusieurs habitués du cinéma de David Cronenberg, argument de poids sur leurs CV. Une production design de choix qui a déjà permis au cinéaste de marquer ses multiples influences mythologique (celte et arabe entre autres) qui s'écartent un peu du carcan gréco-romain. Le contexte international de Pacific Rim permettra d'aller plus loin encore. Il suffit de se rappeler de l'exceptionnel marché des trolls de Hellboy 2 pour être sûr que cette effervescence culturelle sera bel et bien présente dans les grandes ville mondiales victimes des kaiju. Ajoutons à cela, que les films de Del Toro paraissent le double de leur budget. À titre d'exemple, Hellboy 2 n'a coûté "que" 80 millions de dollars, et met la dragée haute à du Transformers ou du Pirates de caraïbes qui dépassent allègrement les 150. Le spectacle visuel risque d'être total.

 

 

Ce ne sera pas du "America Fuck Yeah"

Une des craintes d'un blockbuster américain de cette ampleur, est que tout l'héroïsme repose sur les épaules des américains sauveurs du monde libre (triste souvenir duIndependance Day de Roland Emmerich). Heureusement, l'initiative Jaeger est une entreprise internationale. Plusieurs pays ont droit à leur propre avatar mécanique. Même si Gipsy Danger (le Jaeger US) est mis en avant, il est à parier que chaque robot aura droit à son heure de gloire. 

Et comme dit plus haut, le mélange des cultures n'est pas étranger au cinéma de Del Toro. Et il a déjà mis en valeur une équipe hétéroclite dans Blade 2. Le blood pack est un parfait exemple de troupe d'élite iconique qui crève l'écran. Les binômes qui pilotent chaque Jaeger ont de grande chances d'être savoureux. 

 

 

Le neural handshake

Voici personnellement une de mes plus grosse attente. Les Jaeger nécessitent deux pilotes aux commandes de ces monstres d'acier. Mais le binôme doit d'abord synchroniser leurs cerveaux. Le neural handshake permet aux deux pilotes de partager tous leur souvenirs, et de fusionner leurs esprits. Les deux personnages sont donc dans un rapport allant vers le plus qu'intime. Ils doivent faire corps avec les forces et faiblesses de son partenaire. Cela promet une caractérisation des personnages riche et passionnante. Et j'ai également hâte de voir la mise en image de cette connexion. Les idées visuelles peuvent potentiellement être immense. Le peu que l'on en voit dans les bandes annonces donnent déjà des frissons. On tient là l'argument narratif qui prouve que le film ne sera pas juste que "des robots et des gros monstres qui se fouttent sur la gueule". J'éspère qu'il y ai des chances que vous ne pensiez plus ça également.

 

 

Voilà, si avec cet aperçu, je n'ai toujours pas réussi à vous convaincre d'aller voir Pacific Rim, j'ai une dernière cartouche (et encore un peu de lecture). Il y a peu Warner a diffusé une preview de 15 minutes pour la presse. Capture Mag, le successeur spirituel de Mad Movies (et une des rares critique française crédible), a pu assister à cette séance et livre un papier sur le sujet qui laisse songeur. Le lien tout de suite :

http://www.capturemag.net/cetait-demain/15-minutes-au-paradis/