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Vous vous souvenez sans doute de ces épisodes d'Ulysse 31 un peu exceptionnels dans lesquels, sous l'influence d'une malédiction rigolote, ou pour les besoins d'une énième machination Zeusséenne (Zeus, illustre ancêtre de Light Yagami et de Vil Coyote, trolling la voie lactée since l'Antiquité Grecque), les fameux compagnons sortaient de leur lévithargie pour participer à l'intrigue, frais comme des gardons de l'espace, pour ensuite retourner pioncer pendant que papa Ulysse se tape toute la route ? Eh bien ce post blog entre dans cette catégorie : posté sur un cyber-espace qui n'existe plus, par un bloggeur qui n'y intervient plus, non-prêt à être non-lu et frais comme un gardon de l'espace. Car on l'aura compris : Square Enix est au Joueur aux Mains Carrées ce que les Dieux de l'Olympe sont à notre beatnik intergalactique au GPS défectueux. Comme le prouve le dialogue suivant, d'ailleurs, enregistré à l'insu de son plein gré :

 

Shirka Vista : Gamer... La soluce de Final Fantasy XIII est effacée de ma mémoire.

Gamer aux Mains Carrées 31 : TOUT DROIT ! ON VA... TOUT DROIT !

 

 

 

 

Ça, c'est fait.

 

 

 

Trêve de préambules !

 

Bran le bas de combat (parce qu'orthographié correctement, ce serait sale) !

 

La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre, ou comme un mec bourré qui se serait pris les deux pieds dans un tapis. Depuis une semaine jour-pour-jour, l'éditeur Square Enix remue ciel et web pour trouver SON Super Fan de Final Fantasy (ou plutôt SES, du reste. Un par pays civilisé, si j'ai bien tout compris). Une annonce qui n'aura échappé à personne, surtout pas sur Gameblog où seul Shiryu après son combat contre Perseus Algol (oui, je suis un vrai) et les malheureux possesseurs d'adblock ont pu être lésés en matière d'information. Triple rasade de pub pour tout le monde, c'est la maison qui régale : pour gagner son nom au générique de Final Fantasy XIII-3, deux places VIP pour le concert Distant Worlds, l'inestimable estime des autres gamers et une pochette-surprise pleine de goodies qui riment, le candidat au poste de Super Fan français devra affronter 299 adversaires, par « vidéos de moins d'une minutes » interposé, à l'issue de quoi, comme le veut la coutume, « il n'en restera qu'un »... ou, pour être plus précis, « que vingt cinq », dont les œuvres se verront ensuite soumises aux votes des internautes - pour plus de justice et d'équité dans le copinage.

 

« Mais qu'est-ce qu'un Super Fan de Final Fantasy, au juste ? », est-on en droit de se demander ici.

A quoi le distingue-t-on ?

Porte-t-il des shorts asymétriques ?

Tue-t-il des animaux pour de l'argent ? (attention, le Point Peta n'est pas loin)

Se déplace-t-il à dos de gros poulet ?

Chante-t-il une Victory Fanfare chaque fois qu'il arrive à ouvrir un pot de cornichons ?

Travaille-t-il dans la Fonction Publique, et doit-il attendre à chaque nouvelle tâche que sa jauge d'action soit au maximum avant de s'y coller ?

 

Alors que chez Square Enix, le jury se retire déjà pour élire les vingt cinq heureux élus, le Gamer aux Mains Carrées vous propose, en avant-première, de découvrir d'ores et déjà le portrait du futur gagnant.

 

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1) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan respectueux de la licence :

 

 

Par conséquent, jamais il ne se permettrait de mettre en scène quelque ignominie que ce soit par l'intermédiaire de figurines achetées à prix d'or. Et ce, quand bien même l'une de ces figurines serait-elle à l'effigie de Snow Villier. JAMAIS !

 

 

 

 

En même temps, peut-on empêcher deux bouts de plastiques de s'aimer, si c'est sincère ?

Qui sommes-nous, pour juger, tous autant que nous sommes, mmmmh ?

 

 

 

 

2) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan de la première heure :

 

 

Il a grandi, mûri, vieilli avec une série qu'il a vu naître et qu'il suit depuis ses premiers balbutiements (de l'épisode X, au moins). Chaque épisode de la saga, dans son esprit, est associé à un moment fort de son existence, comme sa première dent (Final Fantasy XI), son premier tour à vélo sans roulettes (Final Fantasy XII) et sa découverte du concept de ligne droite en cours de géométrie (Final Fantasy XIII).

 

 

 

 

Comme tout Super Fan qui se respecte (et ce, quel que soit le domaine),

il a TOUJOURS aimé l'objet de sa passion (et ce, plus que n'importe quel autre super-fan),

quand bien même l'a-t-il découvert trois mois auparavant dans un article de Justin Bieber Magazine.

 

 

 

 

3) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan à l'esprit critique acéré :

 

 

Il a beau être de mauvaise foi (comme tout Super Fan qui se respecte), il n'hésite pas à exprimer quelques vérités qui dérangent lorsque le besoin s'en fait sentir - mais uniquement dans les limites tolérées par sa fanitude. S'il est en effet de bon ton de critiquer le manque de quêtes annexes dans Final Fantasy XIII-2, ou l'absence de DLC « oreilles de chat » pour ses héroïnes, il serait tout à fait déplacé, par exemple, de faire remarquer qu'un titre de Super Fan décerné par un éditeur sans l'aval du créateur de la série concernée, c'est un peu comme être élu Président de la République Française par une délégation intraterrestres (se méfier de lobby des intraterrestres. Toujours).

 

 

 

 

Ceci constituant, vous l'aurez compris, l'exemple-type des choses à ne pas dire.

 

 

 

 

4) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan inconditionnel :

 

 

A l'instar des joyeux missionnaires d'antan, il ne recule devant rien pour impos... transmettre sa passion aux mécréa... néophytes de tous crins, par tous les moyens et à n'importe quel prix (puisque c'est pour leur Bien). Le Salut de leur Âme est entre ses mains (le Salut de leur Âme pouvant prendre l'apparence, au choix, d'un fouet de fil de fer barbelé, d'une hallebarde en mithril ou d'une épée vorpale + 10 contre les hérétiques. Tout est permis du moment qu'on peut tranch... convertir avec).

 

 

 

 

Bientôt dans vos plumards : la position dite « du Super Fan de Final Fantasy ».

Des volontaires pour faire le Gros Chocobo ?

 

 

 

 

5) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan de cœur :

 

 

Loin du cynisme qui gangrène petit à petit nos sociétés modernes, il évoque sa série fétiche avec des frissons d'amour dans la voix, sans négliger un seul superlatif, nuancer une seule hyperbole ou faire l'impasse sur une seule métaphore, si maladroite (comprendre : sincère) soit-elle. Quand le Super Fan de Final Fantasy parle de l'objet de sa passion, ce ne sont pas seulement les violons, qu'on entend, en arrière-plan, mais l'orchestre philarmonique du Distant Worlds Tour.

 

 

 

 

Qui plus est, le Super Fan est capable de prononcer Final Fantasy correctement.

Ça va de soi.

Non mais franchement... « Fayenol Fantaisie », et puis quoi, encore ?

 

 

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6) Le Super Fan de Final Fantasy est un fan d'une érudition exemplaire :

 

 

Il s'exprime parfaitement bien dans une langue morte appelée le français (l'ancêtre du aissaimaisse), qu'il a apprise en jouant à Final Fantasy VII. Capable de conjuguer les verbes, et parfois d'accorder les adjectifs (en genre ET en nombre !), il brille par son élocution sans « euuuhhh » et son utilisation aléatoire d'un vocabulaire approximatif. Et parfois, on comprend même ce qu'il veut dire.

 

 

 

Rappelons quand même que c'est grâce à JimJom (et à MojMij, sa personnalité-bis),

qu'on peut jouer à FFVII dans la langue de Volaire (en théorie) et du Colonel Reyel (dans les faits).

 

 

 

 

7) Le Super Fan est le fan qui a la plus grosse (collection, s'entend) :

 

 

D'une générosité sans failles, il ne manque aucune occasion de partager un peu de son argent avec de pauvres multinationales tentaculaires dans le besoin, en leur achetant le fruit de leur labeur (bibelots, breloques et autres straps-portable) à trente fois le prix du marché. Collection qui fait sa fierté, mais qu'il rechigne souvent à exhiber aux yeux des autres en loooooongs plans-séquence laborieux qui n'intéressent que lui, tant son humilité et sa sagesse lui commandent le contraire. « Car ne sont-ce pas là que futilités ? », ajouterait-il lui-même dans un haussement d'épaule, après deux heures non-stop d'énumération laconique, en déballant sa Play Art Linoa passion Cheval de Labour.

 

 

 

 

 

Tout ça, sans qu'à aucun moment, il n'y ait le moindre complexe Freudien en jeu, évidemment.

Ma collection est plus grosse que celle des autres hommes, c'est tout.

 

Une chance pour vous, d'ailleurs, que je n'aie eu que le 10ème de ma collection avec moi...

 

 

 

 

 

 

8) Le Super Fan est un fan astucieux :

 

 

En sa qualité de Hardcore Gamer, il a tant bourlingué dans des mondes virtuels qu'il en connaît les moindres ornières et les moindres raccourcis. Car il n'a jamais terminé un seul de ses jeux en le parcourant en ligne droite. Oui, enfin, vous m'avez compris. Il développe, aussi, ses propres stratégies de jeu (telles que « appuyer sur les boutons », pour ne citer que la plus populaire) et comme tout bon professionnel de la profession, il connaît bon nombre d'astuces confidentielles lesquelles lui ont d'ailleurs valu son statut de cyber-légende.

 

 

 

Cette astuce a reçu un disque de Platine en 2012. Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

 

 

 

9) Le Super Fan est un fan plein de talent :

 

 

De par sa grande sensibilité émotionnelle au niveau de ce qu'il éprouve dans son cœur à lui (c.f. supra), cet écrivain chevronné écrit des poèmes d'amour depuis sa « plus tendre enfance » - d'il y a deux ans de ça (on n'est pas sérieux, quand on a dix-douze ans), et a eu tout le loisir d'affiner sa plume lors de ses nombreuses heures de retenue. C'est donc tout naturellement qu'il rendra hommage à ses jeux favoris à grands renforts de rimes en « é » (les plus difficiles à maîtriser, bébé), de clichés romantiques à la mode Poetic Lover, ou de comparaisons surréalistes involontaires. Car pour un Super Fan, Final Fantasy, c'est beau « comme une aurore sinusoïdale dans ton regard parabolique. Et vice versa ».

 

 

 

 

Variante du Super-Fan poète, le Super-Fan dessinateur,

qui gribouille des esquisses de Yuna toute nue derrière ses feuilles de cours.

 

 

 

 

 

10) Le Super Fan est un fan socialement épanoui :

 

 

Il a beau avoir passé plus de mille heures à platiner chaque nouvel épisode de la saga (même ceux qui n'en ont que le titre), et mille autres heures à tenter de ressusciter Aerith (il existe un moyen, c'est écrit sur le net), de recruter le Général Leo (il existe un moyen, c'est écrit sur le net) ou de regarder sous la jupe de Yuna dans Final Fantasy X-2 (il existe un moyen, ou alors c'est que Dieu n'existe pas), il n'en est pas moins tout à fait à l'aise en société, loin du cliché tenace (hélas) du joueur forcené à deux doigts de l'internement psychiatrique.

 

 

 

 

N'allez pas croire. Le Super Fan de Final Fantasy se lave, aussi.

Quand les dispositifs anti-incendie se déclenchent par accident.

 

 

 

 

11) Le Super Fan est un fan qui vit avec son temps :

 

 

Les logiciels de montage vidéo les plus sophistiqués et les outils d'incrustations issus de la recherche spatiale n'ont aucun secret pour lui. Grâce à un matériel professionnel onéreux vu à la télé (dans NCIS, notamment), il est à même d'intégrer à ses œuvres des effets spéciaux renversants, comme dans les meilleurs épisodes de Noob ou de Flander's Academy. Aura de pouvoir, boules d'énergie, rien n'est trop tape-à-l'œil ni trop éculé pour lui. Créatif de génie, il a des idées aussi originales qu'uniques, comme celle, par exemple, de filmer sa vie comme une partie de Final Fantasy, avec des combats au tour par tour « In Real Life » (du jamais vu sur Youtube. Oh oui. Plein de fois).

 

 

 

 

Michel Gondry serait fier de moi.

Les concepteurs de Windows Movie Maker aussi.

 

 

Le Super Fan ne sait pas forcément, par contre, qui est Mashikan Kabulokans,

car ses centres d'intérêts sont très « spécialisés ».

Du coup, il ne relèvera pas forcément la faute. Une chance pour moi.

 

 

 

 

 

 

 

12) Le Super Fan est un fan à la mode :

 

 

Jamais il n'oserait se permettre de railler quelque choix vestimentaire que ce soit, car il sait, il pressent que les paires de bretelles sont le miroir de l'âme. Il est convaincu, pour avoir étudié Karl Lagerfeld en langue originale, que Snow n'est pas mal habillé, qu'il est juste « en avance ». Comme Uwe Boll et Justin Bieber, dans leurs domaines respectifs.

 

 

 

 

Quelle faute de goût.

Il aurait au moins pu se pendre avec une boucle de ceinture (héroïque).

 

 

 

Enfin, le Super-Fan de Final Fantasy ne manquera pas de s'indigner de cet article ignominieux et de me dénoncer à Square Enix pour que son auteur soit disqualifié.

 

 

 

 

On se le demande...

 

 

 

 

# A l'opposé, ce que le Super Fan ne sera pas :

 

 

 

* Capable de recul et doué du sens de l'humour. Incompatibles avec la condition de fan, ces deux qualités lui seraient par ailleurs totalement inutiles. Or la nature est bien faite, et si la nature a horreur du vide, internet, lui, en raffole.

* Pourvu d'appendices préhensiles d'aspect géométrique à dominante carrée (et apparentées).

* Né à l'époque de la sortie du premier épisode. Ben oui. Ce serait un peu trop logique pour l'internet moderne.

* Auteur humble et sympathique d'un hilarant hommage à la saga, sous forme d'une dossier critique unanimement salué par la critique.

* Auteur sans prétentions (aux chevilles parfaitement proportionnées) du synopsis complet de son propre épisode.

* Auteur de cet émouvant fan-art d'époque, retrouvé au fond d'un grenier et estimé par les experts (Miami. Horatio en personne, c'est dire) comme datant des années 1996-1997.

Il fallait bien qu'il y ait un truc marrant dans cet article.

*Auteur de cette vidéo poignante, entre Vol au-dessus d'un Nid de Coucous et le Projet Blair Witch, miraculeusement (si !) ramenée à une seule petite microminute pour l'occasion (et rien que pour l'exploit, l'auteur en question mériterait un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière).

 

 

 

 

Imaginez juste la tête des gars de chez Square Enix quand ils ont visionné « ça ».

Vous ne serez plus jamais le même, ensuite.

* Auteur inénarrable d'approximativement quarante statuts estampillés « Final Fantasy & shorts asymétriques » par semaine, pour le plus grand bonheur de ceux dont ils font le bonheur (et le malheur des autres, mais c'est la loi du genre. Après tout, c'est leur faute : ils trouveraient ça rigolo, eh ben, ils rigoleraient. Du coup, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. CQFD).

 

Non, vraiment, pareil usurpateur n'aurait pas sa place dans un tel concours... Mais que cela ne t'empêche pas de voter pour lui, c'est-à-dire pour moi, si par extraordinaire il/je devait/dois être sélectionné un soir de grande beuverie. Ce sera bon pour ton karma, et encore meilleur pour le sien, pour le mien et même pour le nôtre ! A force, de m'y perdre je de l'être, comme dirait un ami à moi.

 

Et s'il faut vous convaincre, sachez, si vous m'aimez, que grâce à vous :

- J'assisterais les yeux plein d'étoiles et de météores sephirotiques à un concert de rêve, et je pourrais y faire signer mon beau DVD Final Fantasy Voices, que je m'envierais à moi-même s'il n'était pas d'ores et déjà à moi.

- J'ajouterais plein de nouveaux goodies à ma GROSSE collection, ce qui m'épargnera au moins deux séances de psychanalyse, une semaine de combats de forum contre des mâles dominants, ou vingt deux nuits d'amour avec des animaux. Car tiens-le toi pour dit : « le Bonheur, c'est simple comme un deuxième jeu de cartes ». Je n'ose pas rêver d'un Play Arts Tidus, j'ai trop peur d'être déçu.

- Je reviendrais sur Gameblog et je réouvrirais le mien. De blog.

 

A l'opposé, si vous ne m'aimez pas, sachez qu'à cause de vous :

- Mon véritable nom sera dévoilé à la fin de FFXIII-3. Par conséquent, avec quelques recherches Google, vous pourrez me retrouver pour me casser la gueule. Et en plus, ça rime. Elle est pas belle, la vie ?

- Si Square Enix prend l'initiative d'adjoindre le pseudo de ses gagnants aux noms et prénoms de ceux-ci, aux yeux du monde entier, à jamais, je serais connu comme TidusForever.

- Je reviendrais sur Gameblog et je réouvrirais le mien. De blog. Donc je serais paradoxalement moins présent sur Gameblog. Comme avant.

 

Admettez que la perspective est séduisante.

Quoi qu'il en soit, soyons beau joueur, et écrivons-le noir sur blanc : il me tarde sincèrement de découvrir les vingt cinq vidéos sélectionnées par le jury (même si je me serais sans doute tapé les 300 avec joie, plusieurs fois d'affilée), histoire de voir à quel point la réalité peut rejoindre la fiction. C'est un peu méchant, j'en conviens (et c'est bizarre parce que ça ne me ressemble vraiment, vraiment, pas), mais je m'en réjouis d'avance, comme disait Robin des Bois.

Que le meilleur gagne.

 

Oui, enfin, j'me comprends.

 

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