Ainsi se boucle la boucle. Le troisième épisode de GTA créa l’événement à sa sortie en 2001 et révolutionna à sa manière l’industrie, qui dans les années à venir se lancera dans des ‘mondes ouverts’ de plus en plus étoffés. Il lancera aussi le cycle dit ‘3D’ de la licence GTA, dont j’ai (re)découvert chaque épisode depuis janvier (excepté le titre Game Boy Advance) et qui paradoxalement se termine chronologiquement par celui qui lança cette trame. Un beau moyen pour moi de revenir aux sources avec ce GTA III auquel j’ai eu l’occasion de jouer à l’époque (uniquement en mode balade, je n’avais jamais fait le scénario) et qui me fit grande impression. Comme pour tout le monde je pense…

  • Éditeur : Rockstar Games
  • Développeur : Rockstar North - Grove Street Games pour la Definitive Edition
  • Distributeur : Take-Two Interactive
  • Joué sur PS4 Fat - Version Definitive Edition
  • Article composé de 1618 mots

DE RETOUR SUR LE TROTTOIR

Lors d’un braquage, Catalina trahit son amant et le laisse pour mort dans une ruelle après lui avoir tiré dessus. Miraculeusement sauf, le malfrat sera toutefois mis derrière les barreaux mais pas pour bien longtemps. Se retrouvant malgré lui au cœur d’une évasion mouvementée il retrouvera la liberté et surtout l’envie d’une tenace revanche à prendre sur son ex-partenaire. Multipliant les petits boulots pour les différents gangs de Liberty City, il participera de fait à leurs destructions mutuelles en faisant germer les graines de la discorde dans chacun des groupes mafieux, qui se consumeront les uns les autres. De toute cette pagaille il parviendra à s’en extirper jusqu’aux retrouvailles avec la Miss pour une dernière danse…


Ça va Barder !

Pas forcément évident d’en avoir conscience vue depuis aujourd’hui, mais le nom du protagoniste de GTA III ne fut pas officiel avant la version anniversaire sortie une décennie plus tard. Il y avait des rumeurs persistantes bien sûr néanmoins le prénom de Claude mit du temps pour s’accoler définitivement à ce personnage taiseux qui jamais ne lâche la moindre parole. Cet aspect singulier de cet antihéros absolu en fait un vicelard discret, que tout le monde prend pour un pauvre bougre alors qu’il en sait bien plus que ce que tout le monde croit. Il agit de plus comme un révélateur auprès des gens qu’il côtoie, ceux-ci n’hésitant pas à lui faire quelques révélations qu’ils pensent à l’abri. Claude traverse alors l’intrigue à la fois comme fauteur de troubles et témoin privilégié de la chute des milieux criminels qui gangrène la ville. Marrant de se dire que par ses actes il débarrasse Liberty City de toutes les têtes pensantes de la pègre locale.


Un homme seul dans une ville surpeuplée

Notre mutique bonhomme posa les bases qui serviront pour les futurs personnages de la licence. Piqueur de bagnole dans l’âme, il peut également se déplacer à pied, courir, sauter et user de tout un tas d’armes qui vont du flingue au lance-roquette. Étant le premier a essuyé les plâtres de la programmation 3D de la saga, il fait partie des non-nageurs et aura donc pour principal adversaire les étendues d’eau entourant Liberty. Dans le même genre, il n’est pas capable de s’accroupir (problème de genou vraisemblablement). Pour ce qui est de ses qualités derrière le volant, elles sont bonnes mais gare à l’effet savonnette de certains modèles de véhicule, dont aucun au passage ne possèdent de freins performants. On se retrouve souvent à la flotte à cause de cette inertie un peu leste. Précision d’importance à relever depuis 2022 : uniquement des voitures et des camions vous serviront à faire mumuse dans ce troisième Grand Theft Auto. Et ce fichu Dodo…


Les flics sont des bœufs pas facile à semer...

IL FAUT BIEN COMMENCER QUELQUE PART

Comme il est à la base de tout ou presque (faut pas oublier quand même les deux premiers épisodes en 2D vu du ciel), ce que proposent les pérégrinations de Claude dans les rues de la satirique cité semblera bien mince à ceux qui comme moi parcourront la saga dans le sens du temps historique. On retrouve de fait l’essence de tout ce que développera la licence dans les épisodes qui suivront dans sa vérité la plus nue. En dehors des missions principales et scénarisées nous auront droit à quelques quêtes annexes facultatives où se mêleront assassinats, courses de rue ou simples vols de voitures à acheminer dans des hangars.


Un as de la route

On retrouve avec toujours autant de plaisir nos quatre ‘jobs’ de base, à savoir pompier/ambulancier/policier/taxi, les rodéos qui m’intéressent toujours aussi peu, les sauts uniques pour jouer au cascadeur et les sempiternelles 100 paquets cachés qui à l’époque était des sachets de dopes. Comme à l’accoutumée à chaque nouvelle dizaine dégotée cela vous lâche soit une arme soit le gilet pare-balle à vos planques. Toutes ces activités représentent à la fois peu et beaucoup car quand on pense qu’il s’agissait là d’un ‘coup d’essai’ la prouesse reste belle. On a connu plus mauvais départ pour une licence (oui je sais ce n’est pas le vrai départ mais on se comprend…)


Quatre drogués dans un tunnel protégeant un des collectibles du jeu

Factuellement la seule caractéristique unique de GTA III, qui ne sera jamais reprise par la suite, c’est le coup du Dodo. Il faut dire que ce fut une belle foirade mais qui participe désormais à la légende du titre. Et autant l’avouer tout de suite, je fais partie de ceux qui ne savent pas se servir de cet engin de malheur. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Dodo est un petit avion qui possède la particularité assez peu conventionnelle pour un appareil de cette famille de ne pas avoir d’ailes. Et oui il existe des joueurs qui parviennent quand même à voler avec par je ne sais quel miracle (et patience visiblement). Paraît-il que c’est plus simple à réaliser sur PC cependant, je veux bien le croire. Mon record de vol personnel est de 12 secondes. Qui dit mieux ?

Ma plus grande prouesse à bord de cet avion sans aile (Cf Charlélie Couture)

Un truc devenu très commun aujourd’hui mais qui à l’époque me scotcha, ce fut la radio. Alors oui ça fait vieux débris de le dire mais avoir l’occasion d’écouter plusieurs stations de radio dans un jeu était pour nos jeunes esprits de l’époque révolutionnaire. J’en retiens toujours quelques morceaux de l’époque, comme le mythique ‘She’s on Fire’ qui nous faisait beaucoup rire, surtout quand notre caisse était en feu justement (ce qui m’arrivait plus souvent qu’à mon tour…).

 

J'ÉTAIS À TROIS DOIGTS DE LA PERFECTION

Bien qu’il s’agisse du GTA 3D le plus simple à parcourir, il n’en reste pas moins que  quelques défauts ternissent son aura. À commencer par l’intelligence artificielle volontairement casse-bonbons. Avec ses bagnoles qui vous bloquent délibérément la route, changent de voies pour vous empêcher de tracer ou qui tournent à 90° au dernier moment pour bien vous démonter le capot… j’en passe et des meilleurs. Oui c’est programmé exprès et mille fois oui c’est rageant. Et dans cet univers le clignotant doit être en option, et pas donné de surcroît car personne ne les prend ! Tout cela pourrait paraître anecdotique mais quand vous devez réussir 78 missions d’ambulancier d’affilée avec un trafic qui fait tout pour vous compliquer la tâche, croyez-moi vous finissez par voir rouge !


Il y a toujours de la circulation à Liberty City !

Il y a ensuite le système de visée automatique qui fait aussi des siennes. À distance il ne fonctionne pas trop mal, le problème survient quand un agresseur vous moleste au corps-à-corps alors qu’un autre vous canarde de plus loin. Les armes à feu ne ciblent pas les assaillants se tenant à hauteur de mandale tandis qu’en toute logique les armes de mêlée elles ne sont pas efficaces contre des tireurs éloignés. Dans cet entre-deux il faut donc jongler très rapidement dans le menu des armes pour passer d’un gun à la batte de baseball (par exemple) avant que les gredins ne vous fassent passer à trépas. Plus facile à dire qu’à faire… Dans le feu de l’action c’est cafouillage garanti.


Les Chinois ont comme qui dirait le feu aux fesses. Sacré Claude, il sait toujours réchauffer l'ambiance

Sinon on en revient toujours à la conduite savonneuse des engins bien que le phénomène ne soit pas égal entre les différents véhicules. À chacun de voir avec quel genre de bagnole il se sent le plus à l’aise.
Je tiens à préciser que je n’ai eu aucun bug majeur lors de ma partie, en dehors de menus accrocs d’affichages sans importance. On est loin des tracas que j’ai connus sur San Andreas et surtout Vice City…

Malgré le fait que ce soit le plus vieux de l’ère 3D, GTA III reste l’épisode le plus cool de cette époque. Son ambiance, son héros, ses missions en font un jeu encore et toujours agréable à parcourir, même 20 après sa sortie. Alors certes il est loin d’être le plus complet et pour cause c’est lui qui posa les bases sur lesquelles ses successeurs s’appuieront, des bases solides et savamment bien troussées qui amèneront Rockstar à connaître le succès que l’on connait. Quelques revers à prendre en compte tout de même dont le plus irritant reste cette propension qu’a le jeu à mettre délibérément des bâtons dans les roues du joueur. Mais au-delà de ça, c’est du tout bon !

 

 

ON FAIT LE BILAN, CALMEMENT

Je suis très content d’être parvenu au bout de cette intégrale ‘GTA 3D’, et ce en moins de temps que je n’aurais cru (5 mois). J’ai pu découvrir à fond des jeux que j’avais au mieux vaguement parcouru à l’époque et qui je le concède ne m’attirait pas vraiment. Cette ressortie ‘définitive’ me donna donc une belle occasion de revenir sur cette licence phare du jeu vidéo. L’épisode que j’ai le moins apprécié fut Liberty City Stories (PSP) mais je ne saurai dire lequel a eu le plus mes faveurs, car au fond je ne suis pas devenu fan de ces jeux. Le plus complet - et ceci même à ce jour ! - reste de loin toutefois San Andreas, avec cette proposition qui rend pantois d’admiration. Un opus stratosphérique à l’ambition démesurée.

Lien vers les autres articles de cette intégrale '3D':

Vice City Stories

Vice City

San Andreas

Liberty City Stories

 Ère 'HD':

GTA IV