Gentil matin mes seigneurs ! Allez, je n'y tiens plus, je dois parler et terminer cet article sur ce groupe qui me procure, encore maintenant, une tonne de frissons. C'est parti pour une seconde dose de...

 

LE RENOUVEAU

Terminé le rock psychédélique, place au progressif qui prendra son essor dans les 70's, avec d'autres groupes mythiques. Pourtant, c'est bien du côté des Floyd que la surprise va arriver. Un tout jeune ingénieur du son, qui avait déjà travaillé sur d'autres oeuvres bien connues, se voit la tâche immense d'enregistrer ce qui devrait-être un album conceptuel, surtout au niveau du son. Des synthétiseurs plus présents, des sons éléctroniques, une ambiance glauque et futuriste, voici les maîtres-mots de Dark Side of the Moon (1973). Richard joue des ses claviers de manière si innovante, qu'il déclenchera un véritable mouvement musicale, notamment en Allemagne. Le succès sera énorme, avec 300 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il atteind la troisième place, toutes catégories et années confondues. De plus, il restera dans le top 200 des charts américains durant...1007 semaines (rendez-vous compte, cela fait plus de 19 ans).

Money (1973)

Après un tel raz de marée, le groupe peine à se renouveller et perd toute inspiration créatrice. Ils décident donc de se lancer dans un autre album conceptuel avec, pour tout instrument, des ustensiles de cuisines et de maisons...mouais, ça, ce n'est pas une bonne idée, enfin c'est un peu trop tôt...

Heureusement, le quatuor se rend compte rapidement de l'erreur et se remettent à la composition "normale". C'est donc en 1975 que sort Wish You Were Here, avec une chanson divisée en deux parties (l'une constituant l'introduction de l'album, l'autre la conclusion). Et chaque partie se subdivise en plusieurs actes (symbolisés par un changement de rythme ou  d'instruments). Le morceau dure donc plus de 25 minutes en tout, et s'intitulera Shine on Your Crazy Diamond. Ce sera un vibrant hommage à Sid Barrett, l'ex-leader du groupe, qui s'est définitivement retiré de la scène musicale.

Shine on Your Crazy Diamonds (1975), concert de 1987

Puis, Animals sort dans les bacs en 1977. Critique acerbe du mouvement punk qui grandit en cette fin des 70's, c'est surtout une réponse aux détracteurs qui accusent de plus en plus les Floyd d'incarner le rock prétentieux. Comme son nom l'indique, il ne s'agit que d'animaux (de la ferme, sauf le chien) dans cette oeuvre. D'ailleurs, il n'y a que 5 chansons, et chacune arbore le nom d'un animal (Dog, Sheep, Pigs). Pour la sortie de cet album, le groupe commanda un cochon géant et gonflable. On le voit sur la pochette du disque, en fond...

 

ANOTHER BRICK

Et c'est en 1979 que sort l'autre grosse production des Floyd, The Wall. Ils y décrivent la dérive d'une rock-star, coupée du monde et de ses proches, qui construira un mur invisible entre lui et ses fans. L'accent rock (et même un peu hard-rock quelquefois) y prédomine, laissant un peu de côté les synthés. Et trois ans plus-tard, Alan Parker sortira un film, inspiré de l'album. On y verra Bob Geldof en musicien maudit et abruti par la drogue, tombant lentement mais inexorablement dans l'enfer de la dépression. Sur ces deux oeuvres, on peut y découvrir des titres mythiques comme Another Brick in the Wall, Comfortably Numb ou encore Hey You (magnifique, mais qui n'apparaîtra pas dans le film). Le film, justement, contient peu de dialogues (et ils ne sont pas conventionnels), et alterne des scènes filmées reprenant les chansons de l'album, et des animations.

Sheep (1977)

Après une pause bien méritée, et des tensions de plus en plus ingérables au sein du groupe, Roger Waters décide de sortir un ultime album. Portant le nom de Final Cut, interprété par Pink Floyd, il n'en demeure pas moins qu'une oeuvre totalement personnelle. On y découvre des chansons (toutes interprétées par Waters) sur les frustrations de ce dernier, notamment la mort de son père durant la guerre. D'ailleurs, l'album entier lui est dédié. De plus, le titre "When the Tiger Broke Free" apparaît dans le film The Wall.

Another Brick in the Wall part 2 (1979), version du film

Dorénavant, Waters pense sincèrement qu'il est l'unique force créatrice du groupe, et ne pouvant dissoudre la formation, il part de lui-même en 1985, étant persuadé que ses ex-compagnons ne survivront pas sans lui...dommage, ce fut le contraire en fait. En effet, il rencontre le succès en reprenant en concert les titres des Floyd (notamment en organisant un concert géant lors de la chute du mur de Berlin, accompagné d'une pléthore d'artistes connus). Par contre, aucun des ses albums solo ne restera dans les annales

 

IL EST OU LE GENIE ?

Au début, chaque membre pense également que le groupe ne peut survivre sans Waters. C'est pourquoi ils se concentrent sur des carrières solo. Mais en 1986, Guilmour a la riche idée de reformé le groupe pour un projet commun, sous le nom de Pink Floyd. Mais c'était sans compter un Waters amer qui entamera des poursuites quant à l'utilisation du nom de la formation. En 1987, A Momentary Lapse Of Reason sort sous le nom Pink Floyd, malgré les poursuites de l'ex-membre. Mais comme aucun n'est doué pour l'écriture, ils seront épaulés par quelques sommités du monde musical. Par contre, la musique est de Guilmour. Et il faut dire que la sauce prend finalement. Certes, on est loin des compositions géniales de Waters, mais l'album tout entier tient la route avec des riffs de guitare percutant, et des musiciens additionnels qui assurent le spectacle sans aucun problème. Toutefois, les chansons sont bien plus conventionnelles, et on ne retrouve pas les circonvolutions habituelles.

Not Now John/Fletcher Memorial Home (1983)

Ensuite, c'est une grande tournée qui démarre, laissant de côté les albums studio. A l'occasion, un double album est produit sur le concert, nommé Delilcate Sound of Thunder (pour les noms, ils sont toujours productif en tous cas) en 1988. Roger waters est remplacé par un certain Guy Pratt à la basse...

En 1994, les Floyd renoueront avec le succès artistique et commercial avec The Division Bell. Sur cet ultime album, on y découvre les talents d'écritures de la femme de David Guilmour. Et c'est complètement soudés que les membres décidèrent de ne plus produire d'album depuis, bien qu'ils continuent à se produire sur scène de temps à autres. D'ailleurs, ayant fait la paix avec Waters, ils se regroupent régulièrement en concert...

Learning to Fly (1987)

 

DISCOGRAPHIE : Darkside of the Moon (1973), Wish You Were Here (1975), Animals (1977), The Wall (1979), Final Cut (1983), A Momentary Lapse Of Reason (1987), Delicate Sound of Thunder (1988), The Divison Bell (1994), Pulse (1995).

Marooned/Come Back to Life (1994)

 

PETITES ANNECDOTES (ET OUI ENCORE) :

- L'ingénieur du son sur Darkside of the Moon, c'est Alan Parsons, dont vous trouverez un article ici : 

http://www.gameblog.fr/blogs/masahiko666/p_102584_alan-parsons-project

- Dans l'album Wish You Were Here, on y voit l'un des premiers dessins-animés en 3D (fait enièrement à la main, ce n'est donc pas de la vraie 3D), dans Welcome to the Machine.

- Le cochon-zeppelin perdit son fil le reliant au sol et fut retrouvé dans un champ de Canterbury

- Au départ, ce n'est pas The Wall qui dut voir le jour, mais un album sur les peurs et les fantasmes de Roger Waters. Il sortira ce denier par la suite lorsqu'il quittera le groupe.

- Malgré des compositions sympathiques, la carrière solo de Waters ne décollera jamais. Je conseille tout de même Amused to Death, dont la chanson éponyme est jolie...quoique quelque peu déroutante.

- En 1987, Richard Wright ne rejoint pas tout de suite le groupe, et ne participe pas à l'album. Pourtant, il y sera crédité (il a eu des ennuis avec la justice, de par Waters).

- En 1996, Pink Floyd entre au Rock'n Roll Hall of Fame, un musée dédié à cette musique aux States.

- Syd Barrett est mort le 7 juillet 2006, des suites d'un cancer du pancréas. Richard Wright décède le 15 septembre 2008 après un court combat contre le cancer.