Ce qui est bien sous un masque, c'est qu'on a toujours l'air stoïque, et ce, en toute occasion. Ou pas.

Le 17 septembre 2010 :

Après l'éreintante garde de dimanche, retour au 6ème étage, pour repartir presque aussitôt au bloc.

Première opération : prothèse totale de genou chez une patiente souffrant de polyarthrite rhumatoïde. C'est sans doute l'opération la plus sanglante que j'ai vu : on racle le cartilage à la scie électrique, on creuse l'os avec des perceuses diverses, ça saigne, ça suinte, ça gicle. A un tel point que j'étais dédié à l'aspiration des liquides (le sang des tissus environnants, le gras de la moelle des os) pour garantir une bonne visibilité. Une fois le tibia et le fémur émondés, ainsi que la taille de la rotule faite, on insère les prothèses en céramique/métallique, on cimente le tout, on resurface la patella avec un morceau de plastique, on replace cette dernière pour vérifier la bonne amplitude de l'articulation, on referme et c'est fini !
Simple à expliquer, mais 2h30 dans les faits.

Je me contenterai de cette illustration d'une PTG à la radio, aucune envie de vous voir vomir !

Ensuite, on ne me lâche pas ! Dame d'une quarantaine d'années avec dysplasie de la hanche. En gros, son articulation n'est pas assez "prenante" et risque de se luxer à l'avenir. Donc, que fait-on ? On agrandit la zone avec ce qu'on a. On scie un bout d'os iliaque, on crée une encoche au-dessus du cotyle, on cale l'un dans l'autre, quelques coups de marteau et c'est bon... Simple, mais deux heures ont été nécessaires. Moins sanglant, mais plus physique, de par l'utilisation d'une espèce de burin et du marteau. L'ortho n'est vraiment pas éloignée de la sculpture au cas où vous ne l'auriez pas encore compris !
J'ai suivi le Dr. Fluz (c'est un pseudo, ne cherchez pas) sur les deux opérations et tout ce que je peux dire, c'est que malgré son relatif jeune âge (début de trentaine), il fait preuve d'une dextérité assez impressionnante. De plus, lui et Iz, l'interne, m'ont vraiment accompagné, en me présentant le dossier des deux patientes et en répondant à chacune de mes questions (idiotes, pour la plupart).
Autant mon premier bloc m'a fait peur, autant, là, je sens que ce stage peut me plaire ! Enfin, seulement si je me remets à l'athlétisme, mon dos commence à me lâcher.

Le 16 septembre 2010 :

Etant encore de gros novices, moi et mes camarades avons droit à des cours simplissimes. Tant mieux, je peux donc vous les retranscrire !

Quels traitements pour les fractures ?

  • Fonctionnel :
    on "néglige" la fracture et on rétablit la fonction rapidement avec une immobilisation de courte durée (utilisé pour les fractures de clavicule, tête radiale, vertèbres, omoplates, côtes...). Beaucoup utilisé pour les personnes très agées.
  • Orthopédique :
    immobilisation plâtrée jusqu'à consolidation. Pour les fractures diaphysaires, le plâtre doit comprendre les articulations sus et sous-jacentes, avec des contraintes angulaires selon les cas (genou : 30° de flexion ; coude : 90° de flexion, etc.).
  • Chirurgical :
    comme son nom l'indique, avec une multiplicité de variantes ; je vous ai déjà parlé de l'ostéosynthèse, de la pose de prothèse, et bien d'autres que j'évoquerai plus tard.

Et voilà.


Le 17 septembre 2010 :

Aujourd'hui, j'assiste au staff, mais pas bloc, fermé à cause de révisions. Je pars buller chez moi ! En attendant les résultats avec une certaine anxiété...

Et voilà, ainsi s'achève le récit de ma semaine. Sachez que, j'ai beaucoup d'idées pour étoffer ce blog, mais pas assez de temps. Juste un peu de patience, et je pourrais vous fournir un peu plus que cela.

En attendant, portez-vous bien !