L'arrivée
de Microsoft en 2002 sur le marché des consoles ne s'est pas faite sans heurt
dans la communauté des gamers. Mon témoignage ne représente que l'impression
que j'en avais à cette époque au travers des discussions sur internet et des
news ainsi que l'avis général dans mes connaissances. Il faut se rendre compte
qu'on ne portait pas vraiment Microsoft dans nos cœurs. Entre celui qui était
pro-Mac depuis des années, un autre qui raillait la future console-BSOD et
moi qui aimait à penser que l'Amiga était mort à cause du PC (et pas du tout à
cause des erreurs de management ou des décisions commerciales absurdes de
Commodore, pas du tout), la machine n'était pas partie pour faire des heureux
parmi mes amis et moi. Connaissant essentiellement le monde PC, Microsoft picore les
pièces de sa nouvelle machine parmi les gammes déjà existantes chez les
constructeurs sur cette plate-forme. SEGA avait déjà initié la mode avec la Dreamcast mais Microsoft
l'étend à presque toutes les pièces de la Xbox. Le processeur est un Pentium III modifié à
733MHz, la puce graphique vient de chez Nvidia (la NV2A), la console embarque de la RAM DDR et un véritable
disque dur de 8go. Les différences avec un PC sont minimes et nous n'étions pas
contents. Quand, en plus, on se souvient que la console est sortie le 14 mars 2002 au
prix de 479€ (soit 561 de nos euros actuels), ça a été le coup de massue qui a achevé de nous convaincre qu'il
fallait se hâter de patienter. L'avantage d'un nouveau concurrent est tout de
même une certaine guerre
des prix
qui a servi le consommateur.

Parmi
les autres facteurs qui ont joué en sa défaveur, on peut aussi citer la
nécessité d'acheter un dongle et un logiciel spécial pour pouvoir lire les
DVD-Vidéo ou l'énorme manette originelle. Cette première manette avait été
conçue pour des mains occidentales mais ce révéla trop grosse. Heureusement,
Microsoft décida de proposer aussi la manette japonaise, plus petite et bien plus
pratique. Et d'ailleurs, petit à petit, l'éditeur de Windows apprit de ses
erreurs. Pour le coup, c'est une qualité indéniable, chez eux. Ils baissèrent
le prix de la console en compensant même les premiers acheteurs en leur offrant
2 jeux, cherchèrent à sortir des jeux intéressants dans de nombreux genres pour
rattraper leur retard. Finalement, la console s'est tout de même vendue à 24
millions d'exemplaires, soit 2 de plus que la Gamecube de Nintendo. Ce
n'est pas si mal pour un « débutant ». Mais c'est surtout la première
console non-japonaise depuis le krach de 1983 à connaître le succès face à la
domination nipponne.

Finalement, une belle occasion et une possibilité de la « jailbreaker »
ont eu raison de mes réticences. Même si ce terme n'existait pas à ce moment-là,
je pense qu'il caractérise bien l'idée de libération des possibilités de la
console qui m'ont séduit. C'est ainsi que je me mis à l'utiliser comme
véritable petit media center branchée à ma télévision.

Au
niveau des jeux, j'ai ainsi pu découvrir entre autres Top Spin, Splinter Cell
et Fable. Le premier est un excellent jeu de tennis fait par des français qui
plus est et qui prenait une orientation plus simulation que Virtua Tennis, le 2èmepeut apparaître comme un clone de Metal Gear Solid mais les petits gars d'Ubi
ont su lui donner un cachet propre et ils ont surtout su rester dans leur
créneau. On aurait même murmuré dans les couloirs de l'E3 que Kojima aurait
pris en compte dans certains MGS le travail sur Sam Fischer. Quant à Fable, ce
célèbre galopin de Molyneux en avait encore fait des tonnes pour un bon
action-RPG mais qui ne répond pas au quart des promesses avancées par son
créateur. J'ai aussi passé un certain nombre d'heures sur Burnout 3 : Takedown avec la BO qui me suivra dans tous les
autres jeux de course arcade dans lesquels il était possible de mettre sa
propre musique (Excite Truck, peut-être Burnout 4,...). Il existe aussi un autre
grand jeu de course, PGR2, qui, pour moi, a le mérite de trouver un très bon
équilibre entre arcade et simulation. Non seulement dans la conduite en
elle-même mais aussi dans les règles de gameplay. Le système des Kudos permet
de se motiver pour faire et refaire les courses à de nombreuses reprises en
ressentant moins l'impression de lassitude telle que j'ai pu la ressentir dans
d'autres jeux.

Cependant,
quand je regarde le top
Xbox
sur l'agrégateur de tests Gamerankings, je m'aperçois que je n'ai pas
du tout les mêmes goûts que le testeur moyen. Je n'ai pas aimé la série Halo et
je n'ai jamais fini les GTA3. Je n'ai pas joué à SoulCalibur II et Forza ne m'a
pas trop tenté. Bien sûr, il y a aussi eu pas mal de jeux multi-supports
auxquels j'ai joué ailleurs comme Prince of Persia ou Ninja Gaiden.


BSOD : Blue Screen Of Death,
l'écran bleu de la mort.
C'est un écran indiquant que Windows a planté. Il
provoque en général la panique dans l'œil de l'utilisateur. Ses descendants
sont, entre autres, le RROD (Red Ring Of Death de la Xbox360 et le YLOD (Yellow
LED Of Death) de la PS3.

 

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