Bien le bonsoir ami cinéphile,

Si tu surfes régulièrement sur ce blog, tu n'es pas sans savoir que je nourris une passion immodérée pour les pelloches horrifiques. Les flippantes, les sanguinolentes, celles qui te font passer une nuit blanche mais aussi celles qui savent jouer de l'humour noir et de la dérision pour faire passer leur message. C'est cela qui est miraculeux dans le genre du film d'horreur : on y croise de tout, et surtout une inventivité folle. On y trouve des brûlots politiques à la Roméro, des oeuvres qui n'ont d'autre but que de choquer, écoeurer, des métrages qui s'apparentent à des montagnes russes et d'autres qui distillent un malaise constant, croissant - de ces oeuvres qui te gênent et que tu emmènes longtemps avec toi. Un genre mineur ? Pas le moins du monde. Un genre mésestimé ? J'en suis convaincu. Car il y a du cinéma là-dedans, pour peu que l'on sorte du film alimentaire, du reboot à trois francs six sous qui te flingue un film culte à coups de bimbos décérébrées et  de manque de foi en son sujet. Jason, Freddy, reposez en paix. 

Quand je dis que l'horreur, c'est du septième art, je suis sérieux. Et en même temps, je ris déjà comme une baleine à l'idée de vous présenter mes nouveaux potes. Tucker et Dale, ce sont des bouseux. Des rednecks à la Délivrance, diraient même les p'tits étudiants qui les croisent dans une station-service sur le chemin des vacances. Sauf Que Dale, c'est un coeur d'artichaud, un bon gars qui ferait pas de mal à un poisson. Et que Tucker, c'est son meilleur copain, le mec qui rêve d'avoir sa maison de vacances au fond des bois. Mais quand tu portes une casquette, une chemise à carreaux et une salopette un peu cradingue, c'est pas forcément la meilleure des idées, tu vois.

Tucker et Dale fightent le mal parle du regard de l'autre. Mais il en parle avec un double talent: celui de se poser comme authentique film d'horreur, et celui de réussir à faire rire sans jamais lasser. Le film d'Eli Craigh, pour ce faire, joue et se joue de tous les stéréotypes en vigueur dans les bons survivals qui font hurler les foules depuis les années 70. D'un côté, il y a le petit groupe d'étudiants, persuadé de devoir se battre jusqu'à la mort pour échapper aux bouseux qu'il pense meurtriers. De l'autre, place au home-invasion, les deux héros du film se retrouvant pris pour cible par une bande de fous furieux bien décidés à leur faire la peau.

Tout n'est qu'histoire de quiproquos. Un exemple : Tucker court dans la forêt poursuivi par un essaim d'abeilles, tronçonneuse à la main. Le jeune voit un monstre sanguinaire se précipiter vers lui. Le comique créé est un comique de situation, il n'a rien d'artificiel ou de joué. Chaque personnage croit en son rôle, l'interprète sérieusement. Les événements, eux, s'enchaînent dans une tragique absurdité. Les morts aussi -avec un talent déniable dans leur mise en scène, ce qui fait de l'oeuvre un vrai bon film d'horreur.

Le regard, c'est aussi ce qui est étudié, de manière gentiment naïve, dans la relation unissant Dale à son hôte/prisonnière. Le moyen pour Eli Craigh d'égratigner les clivages sociaux, de montrer du doigt les a priori. De manière étonnante, le film parvient même à susciter l'empathie, l'émotion en quelques instants privilégiés. Le fruit d'une mise en scène assez virtuose, qui parvient à résoudre les enjeux d'une scène, puis à changer totalement de style sans jamais perdre de vue l'histoire et la crédibilité des personnages qui sont filmés. L'affaire dure 1h25 à peine, mais la densité de la narration donne l'impression d'avoir assisté à un film de deux heures. Sans jamais s'être ennuyé.

Bien sûr, c'est aussi dû au jeu des acteurs. Alan Tudyk et Tyler Labine - Tucker et Dale, respectivement - sont remarquables de bout en bout, et c'est également le cas de la somptueuse Katrina Bowden, dont je vous laisse la surprise de son rôle exact dans cette affaire. En face, la prestation totalement barrée de Jesse Moss (Chad) saura également plaire aux fans les plus traditionnels de pelloches horrifiques.

Il y a dans Tucker et Dale un petit miracle d'équilibre, comme si les étoiles s'étaient alignées pour pondre un petit bijou de comédie noire qui renvoie directement aux classiques Shaun of the dead ou Bienvenue à Zombieland. A découvrir désormais en DVD et blu-ray, et vous l'avez devine, c'est une expérience que je vous conseille de vivre de toute urgence. Oui, aussi parce que la plastique de Katrina Bowden, élue femme la plus sexy de l'année en 2011 par le magazine Esquire, est absolument renversante. On a beau aimer le cinéma, on n'en reste pas moins homme...

Histoire de permettre à l'un d'entre vous de découvrir cette petite merveille, je vous propose de laisser un petit commentaire pour signaler que vous seriez preneurs d'un code pour en télécharger la version numérique. Je tirerai au sort le gagnant dimanche à midi.

RESULTATS: And the winner is... Multani ! Tu trouveras ton code en MP d'ici quelques instants ;o)