Lemmings (DMA Design devenu Rockstar
North, Psygnosis, 1991) (Génération4 N°30 Février 1991, p. 38-39, 100% ; Joystick
N°13, Février 1991, p. 138-141, Ka !, 97%)

Comme un chocolat que l'on offre à l'élu(e) de son cœur, ce
titre est sorti le 14 février 1991. Psygnosis frappait fort en faisant un lâché
de décérébrés aux oripeaux bleus et à la toison verdâtre. Alors non, vous
n'êtes pas en train de regarder Carré ViiiP, en dépit du fait que vos actions
vont aussi guider des entités au verre d'eau tiède entre les oreilles vers la
sortie.

Instant Wikipédia (c'est dire la qualité de ce blog...) :

« Lemming est
un nom vernaculaire ambigu désignant en français de
nombreuses espèces différentes, appartenant à plusieurs genres de petit rongeurs de
la sous-famille des arvicolinés (Arvicolinae). En Europe,
l'espèce la plus connue est le Lemming des toundras de Norvège (Lemmus
lemmus). Ces animaux sont connus pour l'importance de leurs migrations. »

Si en effet, vous allez devoir les faire migrer, ce n'est
par cela que vous allez les qualifier en premier lieu. Une sensation irritante
va s'emparer de tout votre être, et comme pour éviter toute aliénation, vous
allez vous exclamer : « Bande de débiles !!! ». Cet état de
fait serait la cause de leur disparition, la nature est impitoyable.

Et pourtant, vous allez vous éprendre d'affection envers ces
bestioles que vous vous devrez d'extirper d'un mauvais pas au travers de 160
niveaux répartis sur 4 échelles de difficulté. Et là, ben c'est le fail de
Génération4 ! En effet, quelques recherches auront eu raison de cette coquille
chancelante. Eh oui, le jeu n'est composé que de 120 tableaux, qui sont bien
déclinés sous différentes difficultés : Fun, Tricky, Taxing et Mayhem. Certains niveaux reviennent selon la difficulté mais avec
des contraintes plus corsées, temps limité, plus de lemmings à sauver, nombre
d'aptitudes restreint. Psygnosis a même eu le bon goût d'y intégrer des niveaux
inspirés de l'univers d'autres de leurs rejetons (e.g., Shadow of the beast).

Le game system est relativement simple mais bougrement
addictif. Chaque niveau dispose d'une entrée, sorte de trappe par où arrivent
un par un vos compagnons de souffrance à rythme régulier. Votre tâche sera donc
d'en conduire un certain nombre vers la sortie du niveau afin de passer au
suivant. Enfantin me direz-vous ! Seule ombre au tableau, ces lofteurs,
porteurs de nombreux gènes « Endémol », vous ne les contrôlez pas.
Par ailleurs, le level design ne leur épargnera aucun danger : noyade,
chute dans la lave ou autres falaises. Mais que voulez-vous dans votre immense bonté
vous ne pourrez vous résoudre à les laisser choir (à cheveux...), et pour cela
vous ordonnerez à certains lemmings des actions :

·        Climber :
grimper va permettre à votre protégé de devenir un véritable Alain Robert et d'apprécier
une bonne escalade, aucun rapport avec escalope salade, et pourtant il montra
sur tout ce qui bouge ou non d'ailleurs. Tel un grimpeur à pédalier, il avalera
les cols comme les substances les plus obscures.

·        Floater :
sauter en parachute grâce à un parasol, quelle classe !

·        Blocker :
stopper les autres lemmings en leur faisant faire un demi-tour.

·        Builder :
construire une passerelle en forme d'escalier à 12 marches.

·        Basher :
creuser horizontalement comme une envie de défoncer.

·        Digger :
forer ou creuser verticalement, c'est le côté Armageddon (Michael Bay, 1998) du jeu...

·        Miner :
un mineur qui va creuser en diagonale, vous savez ce métier tant envié par les
Chiliens afin de recevoir
des iPods
de la main bienfaitrice de Steve Jobs. C'est fort louable, ma foi...

·        Bomber :
cela va générer une déflagration qui au bout de 5 secondes fera disparaître les
éléments destructibles du décor.

Vous pouviez contrôler l'affluence des lemmings par des
icônes « + » ou « - » qui modifiait la fréquence d'apparition
et donc vous permettait de doser l'espacement entre vos lemmings afin de vous
laisser le temps d'établir votre stratégie.

En conclusion, il s'agissait d'un jeu très agréable et drôle au
design et au concept original. Les décors savaient flatter nos rétines et en dépit
de leur petite taille vos nombreux chérubins étaient relativement bien animés et répondant au doigt et à l'oeil. Les musiques étaient à l'image de jeu coplétement décalées ! Il est certain que ce jeu aura marqué beaucoup de joueurs et certains des
créateurs en exercice de nos jours (Fumito Ueda ?). Il est devenu une
référence au cours du temps et une leçon en termes de créativité à partir d'un
concept tout bête synonyme de planification d'action et de résolution de
problème. Parce qu'il n'existe jamais qu'une seule façon de boucler un niveau. Je
vous conseille fortement le cahier des développeurs disponible en anglais à
cette adresse.