(Attention, ça spoil !)

C'est cette semaine que la seconde saison de Spartacus s'est achevée. Il est donc l'heure de faire le bilan de ces nouvelles aventures épiques pour Spartacus et sa bande qui vont affronter Rome de front. Il va y avoir du sang, des larmes et...du cul !

Vengeance avait la lourde tâche de succéder à Gods of the Arena qui en capitalisant sur tous les effets trash de Blood and Sand avait fait sombrer l'image de la série. On attendait donc cette nouvelle saison fébrilement, avec appréhension et avec la tristesse d'apprendre que Andy Whitfield avait succombé à sa maladie. Autant dire que Starz lançait sa série phare dans la mare aux requins. Et pourtant dès le premier épisode on sent un virage majeur d'avec Gods of the Arena. Ce Season Premiere offrait en effet une vue d'ensemble de la situation et permettait de comprendre que plus qu'un combat contre Rome, les gladiateurs rebelles allait devoir faire face à leur nouvelle condition.

Si cette seconde saison est une aussi belle réussite c'est effectivement grâce à sa richesse scénaristique et narrative. Suivant la mise en place du premier épisode, on comprend peu à peu que chaque personnage a un but bien précis. Spartacus veut se venger de Glaber, Crixus veut retrouver Neavia, Ashur veut toujours plus de pouvoir etc etc...En ressort une galerie de personnages passionnants, d'une rare profondeur, avec en plus la délicate question des intéractions entre eux. Tous se battent en effet contre le même ennemi, mais pas pour les même raisons. Et quand chacun se bat pour ses propres desseins, la groupe devient difficilement gérable. Les scénaristes ont parfaitement dépeint la difficulté pour Spartacus de gérer cette bande de nouveaux hommes libres avec en plus ses propres réticences à aimer pleinement Mira. Presque à la manière d'un Walking Dead, cette seconde saison aborde le thème d'une simili-société et de ses difficultés. C'est passionnant de bout en bout.

Chacun se bat pour son propre objectif. 

Du côté des "méchants" aussi on est dans du très bon avec cette fois une dimension plus politique avec des stratégies de toute part pour grimper les échellons de la hiérarchie Romaine. Car il faut noter que les scénaristes ont parfaitement réussi en douze épisodes à développer toutes les intrigues en laissant une exposition suffisante à chacun. Encore une fois, les personnages du côté de Rome ont eux aussi leurs propres ambitions et l'introduction de nouvelles figures permet un peu de fraicheur. La plus grande réussite scénaristique de cette face de l'histoire est probablement Lucretia qui a survécu au massacre de son Ludus lors de la première saison. Troublante, mystérieuse, elle est la seule figure à nous balader et à ne pas montrer réellement ses intentions dès le départ. Sa fin, magistrale et viscérale, nous laissera le souvenir d'un personnage puissant et inoubliable. On peut en dire de même d'Ashur qui est toujours aussi détestable mais dont on suit la lente progression avec bonheur jusqu'à sa chute. Si on devait pinailler on pourrait dire que le personnage de Seppia est un peu inutile mais elle permet dans les derniers instants de réunir toutes les pièces du puzzle pour enclencher la bataille finale.

Au niveau de ses personnages, Spartacus : Vengeance frôle donc la perfection. Il en est de même au niveau purement narratif. On suit l'histoire qui mêle suspens, émotion, grands thèmes et petites intrigues avec passion et on vit réellement de grandes émotions avec ces hommes unis par une fraternité (presque) indestructible. Les scénaristes ont réussi à nous faire comprendre que personne n'est intouchable et le dernier épisode, qui est une véritable hécatombe, enfonce le clou. L'insécurité est un sentiment tellement rare dans le monde des séries qu'on ressent ça comme quelque chose d'unique. Spartacus : Vengeance est donc une leçon d'écriture, de construction, bref, un futur classique.

On retrouve beaucoup de visages connus.

Mais cette saison ne s'arrête pas qu'à ses scripts brillants. Comme toujours dans la série le fond est aussi important que la forme. Contrairement à d'autres séries très philosophiques et très intellectualisées, Spartacus réussi à nous embarquer dans son histoire tout en nous offrant la folie et le frisson de l'action. Chaque épisode contient son lot de batailles et d'affrontements sanglants avec en plus quelques moments de pure angoisse puisqu'il ne faut pas oublier que Spartacus et ses amis sont des bêtes traquées. On peut reprocher l'abus de ralentis lors des combats et la violence parfois trop graphique et à la limite du cartoon, mais dans l'ensemble la série nous fait vivre des aventures épiques avec quelques très grandes scènes. N'oublions pas non plus un autre élément majeur de l'identité du show : le sexe. Si Gods of the Arena ressemblait à un mauvais film érotique du dimanche soir sur M6, Vengeance semble moins obsédé par l'idée de foutre du cul partout. Chose rare, certains épisodes n'ont pas du tout de scène de sexe et honnêtement ça fait du bien. Reste quand même pas mal de scènes très hard, une envie de provocation qui fait plus mouche et la peinture puissante d'une époque en pleine déchéance. Il y'a donc encore de gros zizis et de beaux nichons, mais dans l'ensemble la série est moins adolescente, moins puéril, et c'est très bien comme ça.

Enfin, terminons par le changement majeur de cette nouvelle saison. Liam Mcintyre remplace en effet Andy Whitfield dans le rôle principal. Passons outre le fait que ce remplacement s'est réalisé dans de tristes circonstances pour mieux apprécier la performance de Mcintyre. Car il faut être honnête et dire que l'acteur Australien endosse parfaitement le rôle de Spartacus. Il est d'ailleurs étonnant de voir que finalement le personnage à beaucoup évoluer depuis la première saison et s'est fait plus doux, plus sage, moins abrupt et rugueux. Mcintyre, son physique, sa voix, collent parfaitement à ce virage dans la personnalité du héros qui est plutôt en retrait cette saison, laissant plus d'exposition aux multiples personnalités du groupe. Mcintyre incarne donc parfaitement la légende et est assez charismatique pour galvaniser autant les foules que les spectateurs. Whitfield nous manque bien sûr, mais en aucun cas le changement d'acteur ne fait du mal à la série.

Chacun verra son intrigue être développée au cours de la saison.

Spartacus : Vengeance est donc une saison magistrale. Puissante, brillante, touchante, épique, on voit évoluer une foule de personnages et on frissonne pour cette rebellion des petits face aux grands. Du grand art qui on espère se poursuivra lors de la troisième saison déjà signée et que j'attends avec impatience.