Un petit Fincher en ce dimanche enneigé ?

The Game est le troisième métrage du réalisateur de Se7en ou plus récemment du remake de Millenium. Grand réalisateur s'il en est, Fincher nous propose de plonger avec ce film dans sa sombre vision d'une société où seul l'argent et l'égoisme font lois.

Synopsis : 

NIcholas Von Orton est ce que l'on peut appeller un modéle de réussite. Travaillant dans le milieu des transactions financières, possédant une immense demeure et n'ayant aucun problème d'argent. Seul petite ombre au tableau, le divorce avec sa femme. C'est lors de son anniversaire que Nicholas recevra de la part de son jeune frère, une étrange carte lui proposant de participer à un jeu...

Cast et Réal' : 

Michael Douglas en tête d'affiche jouant le rôle de Nicholas Van Orton. Rôle lui allant à la perfection, Douglas jouant avec brio l'homme riche désabusé, aigri et sans aucune considération pour autrui. C'est Sean Penn que nous retrouvons dans le rôle de son jeune frêre fraichement sorti d'une cure de désintoxication. Aux côtés de ces hommes, Deborah Unger s'en sort pas trop mal en tant que serveuse croisant la route de Nicholas.Deborah, pours les gamers, jouera Dahlia Gillepsie dans l'adaptation ciné de Silent Hill. Du beau monde en somme pour ce film.

Comme cité précedemment, The Game est le troisième film de David Fincher. C'est deux précédents films étant alien 3 et Se7en. Très bon réalisateur, Fincher le prouvera encore une fois avec ce film. Tout est clair, lisible et va à l'essentiel dans sa mise en scène. 

Une grande force du film est cette capacité de toujour rester dans le flou quant à la présence du jeu durant le film. Quand est ce que le jeu commence ? Qui fait partie du jeu ? Qui est derrière le jeu ? Tout le film réussira à garder ce suspens tout du long tout en gardant toujours cette ambiguité permanente.

Un jeu : 

Sous couvert de l'utilisation du principe de jeu, Fincher nous montrera sa vision de la société ainsi que de l'individu. Se servant ainsi des mises en situation du héros pour traiter les travers du monde actuel. Le film se voulant tout d'abord comme une critique de la réussite américaine, réussite enrichissant quelques personnes et laissant sur le carreau bons nombres de pauvres. 

Cette critique se fera par la mise en place d'un système, le jeu, brisant chaque point de la réussite de ces fameux Golden Boys. 

Tout commencera par un simple refus. Le refus d'un homme pour participer à un jeu. Nicholas se voyant refuser de participer à ce système pour des raisons qui lui resteront à jamais inconnues. De ce refus, se faisant à la suite de simples tests mentaux et physiques du héros naitra la première critique de Fincher. L'impossibilité de réussite sur une simple question physique ou mentale pour cette homme à qui l'on a jamais rien refuser où l'echec n'est pas possible.

Puis le film s'attaquera aux blessures "personnelles" de notre héros. Faisant ainsi apparaitre une femme, d'abord semblant hors de tout soupçon puis jouant sur l'ambiguité, elle incarnera ce qui fait défaut à Nicholas, une présence féminie à ses côtés. Une présence forte refusant l'homme pour ce qu'il est à savoir Nicholas, riche et dédaigneux envers les gens. 

C'est aussi du côté des vieux démons de Nicholas que l'on trouvera cette réflexion sur le suicide. L'associant à l'échec pour le héros, cette idée passera toutefois dans l'esprit de Nicholas quand tout semblera contre lui, quand il n'aura plus le courage d'affronter. Mourir quand on a plus rien. 

Ainsi, chaque élément du film servira à briser cet homme pour le dépouiller de tout ce qui faisait ce qu'il était, le rendre ainsi nu et vierge. 


Une renaissance :

Ce n'est qu'aprés avoir dépouillé ce golden boy que Fincher mettra à mort ce personnage pour lui permettre de renaitre. C'est ainsi par le biais du cercueil que Fincher opérera cette transformation. Nicholas se réveillant dépouillé de tous ses biens dans un pays étranger. Seul sa montre reste à son poignet, vestige d'un ancien temps ou simple souvenir de son pére. 

Par ce procédé, Fincher nous présentera un héros vierge d'influence, n'ayant rien à perdre et ne cherchant ainsi que les réponses à ses questions. De là, commencera cette quête d'un homme devant apprendre ce qu'il n'a jamais su faire. Commencera les galères d'argents, les transports en commun etc... Ce qui parait anodin pour nous est pour cette homme quelque chose de nouveau. Ces moments renforceront l'idée de renaissance. 

 

Oui mais...:

Au delà de toutes les bonnes intentions de Fincher pour nous présenter cette société pourrie par le biais de cette homme, la sauce ne prend pas. La faute à un message d'un optimisme navrant. L'idée de ce Golden Boy repenti, ayant apparit de ses erreurs et comprenant ainsi la souffrance d'autrui ne fonctionne pas. 

L'homme que l'on nous présentait d'un égocentrisme ahurissant au début du film ne peut être celui que l'on retrouve à la fin. C'est malheureusement là que le film pêche le plus. Car malgré une excellente intrigue, ainsi qu'une réalisation aux petits oignons, le message sous-jacent n'est pas crédible. L'idée d'une redemption tombe à plat. 

Mais que mon pessimisme ne vous gache pas l'envie de voir le film, vous y trouverez peut être une message d'une grande beauté, l'idée qu'un homme aussi pourri soit-il, peut toujours changer à partir du moment où on le pousse à changer. 

Conclusion :

Petite critique servant plus à vous donner des pistes pour le film et non à vous en expliquer son déroulement. Excellent film malgré un fin brisant un peu toute la critique que le film posera, The Game restera quand même un excellent divertissement pour qui aime le suspens. 

Le film n'aurait pas du à mon sens nous présenter cette fin. Que je m'explique, la finalité ne me dérange pas, au contraire, elle renforce cette idée de "jeu" tout puissant. C'est l'aprés qui sonne creux à mes yeux.