Voici la suite du chapitre, L'atelier d'écriture, nouveau chapitre du roman Le Goût de rien (sur lequel je travaille actuellement).

Je mets l'amorce, le reste est à lire sur le lien suivant :

 

Atelier d'écriture, suite

            L'habitude c'est une seconde nature
disait Pascal. Mes rendez-vous réguliers à l'atelier d'écriture étaient devenus
ma seconde nature. Chaque lundi, c'était avec le sourire que je me rendais
là-bas, mes textes bien rangés dans mon sac. Une sorte de retour à l'état
d'écolier, la douce régression.

            Pierrette continuait de nous guider
sans trop appuyer ses recommandations. Elle balisait à peine nos efforts. Le
premier mois, j'avais trouvé ça étonnant ; le second un peu moins ; dès
le troisième je m'en foutais éperdument. J'avais compris, comme les anciens,
que l'écriture n'était qu'un prétexte. Que j'aurais probablement retrouvé les
mêmes procédés dans un club de danse ou une association de joueurs d'échec.

            Je m'amusais à écrire des choses inavouables
et inavouées. Lors d'une séance, le devoir pour la fois suivante consistait à
pondre quelques aphorismes. Des phrases bien troussées à la Wilde. J'avais eu
un mal atroce à réussir ce travail de concision nécessitant une alliance
subtile de la forme et du fond.

            Un jour, en rentrant chez moi,
j'avais rencontré un chien dans la rue. Le maître baladait son toutou, rien de
plus normal. Seulement, je me suis arrêté pour regarder ce binôme lorsque le
maître décida de faire un tour à la boulangerie. Le meilleur ami de l'homme
n'était pas toléré, du coup boule de poils est resté dehors.

            En à peine un mot, un geste, et
encore, le chien s'est assis sur son postérieur, attendant sagement son maître
sans même une attache solide. La seule chose qui retenait ce clébard, c'était
son incroyable amour envers son maître. Pas besoin de chaînes.

            Du coup, j'ai pensé à un aphorisme
du style : « La fidélité des
femmes n'égalera jamais celle des chiens
 ». Le jour J, je n'ai pas
prononcé ma précieuse découverte, j'avais trop peur de froisser quelques
connes, voire pire, ruiner mes maigres espoirs avec la jeune ibérique.

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