Voilà donc une année de série qui s'achève et qui nous laisse un peu seul durant un été qui s'annonce long, même si quelques noms prestigieux viendront garnir les grilles des chaines à commencer par une certaine Breaking Bad. L'occasion pour les rédacteurs du Coin de faire le bilan de ce qu'ils ont vu cette saison. On commence cette semaine par Cronos et on poursuivra avec lordstark. D'autres noms pourraient s'ajouter à la liste. Quant à moi je rédigerai des bilans par genre avec en premier lieu les comédies dès cette semaine.

Je saisi l'occasion que représente cet article pour remercier Cronos, lordstark et Anfalmyr pour leur collaboration cette année. Leur talent, leur sérieux et leur sympathie a grandement aidé à faire de cette Saison 2 du blog une formidable réussite avec des chiffres impressionnants. Merci à eux et j'espère les retrouver tous l'année prochaine pour une nouvelle ballade dans le monde merveilleux des séries. Allez, maintenant je me tais et laisse la parole à Cronos !

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Community Saison 3

Community entame donc sa troisième année à Greendale. Après deux premières saisons qui nous ont enchantés, Community a eu un parcours très difficile. La première moitié de saison a été arrêté en décembre sans que l'on sache si la série reprenait avant de continuer en mars sur une nouvelle case horaire, qui lui a porté bonheur puisque la série a été renouvelée pour une quatrième saison, mais sans Dan Harmon, suite à des divergences d'opinions et des tensions au sein de l'équipe. Espérons que ça n'entache pas la suite des opérations.

Mais malheureusement, cette saison 3 aura été vraiment inégale. Quelques épisodes ont vraiment terni l'image de la série, où les personnages ne racontaient plus grand chose et où l'humour ne faisait pas mouche. Pire encore, j'ai trouvé que cette saison 3 accentuait certains défauts des deux premières saisons: des personnages qui n'évoluent pas beaucoup, Jeff qui fait toujours son discours moralisateur pour calmer tout le monde, et bien d'autres. Pierce, au centre de la saison 2 en tant que grand méchant, est passé complètement inaperçu et a été absolument sous-développé, comme si la saison passée n'avait rien changé. Chang, après être passé professeur et élève, devient garde de sécurité et sera celui qui évoluera le plus, pas toujours dans le bon sens, car à défaut d'être le personnage secondaire avec un cynisme et une méchanceté gratuite qui lui allait si bien dans la saison 1, se retrouve bombardé grand méchant de la saison 3 dans un rôle guignolesque un peu too much. Enfin, on se rend compte que malgré des épisodes plus classiques qui marchent plutôt bien, Community se repose un peu trop sur des épisodes basés sur un concept ou un hommage.

Mais c'est ce qu'on aime, dans Community, et qui marche toujours dans la saison 3. Beaucoup d'épisodes restent des modèles d'écritures sans tomber dans la parodie pure. Je citerais évidemment l'épisode Law and Order (3x17), qui arrive à proposer une intrigue originale et finement écrite tout en parodiant la série éponyme. On aura aussi l'épisode à la Into the Darkness, docu d'Apocalypse Now (3x08), mettant en scène un Dean déchaîné, l'épisode des lignes temporelles (3x04), le double épisode de la bataille d'oreillers (3x13-14), l'épisode spécial 8-bit (3x20) ou l'épisode faux-résumé (3x19). Cette saison 3 a même tenté (avec plus ou moins de réussites) de développer des fils rouges pour plusieurs personnages, notamment avec l'arrivée de John Goodman en tant que vice-Dean et directeur d'une école de climatiseurs. Bref, même si cette saison 3 est un peu en-dessous des deux précédentes, elle reste néanmoins bien au-dessus de la grosse majorité des comédies américaines. Elle arrive à allier excellente d'écriture pour ce qui est des dialogues et des intrigues avec des clins d'oeil et des références de toute part. Community reste une série à part pour moi, et garde son excellente malgré ses défauts, plus apparents cette année. Espérons que la saison 4 corrige un peu le tir tout en gardant son excellence.

Voir aussi : Le Best-Of de la série !

Homeland Saison 1

LA grosse surprise de cette année. Showtime nous laisse pantois avec une première saison d'une douzaine d'épisodes où les acteurs principaux jouent à la perfection. Je rappelle le pitch vite fait: une agent de la CIA découvre qu'un soldat est passé dans le camp ennemi. Quelques semaines plus tard, un soldat supposé mort depuis huit ans refait surface, comme de par hasard. Evidemment, seule l'agent de la CIA va être persuadé que c'est la taupe en question. Mais est-il vraiment passé chez l'ennemi?

Le pitch est simple, mais l'interprétation des acteurs joue vraiment beaucoup sur la réussite de la série. Damian Lewis qui interprète le soldat est excellent, et le personnage ne cesse d'interpeller le spectateur qui se demande s'il est vraiment passé de l'autre côté. Traitant aussi bien les traumatismes de guerre que la paranoïa 11 septembre, la série n'a pas la langue dans sa poches, et sans approuver les méthodes des deux camps, chacun des deux côtés ne sont pas blancs comme neige. Tout est plus nuancé, plus gris, et on se surprend à prendre parti pour des raisons finalement plus justifiés qu'on pourrait le croire. Les quelques séquences de suspense, notamment sur le magnifique épisode final, force le respect et on a hâte de voir ce que nous réserve la deuxième saison.

Voir aussi : Homeland : Jeu de Piste et Paranoïa

American Horror Story Saison 1


Crée par Ryan Murphy, le gars derrière Nip/Tuck, la chaîne FX accouche d'une vraie série d'épouvante. Une petite famille décide d'emménager dans une vieille bâtisse afin de donner une seconde chance au couple et à leur jeune fille, après que le mari ait eu une relation extra-conjugale et que la mère ait fait une fausse couche. Un nouveau départ, en quelque sorte. Mais ils ne savent pas que la maison a abrité une série de meurtres sordides, et que des apparitions vont bientôt envahir leur quotidien.

American Horror Story a pour but d'effrayer. Et la série y arrive très bien, et est même plutôt efficace. Le concept de la maison hantée a beau être classique, la série tente de mélanger drame familial avec un semblant d'horreur et d'effroi. Pas de gore sanguinolent, juste des psychopathes, des fantômes et des meurtres sadiques sont au programme. On est surpris de sursauter, la série possède sa propre identité, et lorgne même parfois du côté dérangeant, un peu à la Silent Hill. Sauf qu'une fois passé la surprise, j'ai noté un gros coup de mou en milieu de saison, avant de repartir sur les derniers épisodes. C'est un peu dommage, on a l'impression que l'intrigue principale peine à se renouveler en milieu de course, à croire qu'un concept pareil ne peut pas durer sur toute une saison.

Par contre, le concept même de la série est très bien pensé, puisque le but des créateurs est de proposer une histoire complète à chaque saison. L'histoire de la maison hantée prend donc fin, et on évite le gros cliffhanger de fin de saison. L'histoire finit de manière plutôt satisfaisante, et on attaquera une nouvelle histoire la saison prochaine, surtout qu'une grosse majorité du casting reviendra mais dans de nouveaux rôles. Un concept original et bien pensé.

Fringe Saison 4

Fringe a échappé de justesse à l'annulation, et aura droit à une ultime saison de 14 épisodes pour clôturer la série comme il se doit. Et je suis bien content, parce que la fin de cette saison 4 avait un goût plutôt amer. Le dernier épisode s'est contenté de conclure toutes les principales intrigues de la série un peu trop facilement. Le fil rouge des nouveaux polymorphes et de David Robert Jones trouve une conclusion vraiment trop hâtive et c'est bien dommage, surtout que la petite scène de fin pour relancer la saison 4 n'est pas à la hauteur de la série.

Mais ça n'empêche pas Fringe de se savourer sur certains épisodes. La saison 3 avait laissé un univers sans Peter, et la saison 4 a été l'occasion de voir les conséquences. Beaucoup d'intrigues des saisons passées ont été remis en questions, et quel plaisir de voir ce que ça a changé sur la trame principale! Certains personnages ont changé de caractère, mais le retour de Peter va remettre les pendules à l'heure, comme on pouvait s'en douter. Reste la fameuse collaboration avec l'univers parallèle promis à la fin de la saison 3. Un pont a été crée entre les deux, et on pouvait penser que certaines affaires seront intéressantes avec ces deux points de vue. Malgré quelques épisodes bien senties et finement écrites, on ne peut s'empêcher de penser qu'on aurait pu avoir plus, beaucoup plus. Surtout que la fin de cette saison ferme cette porte de manière quasi définitive, sans qu'on sache vraiment ce qui vient d'arriver.

La saison 4 de Fringe est donc largement en demi-teinte. Les scénaristes ont ététrop timides, et j'ai eu la désagréable impression qu'ils ne savaient plus s'y retrouver eux-même, alors qu'ils avaient le potentiel pour faire quelque chose de vraiment intéressant. A la place, on se retrouve avec une saison qui a limite été programmée pour être la dernière de la série, et qui se contente de suivre son chemin sans jamais le dépasser et de conclure toutes les histoires. Seul l'épisode qui se déroule dans le futur place une lueur d'espoir quand à la future saison.

Voir aussi : Toutes les critiques de Fringe

Walking Dead Saison 2

Après une première saison en demi-teinte (excellent pilote et derniers épisodes assez mitigés), on attendait la saison 2 avec une grande appréhension. Divisé en deux, la saison 2 passe des deux côtés de la barrière. La première partie de sept épisodes est relativement navrante: après un arrêt sur une autoroute, Sophia se perd dans les bois et le groupe part à sa recherche avant de tomber sur la ferme d'Hershel, bien connu des lecteurs du comics. Ces premiers épisodes sont un calvaire: lents, pas intéressants, seuls quelques sautes viennent conforter, mais pas suffisamment longtemps. Le groupe se contente de chercher Sofia pendant sept épisodes, sans trouver le seul petit indice. Avant évidemment de la retrouver dans le dernier épisode de cette première partie qui deviendra bien sur les dernières secondes. Pire encore, alors que dans le comics le danger était partout, ici, les personnages se baladent le long des routes sans le moindre danger. L'ambiance présent dans le comics n'y est pas du tout, et les personnalités des personnages n'aident vraiment pas à installer le climat que l'on trouve dans le matériau d'origine. Pire que tout, Shane est celui qui évolue le plus, mais paradoxalement celui qui énerve le plus.

Sauf qu'on arrive à la seconde partie. Après deux-trois premiers épisodes qui avancent un peu plus, on arrive sur trois derniers épisodes absolument dantesques. D'abord introduit par un acte morale où le groupe devra choisir entre tuer ou laisser un jeune homme en vie, représentant un danger pour eux. On voit enfin le changement opéré par cette contamination de zombies, et Dale sera la voix de la raison, en tentant de montrer aux autres la portée de leurs actes. Un évènement tragique à la fin de cet épisode concluera de dire que la série est sur la bonne direction, avant d'enchaîner deux épisodes où les héros iront jusqu'à commettre des actes dramatiques mais nécessaires et d'enrayer sur une horde de zombies qui poussera le groupe à fuir dans une longue séquence d'échappatoire face à une menace bien réelle. La dernière scène où Rick expose les faits et fait comprendre aux autres que dorénavant, ils ne sont plus en démocratie et qu'ils devront lui obéir, augure du meilleur et rentre enfin dans l'ambiance du comics. A voir si ça se confirme sur la saison 3, mais il était temps!

Voir aussi : The Walking Dead : Des morts bien vivants

Shameless US Saison 1 & 2

Décidemment, après Homeland, Showtime nous gâte. J'avais entendu parler de cette série, et je décidais de tenter la version américaine, qui venait de commencer aux States. Et qu'elle ne fut pas ma surprise de constater cette série de grande qualité ! L'histoire se déroule dans la banlieue de Chicago, où vivent Fiona Gallagher et ses cinq frères et soeurs dont elle doit s'occuper, puisque leur ivrogne de père se contente de boire au bar et de rentrer complètement saoûl. Dans une situation financière délicate, la famille joue des pieds et des mains afin de trouver chaque jour de quoi tenir le coup, n'hésitant pas à user de méthodes douteuses pour trouver de l'argent, et en comptant sur l'aide de leurs voisins, un couple légèrement libertin.

Dès les premières minutes, Shameless réussit son coup: on se prend d'affection pour cette famille qui tente de s'en sortir. Pas parce qu'ils vivent difficilement, mais justement parce qu'ils ne se plaignent pas et qu'ils gardent le moral et tentent de vivre leur vie comme ils peuvent. Chaque personnage a son propre caractère et vit sa vie: le grand frère, Lip, intelligent qui s'accroche à une amie, quitte à rater une vie qu'il pourrait réussir sans problème; le deuxième grand frère, Ian, militaire et homosexuel; la petite soeur, Debbie, qui trouve toujours des astuces pour réduire les dépenses; le petit frère, Carl, qui ne pensent qu'à casser et à brûler des choses; et le petit dernier, Liam, encore en couche-culottes. Fiona, l'aînée, tente tant bien que mal de conjuger vie familiale et vie amoureuse, et on se prend d'affection pour elle, qui a dû laisser tomber ses études pour s'occuper de sa famille.

La série ne prend aucun gant: c'est irrévérencieux, légèrement trash mais juste ce qu'il faut, et n'a pas toujours une morale à toute épreuve, mais c'est justement ce qu'on aime. On pourrait le comparer à un Malcolm pour ce côté sans pitié et presque méchant, mais avec un ton plus adulte qui n'hésite pas à jongler entre comédie et véritable drame. Les deux saisons se regardent avec délice, et j'attends très impatiemment la troisième saison!

Bilan rédigé par Cronos