L'été, c'est un peu la période creuse de l'année où le nombre de projets est en diminution que ce soit dans le cinéma, le jeu vidéo ou la musique. Jay-Z et Kanye West ont choisi ces deux mois de tranquillité pour dévoiler leur Watch The Throne aux yeux du monde.Les deux compères se retrouvent comme à l'époque du premier album de Jigga, The Blueprint, avec en plus un Kanye West au micro. Des productions qui font mouche au flow des MC qui se déversent mais est ce la recette d'un nouveau succès ? Réponse dans les lignes qui suivent.


Ce Watch The Throne est disponible depuis le 8 août sur l'Itunes Store et débarquera le 15 août en format physique. Il se compose de 14 tracks dont 4 morceaux de plus pour l'édition Deluxe.

On commence par le premier titre qui se nomme No Church In The Wild, on y retrouve 4 samples de trois artistes différents : Spooky Tooth,James Brown et Phil Manzanera. Le travail fait dessus est bon, le mélange opère bien. Ajouté à cela la voix de Franck Ocean on obtient une ouverture d'album plutôt intéressante. On arrive ensuite au  featuring  avec Beyoncé sur la chanson Lift Off. La production est bien mais vite saoulant à cause de la femme de Jay-Z, vraiment pas accroché .Passons. Suis le troisième morceau Niggas In Paris, enfin quelque chose de bien hip-hop avec cette grosse basse qui délivre du lourd comme on dit. Les deux stars semblent à l'aise sur la track avec une préférence pour Jay-Z qui livre une belle prestation. Le morceau Otis dont on entend beaucoup parler sur la toile prend le relais. West reprend le titre  Try A Little Ternderness d'Otis Redding. Déjà que l'original était très bon, l'emploi de ce sample est ingénieux. On retrouve quelque chose qui sent l'époque de College Dropout ou Late Registration de Yeezy.Vient le tour de Gotta Have It avec un travail très correct des Neptunes (Pharrell Williams) à la prod. Le titre a un côté oriental avec le petit fredonnement féminin. L'ensemble est vraiment très agréable. Sur ce sixième morceau, Mr West a invité RZA du Wu-Tang Clan à la prod pour nous livrer le titre New Day avec l'emploi de Feeling Good de Nina Simone. Là aussi l'original est déjà très bon. L'ajout du vocoder dans la voix de la chanteuse rend vraiment bien ainsi que les cuivres qui donnent un aspect majestueux à la track. Un vrai régal pour les oreilles. On termine la première partie de l'album avec le titre That's my Bitch qui est entraînant, ça donne une folle envie de danser. Derrière la track, on retrouve le génial Q-Tip qui s'inspire de son Move sur son dernier album. C'est La Roux qui s'occupe du refrain, sa voix colle très bien. Le morceau fait des merveilles, ça swing !

On reprend avec la track inaudible de Swizz Beatz, Welcome To The Jungle. Le mari d'Alicia Keys signe la chanson la plus chiante de l'album, elle ressemble beaucoup à On To The Next One qu'il avait fait sur The Blueprint 3 de Jay-Z. On dirait que le titre veut s'imposer dans notre tête.On continue avec le titre Who Gonna Stop Me. La première chose qui « choque » c'est que le morceau est dans la veine du dubstep, cette nouvelle branche de l'électro. En fait, les deux premières minutes sont un copier/coller du titre I Can't Stop de Flux Pavillon avec juste l'ajout de vocaux. Pas vraiment original. Les deux dernières minutes sont plus intéressantes, la prod est toujours électro mais passe vraiment bien. Swizz Beatz peut aussi faire quelque chose de bien comme le prouve la chanson Murder To Excellence. Les chœurs des enfants et les voix des MC font un bon mélange. Puis à 2 minutes 50, l'ambiance change pour donner un son qui semble plus triste, plus solennel. La track suivante se nomme Made In America, le Louis Vuitton Don n'est pour une fois pas à la prod. La voix de Franck Ocean ressemble un peu à celle de John Legend de même que le titre semblerait destiné à ce dernier. Un titre sympa mais pas transcendant. On finit la version standard avec le titre Why I Love You qui est juste un copier/coller du I Love U So de Cassius avec l'ajout des voix des MC. L'original est déjà très bien, un meilleur travail aurait pu être fait. Pas innovant pour un sou.

La version Deluxe comporte quatre autres titres qui sont peut-être plus intéressants que certains de la version normale. Le premier titre bonus est Illest Motherfucker Alive et débute par un blanc qui va durer trois minutes, on ne sait pas pourquoi. La chanson commence alors.par la fin de New Day puis s'engage vraiment. On sent l'influence de West sur ce morceau, les chœurs rendent le tout très « grand ». Ce titre annonce d'une façon la chanson H A M. Derrière ce titre de trois lettres, on retrouve un jeune producteur Lex Luger (20 ans), qu'on devrait suivre car son travail sur ce son est remarquable. J'ai eu un peu peur au début car ca commence comme un morceau sudiste à la Rick Ross puis ca part pour faire des étincelles. On se retrouve devant quelque chose de guerrier à l'instar de Kratos le héros de God of War ou de Léonidas, le spartiate du film 300. Ce titre ne devrait pas que figurer en tant que bonus vu la puissance qu'il dégage, il aurait dû être inclus dans la version standard. Vient le tour de Primetime, une track plutôt expérimental je trouve, là aussi je n'accroche pas beaucoup. Le piano s'accorde bien mais le rythme n'est pas cohérent. Le dernier bonus se nomme The Joy et comme à son habitude, Kanye West sample un morceau de Curtis Mayfield avec l'aide de Pete Rock. The Making of You de Mayfield est déjà savoureux, les changements opérés rendent la chanson forte agréable grâce à la voix de Curtis Mayfield.

Watch The Throne est donc un bon album de Hip-Hop mais est en dessous des deux derniers albums solos de Jay-Z et Kanye West. Je ne l'attendais pas et j'ai bien fait, ça sera seulement un bon album pour l'été. Les productions sont vraiment trop moyennes, la prise de risque est minime. Mais connaissant la force du marketing et toute la hype qui se dégage de ce projet, nul doute qu'il se vendra que ce soit sur Itunes ou en format physique. Ils sont au moins assuré de se payer un trône.