
Si Agatha Christie est aussi célèbre, c'est avant tout grâce à deux de ses personnages emblématiques : Miss Marple et Hercule Poirot. Si la première n'a à ma connaissance jamais eu les honneurs d'une adaptation vidéoludique, ce n'est pas le cas de notre bon détective Belge qui a déjà fait ses armes sur nos PC et consoles, en particulier avec The First Cases, dont ce nouveau jeu est la suite directe. Agatha Christie Hercule Poirot : The London Case est toujours édité par Microids et développé par le studio Blazing Griffin. Nous avions bien apprécié le premier épisode, certes limité, mais à l'histoire et aux mécaniques de palais mental prenantes, voyons désormais si cette suite à su faire mieux ou s'est trop basée sur ses acquis.

Adieu ma Madeleine
Avant toute chose, si vous ne l'avez pas encore lu ou pour vous rafraîchir la mémoire, nous vous invitons à aller voir notre test de Agathe Christie Hercule Poirot : The First Cases. Les jeux étant assez similaire, et vu qu'il s'agit d'une suite directe, nous feront régulièrement référence au premier jeu. Si The First Casse présentait un Hercule Poirot débutant et encore peu sûr de lui, The London Case nous fait incarner une itération bien plus expérimentée du personnage. On pourrait même parfois le décrire comme hautain et imbus de lui-même. Ce portrait peu flatteur n'empêche heureusement pas de s'attacher au personnage et à ses fantastiques capacités de déductions qu'il faudra accompagner durant les 6 à 8 Heures de jeu nécessaires pour en voir le bout. Oui, le jeu est plus court que son ancêtre, mais ce n'est pas forcément un mal. A noter que le jeu a ici été testé sur PS5 (alors que le premier avait été testé sur Switch. La différence de temps de jeu s'explique donc en partie par des temps de chargements bien plus courts sur PS5). Cette fois, notre héros est chargé d'escorter une oeuvre d'art de la belgique jusqu'à Londres : le tableau de la Madeleine Pénitente. Après un petit prologue sur le bateau permettant de faire connaissance avec certains personnages, apprendre les mécaniques de jeu et surtout rencontrer notre futur partenaire en affaire : Arthur Hastlings. Si ce nom vous est familier, c'est probablement parce que vous n'avez pas découvert les aventures d'Hercule Poirot avec les adaptations, car il s'agit de son fidèle ami et partenaire. Un peu l'équivalent de Watson pour Sherlock Holmes si vous voulez. Etrangement, il n'est plus ici question d'un ancien militaire, mais d'un assureur, mais on imagine sans mal que la modification de son métier a été faite pour plus de cohérence avec le scénario de ce jeu. Pour le reste, le personnage est assez fidèle. Il faut noter que l'histoire de ce jeu est inédite et n'est pas une adaptation d'un roman, contrairement au prochain jeu de la licence édité par Microids qui s'appuiera sur Le Crime De l'Orient-Express. Une chose est certaine, vous allez lire beaucoup, et fort heureusement le jeu est toujours intégralement en Français (entre autres langues) avec un doublage d'une certaine qualité malgré une synchronisation labiale aux fraises.

Dans le brouillard de Londres
Tout comme pour sa première aventure, The London Case propose une seule et unique enquête étalée sur 9 chapitres (plus le prologue) plus ou moins longs. Mais cette fois, il ne s'agit pas d'un environnement en huis clos. Si la majeure partie de l'enquête se fera dans le musée (dont seules certaines parties seront accessible selon les besoins du moment), le jeu vous fera visitez d'autres lieux de la ville pour y rencontrer les personnages dans leur quotidien. On visitera notamment une église, une loge de théâtre, un journal ou un appartement. Point de monde ouvert, juste des destinations à choisir sur une carte lorsqu'elles sont disponibles. Selon les chapitres les personnages ne seront pas toujours aux mêmes endroits, ce qui imposera de toute façon de tout passer au peigne fin. Les lieux sont peu étendus, ne craignez pas de vous perdre. La majeure partie de votre activité consistera à examiner les lieux à la recherche d'indices et questionner les suspects. Sur ce dernier point, on regrette que les phases de joutes verbales du premier aient disparu. C'était une excellente idée. Sur le plan de la recherche d'indice, Hercule récupère régulièrement des objets qu'il devra utiliser avec des éléments du décor à la manière d'un point and click. Cet aspect du jeu est un peu sous utilisé, ce qui est dommage, mais il apporte un peu plus d'interaction. Le jeu propose aussi à plusieurs moments des énigmes pour trouver les codes d'ouverture de coffres-forts-forts. Rien d'effroyablement complexe, mais assez pour stimuler la matière grise si chère à notre inspecteur.
Un cerveau qui mouline
Comme dans l'opus premier, The London Case mise l'essentiel de son gameplay sur les mécaniques du palais mental. Pour résumer, chaque élément d'indice ou de déclaration intéressante s'affiche sous forme de bulle dans des schémas classés par affaire. Chaque schéma se développe à mesure des découvertes, et régulièrement de nouvelles possibilités de lien sont possibles (illustrées par un chiffre). N'essayez pas de déductions si le chiffre est à zéro ce sera vain. Le bug de The First Cases qui faisait apparaitre comme résolu des schémas non terminés ne semble pas se produire ici. Ouf ! Lorsque des associations sont possible, il convient de trouver deux éléments qui entrent en concordance ou en opposition pour faire apparaitre une nouvelle déduction. Voilà qui ouvre parfois de nouveaux dialogues ou la possibilité de réexaminer des éléments du décor. Si les mécaniques sont toujours aussi intéressantes sur le papier, les liens à trouver sont globalement beaucoup plus évident dans cette suite et également moins nombreux. Qui plus est une option par défaut (désactivable) fait illuminer les éléments à matcher après quelques tentatives infructueuses. Au moins difficile avec ça de rester bloquer trop longtemps à devoir faire toutes les associations possibles et imaginables pour trouver celle que le jeu attend de vous. En effet, l'avancée dans l'histoire est toujours aussi scriptée et vous n'aurez pas beaucoup de latitude pour vous émanciper du script. D'ailleurs par moment le déroulé ne semble pas toujours très logique. A de rares cas, les déductions automatiques de l'inspecteur semblent un peu sorties de nulle part, tandis qu'à d'autres moments le jeu attend absolument une association qui parait pourtant assez élémentaire et ne mériterais pas de s'y attarder outre mesure.

Mon avis à moi
Agatha Christie Hercule Poirot : The London Case est une suite dans la pure tradition du "on prend les même et on recommence". Certes il apporte quelques nouveautés et conforts de jeu, mais il laisse également de côté certains éléments pourtant intéressants et ne semble pas aller au bout de ses idées. Mais ne boudons pas notre plaisir, suivre ce roman policier interactif reste un plaisir avec un dénouement plus intéressant et complexe qu'il n'y parait.

A qui s'adresse Titre ?
- Aux fans des romans
- A ceux qui aiment découvrir des mystères
- A ceux qui veulent tester leur logique
A qui ne s'adresse pas Titre ?
- A ceux qui aiment les décisions ayant un impact sur l'histoire
- A ceux qui souhaitent commencer par le premier
- A ceux qui préfèrent les histoires adaptées des livres
Johann Barnaud alias Kelanflyter
