C'est dimanche, personne, ou presque, ne lit le blog... Éteint l'ordi ! C'est l'occasion méritée et tant attendue de décompresser après une dure semaine de labeur... Et il nous y invite, ce week-end de finales du côté de la Porte d'Auteuil, où ça frappe dur et où, à tous les coups, c'est encore Nadal qui va inscrire son nom sur la couronne sacrée ! Ça ne fera toujours que la cinquième fois... Donc, le moment idéal pour vous faire la petite chronique d'un film qui, pour le moins, ne laisse pas insensible. Beaucoup l'auront sans doute déjà vu, mais profitons qu'il soit accessible pour presque rien en DVD dans tous les bons points de vente, surtout ceux qui portent le nom d'un planète de notre système solaire. Ce film, c'est Lord of War (Andrew Niccol, 2005) !

Bon, dans les grandes lignes pour ceux qui n'en auraient jamais entendu parler, sachez qu'il est question de trafic d'armes. Début des années 1980. Yuri, né en Ukraine, échoué quelque part aux States, a du rêve américain plein les yeux. Surtout lorsqu'il croise la magnifique Ava, définitivement trop belle et trop amoureuse des dollars pour lui. Alors, Yuri, en bon héros discret, s'invente une ascendance juive et tente de se faire une place sur le très secret marché de l'armement. Yuri, il en veut. Du coup, il bosse, il se fait discret, il avance, il prouve à maintes reprises qu'il est bien loti au niveau du slip. En dix ans, notre émigré est sur le point de devenir très riche. Ava est dans ses bras et lui a offert un bien joli petit garçon (elle ignore, of course, tout des activités de son chéri, mais se réjouit beaucoup de l'opulence dans laquelle tous les trois vivent !). Et pile poil quand il commence à paniquer en voyant ses agios s'enflammer, Yuri vit en direct live à la télé la chute du bloc soviétique. Ni une ni deux, le voilà qui s'envole toute blinde renouer quelques contacts avec sa famille ukrainienne, notamment un bon vieil oncle qui garde un entrepôt gigantesque regorgeant d'AK-47 et de tanks... De quoi alimenter, en armes bien sûr, toute l'Afrique pendant des décennies (à condition, évidemment, qu'on sache y entretenir les conflits, là-bas !).

Un film violent où Niccol évite de sombrer là où beaucoup se seraient viander allègrement : la rédemption. Le scénariste du Truman Show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca parvient à offrir à Nicolas Cage un rôle où, pour une fois, il n'incarne pas ce héros dur au coeur tendre. Loin s'en faut ! Yuri n'est vraiment pas un héros. Et il ne le deviendra jamais. Même lorsqu'il devra payer très très cher sa réputation sur le marché du flingue. En ça, Lord of War est une réussite, car on attendait tellement le méchant marchand d'armes sans scrupule qui, soudain, se met à croire en la Vierge Marie, et tente, par tous les diables, d'expier ses péchés ! Bah pas du tout ! Yuri reste une ordure. D'ailleurs, la phrase choc du film résume un peu ce drame parfois comique, et souvent tragique : "Dans le monde, un homme sur douze possède une arme. La vraie question : comment armer les onze autres ?" Ambiance. Bien sûr, on a le droit a quelques passages qui fleurent bon Hollywood. Mais dans l'ensemble, Andrew Niccol réalise un tour de force. Le film ne peut laisser indifférent. Pire. On préférerait ne jamais l'avoir vu et rester dans l'ignorance !

© Séb, pacifiste dans l'âme.

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